‹ Mémoires de thérapeutique médico-chirurgicaleChapitre 25 sur 29 · CHEZ LES ENFANTS · texte numérisé non relu

CHEZ LES ENFANTS

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La division du voile du palais est presque aussi commune que le bec de lièvre, et comme ce dernier, elle peut être congéniale ou accidentelle (1 ). Quelle que soit la nature ou la cause de cette division, elle n’en est pas moins une infirmité pénible, désagréable par son influence sur la voix et sur la déglutition. Pendant long-temps, la thérapeutique opératoire a été stérile pour corriger cette altération de F arrière-bouche , et c’est à M. le professeur Roux , que l’on doit la création du procédé opératoire destiné à y remédier. Cette opération qui a obtenu de si nombreux succès entre les mains de son auteur,

(1) Je ne décrirai point ici cette importante question de pathologie, si bien traitée dans le mémoire de M. le professeur Roux , désirant seulement soumettre au jugement comme à l’expérience des opérateurs , le procédé que j’ai imaginé.

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exige de celui qui la supporte une volonté ferme , du courage et de la patience , ce qu’il est impossible d’obtenir des enfants. Ils sont donc privés de cette ressource jusqu’à la puberté; en effets passer des aiguilles et des fils , au milieu des cris et des mouvements désordonnés, fixer ces voiles mobiles, en réséquer les bords, les rapprocher, les lier, à travers le sang qui les inonde; que de choses à exécuter et à faire supporter î Aussi guidé par les travaux et les succès de mon honorable confrère, j’ai essayé de profiter de son expérience et de son procédé, moins pour ma propre gloire que pour le bien de l’humanité.

Pour remplir ce but, j'ai fait fabriquer un instrument presqu’ entièrement semblable à celui que j’ai imaginé et employé pour la rupture rectovaginale; il ne diffère de ce dernier qu’en ce qu’il est construit sur une échelle moins grande pour ne pas trop gêner la bouche de l’enfant qui doit l’y conserver quelques jours. L’angle de réunion, au lieu d’être obtus, est aigu pour se conformer à la direction à donner au voile du palais (1).

Pour se servir de cet instrument, je pense que, la bouche étant tenue convenablement ouverte , l’opérateur devra saisir avec une pince très-mince et à petites dents l’angle droit de la division et introduire cette portion du voile entre les deux lames gutturales et palatines de la branche mâle, il rapprochera alors ces deux lames de manière à faire

(1) J’ai fait construire ce petit instrument chez M. Cfiarrière 9 ayant l’intention de l’essayer sur deux enfants de différents âges; je me suis déjà assuré chez l’un d’eux de la facilité d’atteindre et de serrer le voile du palais.

STAPIIYLORAPHIE.

pénétrer les petites pointes d’arrière en avant dans l’épaisseur de ce voile, en laissant quelques lignes de son bord dépasser celui de l’instrument. Alors il devra serrer le pas de vis et confier cette branche à un aide pour procéder à l’application de i autre de la même manière. Ces deux branches étant placées, il ravivera les bords de l’échancrure; s’il croit devoir en faire la résection, il pourra l’exécuter avec le bistouri ou les ciseaux anguleux de M. Roux. On n’aura pas ici à craindre Felfusion de sang, puisqu’on pourra la prévenir en serrant plus fortement l’épaisseur du voile palatin entre les deux lames de l’instrument, étant toujours à temps de diminuer cette compression quand les deux bords de la division seront juxtaposés. Je préférerais, je crois , raviver ces bords avec le cautère hydraulique, comme je Fai pratiqué pour la réunion de la voûte palatine.

Cet instrument, placé dans la bouche de l’enfant, pourra être fixé vers la mâchoire supérieure, et sa présence pendant quelques jours, quoique pénible, n’empêchera pas les mouvements de ia mâchoire inférieure et pourra peut-être permettre quelques essais de déglutition. Les douleurs produites par ce procédé ne seront pas bien vives ; d’ailleurs, elles seront sans dangers. Les opérations même les plus graves ont toujours un succès plus assuré chez les enfants; ils n’ont que la douleur du moment, ils n’ont pas le souvenir du passé , ni la crainte de l’avenir. Tel est le procédé que je crois pouvoir essayer avec succès ; heureux si mes espérances ne sont pas déçues, ou si cet essai peut mettre sur la voie d’un procédé plus certain et plus facile.

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