‹ Memoires de Saint-SimonChapitre 53 sur 351 · Saint-Simon, devant assembler, a corrigé •' en nous · texte numérisé non relu

Saint-Simon, devant assembler, a corrigé •' en nous

Le lendemain matin donc, nous nous trouvâmes chez Riparfonds, rue de la Harpe, MM. de Guémené ou Montbazon1, la Trémoïlle, Chaulnes, Richelieu, la Rochefoucauld, la Force, Monaco, Rohan et moi : d'où nous allâmes tous, et avec tous nos carrosses, chez le premier président2, à l'heure de l'audience qu'il donnoit toujours chez lui en revenant du Palais. Nous entrâmes dans sa cour ; le portier3 dit qu'il y étoit, et ouvrit la porte. Ce fracas de carrosses fit apparemment regarder des fenêtres ce que c' étoit; et comme nous nous attendions les uns les autres à être tous entrés pour descendre de nos carrosses et monter ensemble le degré, arrive un valet de chambre du premier président, aussi composé que son maître, qui nous vint dire qu'il n'étoit pas chez lui, et à qui nous ne pûmes jamais faire dire où il étoit, ni à quelle heure de la journée il seroit visible. Nous n'eûmes d'autre parti à prendre que de retourner chez notre avocat et délibérer là de ce qui étoit à faire. Chacun y exhala sa bile sur le parti pris de nous étrangler et sur l'espèce d'injure d'une part, et de déni de justice de l'autre, de nous avoir renvoyés, comme le premier président, constamment4 chez lui, venoit de faire.

Dans cette situation, on résolut de rompre ouvertement avec un homme qui ne gardoit aucune mesure, et de ne rougir de rien pour traîner en longueur, tant qu'il nous seroit possible, un procès où la partie étoit manifestement

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