‹ Memoires de Samson, de la Comedie-francaiseChapitre 15 sur 48 · XVIII AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XVIII AVANT-PROPOS

dans une soupente. Sa femme, une vraie face de mégère, nous reçut et nous fit monter par un escalier-échelle dans une petite chambre ayant pour tous meubles une couchette, une table, un tabouret et deux chaises de paille. La physionomie de nos hôtes m'inquiétait, ainsi que l'aspect de la maison, et je recommandai à ma mère de cacher sa montre et sa chaîne. Mais enfin, je pensais que mon père allait pouvoir se reposer et cela passait avant toute autre considération. Je fis faire une flambée dans la petite cheminée, y chauffai de l'eau et, après avoir installé mon père dans l'unique lit. je lui fis boire, pour rétablir la circulation, un verre d'eau sucrée bien chaude : je n'avais pas autre chose à lui donner. Gela parut lui faire du bien et nous le vîmes bientôt s'endormir. Je respirai alors et crus tout sauvé. Le lit était trop étroit pour permettre à ma mère de s'y reposer auprès de son mari. La pauvre femme, brisée de fatigue et d'inquiétude, dut se contenter d'y appuyer sa tète. Je la vis bientôt céder au sommeil à son tour. Restaient la vieille servante, moi et mon fils. La servante s'assit sur le tabouret, posa ses deux mains sur la cheminée, y appuya sa tête et s'assoupit bientôt aussi. Quant à moi, assise sur la seconde chaise de paille, je pris dans mes bras mon fils qui s'endormit sur mon cœur avec la confiance de son âge. Moi seule, je veillais donc sur eux tous, écoutant les moindres bruits,

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