‹ Mémoires de Vidocq (volume 3)Chapitre 10 sur 50 · XIV PREFACE · texte numérisé non relu

XIV PREFACE

matière de criminalité, il eut de ces vues, de ces presciences, dont pourraient utilement s'inspirer tous ceux qui s'attachent, à l'heure actuelle, à assurer la paix sociale et la tranquilhté publique.

« Les prisons, dit-t-il, sont les écoles où l'on se perfectionne dans l'art de s'approprier le bien d' autrui. »

Peut-on juger autrement que comme un réformateur perspicace et courageux l'homme qui a écrit ces lignes :

« Je mettrai au grand jour les vices de notre instruction criminelle, et ceux, plus grands encore, de notre système de pénahtés, si absurde dans plusieurs de ses parties? »

Il a d'ailleurs pleine confiance dans la justesse de ses vues :

« Je demanderai des changements, des révisions, et l'on accordera ce que j'aurai demandé, parce que la raison, de quelque part qu'elle vienne, finit toujours par être entendue. »

Faut-il, même à présent, exprimer le regret que la prophétie optimiste de Vidocq ne soit encore restée... qu'une prophétie!

L'on a reproché à Vidocq d'avoir eu parfois recours à la provocation. C'est même à ce grief que remonte la disgrâce dont il fut victime.

Il est vrai qu'il a commis cette pensée dangereuse : « Les prisons sont comme l'école normale des mouchards à voleurs, et la pépinière d'où l'on doit les tirer. » Peut-être doit-on l'apprécier

Page 1