Devant Guyon est biffé de
3. Unigenitus est en interligne. Même observation que pour la note 1.
dont il tint sa mission étoicnt trop intéressés à le satisfaire et à se le dévouer entièrement, pour ne le pas servir incontinent, et c'est ce qui lui valut la coadjutorcrie de l'abbaye de Cluny pour son neveu, qu'il obtint en partant, et qu'il conclut en chemin de Rome, en s'arrêtant quelques jours à Cluny. Mme Guyon, appuyée de la sorte, dogmatisa à Saint-Cyr, et cela étoit d'autant plus dans les vues de l'abbé de Fénelon, qu'il comptoit par là enlever à l'évêque de Chartres * toute la confiance de Mme de Maintcnon, légère et changeante, qu'il venoit de partager par ce moyen. Monsieur de Chartres, diocésain de Saint-Cyr, et de plus supérieur particulier de cette maison, y faisoit souvent sa demeure, et, par la confiance entière de Mme de Maintenon en lui, avoit commencé à couper l'herbe sous les pieds aux jésuites, et avoit plus de part qu'eux à la nomination des bénéfices. Cette raison les lia avec l'abbé de Fénelon et lui dévoua le P. de la Chaise, tellement qu'il ne douta plus de jeter tant de poudre aux yeux de Mme de Maintenon et tant de dégoût sur Monsieur de Chartres, qu'il ne demeurât le maître de l'esprit de celle qui étoit devenue le grand ressort de toutes les fortunes. Les deux ducs et leurs femmes, à divers degrés infatués de Mme Guyon, l'étoient au même excès de l'abbé de Fénelon, qui étoit leur prophète, dans qui ils ne voyoient rien que de divin, et qui se servoit et d'eux et de soi-même pour des choses très-terrestres, qu'il n'avoit pas de peine à leur diviniser. Parmi toutes ces menées saintes et profanes, Monsieur de Chartres s'aperçut de quelque chose de suspect dans la doctrine de Mme Guyon, que tout son esprit, son art et ses souplesses ne purent lui dérober, ni lui déguiser, encore moins lui faire goûter. De l'un à l'autre, il en découvrit plus, et, quand il fut bien sûr de son fait, il démontra que cette nouvelle sainte avoit déjà gâté une portion de Saint-Cyr et perdroit bientôt tout le reste, si on la laissoit faire. L'abbé de Fénelon, qui s'aperçut de quelques nuages dans l'esprit de Mme de Maintenon, y vit bientôt plus clair par l'aveu qu'elle lui fit de ses doutes sur Mme Guyon, qui, d'elle-même, se sentant trop tôt découverte avant une séduction mieux préparée, désira elle-même de ne pas rester un moment à Saint-Cyr. Ce fut le commencement de la division de Monsieur de Chartres d'avec l'abbé de Fénelon, dont ses amis demeurèrent inséparables, et à leur commune maîtresse, qui se retira à Paris, dogmatisant en cachette et venant en faire autanl en grand secret à Versailles, pendant les Marlys, en faveur des gen> attachés aux enfants de France qui ne pouvoient aller la chercher. M. de Beauvillier fut averti plus d'une fois que ces conventicules obscurs, qui se tenoient pour la plupart chez lui, étoient sus et déplaisoient ; mais sa droiture, qui ne cherchoit que le bien pour le bien, et qui croyoit le trouver là, ne s'en mit pas en peine. La duchesse de Béthune, celle-là même qui alloit à Montmartre avec M. de Noailles, y tenoit la seconde place. Pour ce maréchal, il sentoit trop d'où venoit