‹ Memoires de Victor Alfieri ecrits par luimemeChapitre 91 sur 131 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

LES PfiÉCÉDEHTS, MARCCS.

MABCUS.

Je parais devant le tribunal suprême d'Appius, ainsi que le doit un citoyen. Je n'ai point traîné avec mai une suite nombreuse. Le cortège immense qui environne mes adversaires ne m'intimide point. J'apporte des raisons et des preuves ; je n'emploie ni les cris, ni la violence, ni les armes. Appius n'écoute que la justice. Mes adversaires en rompant l'usage établi par la loi semblent prouver eux-mêmes combien mes droits sont justes. Ils répondent avant que j'aie formé ma demande.

Il est vrai, et ce procédé est nouveau.

ICIUUS.

Mais écoutons : parle ; expose tes droits.

HÀKCUS.

' La voilà cette Mlle qui porte le nom d'un père qui n'est pas le sien. Elle est née chez moi, d'une de mes esclaves. Elle était eneore enfant quand sa mère me l'enleva par fraude, et la vendit à Numitoria, qui depuis ce jour l'a élevée, à la place de sa fille, qu'elle avait perdue. Yirginius fut trompé le premier. Il l'a toujours crue, il la croit encore sa fil le. J'amène avec moi des témoins qui connaissent la manière dont le vol a été fait, l'époque certaine, et jusqu'au salaire qui en a été le prix. Voilà quel est mon cortège. Je suis prêt à affirmer par serment tout ce que je viens d'avancer.

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