SCÈNE SECOND
CLiOPATRBt PHOTIK, LACHltglS.
CLfiOPATRB.
Amis, s'il vous reste encore quelque pilié dans le cœur» si^ fidèles à votre reine , vous ne dédaignez pas, vous qui avez en part à mes gloires, d*étre les compagnons de mes infortanes, ne craignez pas de courir avec moi sur la mer, ou ^ par les montagnes , dans les plaines, ou dans les forêts, à la poursuite de celui que j*aime plus que la vie. L'amour a ^branlé le pied imprévoyant du trône qui chancelle. Déjà je vois le vainqueur qui aborde de notre côté sur les trames audacieu-r fes d'une fortune injuste... Que l'amour me mène à la mort plutôt qu'à Toutrage et à la honte funeste 2. Ce sont là plutôt, je le sais, les sentimens et les actions d'une amante infortunée que d'une reine altidre. Les dieux, peut-être, m'ont choisie pour donner un cruel exemple, pour montrer à la nation la plus grossière, que le maître qui la gouverne, indigne et sacrilège, en fait, pour une passion vile, un carnage barbare.