‹ Memoires de Samson, de la Comedie-francaiseChapitre 17 sur 48 · XX AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

XX AVANT-PROPOS

lever, était tombé de toute sa hauteur. Nouvelle secousse ! Cependant il affirmait ne sentir aucun mal ; je fis déjeuner tout mon monde à la hâte, et enfin, à huit heures du matin, nous arrivions à Auteuil, où j'eus le bonheur de voir mes parents confortablement installés chez eux et dans leur lit. J'espérai que cette nuit n'était qu'un affreux cauchemar et que nos peines étaient finies.

En effet, le 19, mon père présida pour sa fête la table de famille où nous devions nous trouver tous réunis pour la dernière fois. Malgré les tristes jours que nous traversions, la joie de nous revoir, après tant d'épreuves, rendit ce dîner plus gai qu'on n'eût pu l'espérer. Mais le lendemain, quand il apprit que la Commune était proclamée, on le vit pâlir. Né en 93, bercé au milieu de la Terreur, il avait gardé de tous les récits de son père sur cette horrible époque un souvenir mêlé d'indignation et d'épouvante. Il crut voir déjà la guillotine en permanence et demeura stupéfié, disant à plusieurs reprises : « Fermez les portes ! fermez bien la porte de la rue ! » Tous ces événements ont hâté sa mort.

Il tomba malade le 21 mars ; le médecin crut à une fluxion de poitrine, car il toussait et se plaignait de douleurs aiguës. Cependant on s'aperçut bientôt qu'il y avait congestion, non seulement aux poumons, mais au cerveau. L'avant - veille de sa

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