Il était né en
3. Voyez ci-dessus, p. 17. Saint-Simon reviendra sur le « palais » et sur la « fée, » à l'occasion de la mort de celle-ci (tome XII, p. 415).
Harlay, premier président,
récusé par les opposants.
reprise de son fils avec nous, au lieu du feu duc son père, qui n'uvoit pas encore été faite. De M. d'Uzès, je m'en chargeai1, et il voulut bien se joindre à nous, sous prétexte que si ces anciennes pairies renaissoient ainsi de leurs cendres, il s'en trouveroit d'antérieures à son érection, qu'il avoit intérêt d'empêcher d'avance de pouvoir se mettre en prétention.
Cependant nous cherchions avec soin les moyens de récuser le premier président, lorsque son dépit nous les fournit lui-même. Nous vivions avec lui, en attendant, comme s'il l'étoit déjà2: Magueux et Aubry, intendants de MM. de la ïrémoïlle et de la Rochefoucauld, également habiles et attachés à leurs maîtres, et vifs sur notre affaire, étoient par là devenus odieux au premier président; il n'avoit pu s'en cacher, nous le savions, et, pour cela même, jamais il n'entendoit parler de nous que par eux. Ce mépris que nous affections, et que nous publiions même, le désoloit tellement, qu'un jour qu'ils étoient alLés lui parler, il leur dit qu'il ne pouvoit pas douter que nous ne cherchassions toutes sortes de moyens pour le récuser, que la chose n'étoit pourtant pas difficile, puisque nous n'avions qu'à mettre le duc de Gesvres en cause, duquel il avoit l'honneur d'être parent3. Il fut servi avec promptitude : M. de Gesvres reçut le surlendemain
1. Il pouvait y avoir des rapports assez fréquents entre eux, car le duc d'Uzès était petit-neveu de la marquise de Saint-Simon, tante de notre auteur, et il hérita d'elle.