PREFACE XIII
Il se replie alors sur soi. Il voit, trop tard, sa vie comme il aurait dû la voir plus tôt, si tant de fâcheuses influences n'avaient troublé sa conscience obscure.
Quel regard navré ne jette- t-il pas sur « ces premières années d'où dépend souvent la destinée des hommes ! » Cette idée est si bien ancrée dans son esprit, qu'ailleurs encore, et sous une forme à la fois plus philosophique et plus lapidaire, il la précise davantage : « L'avenir, dit-il ailleurs, est dans la dépendance du passé. »
A juger à froid, on demeure troublé, lorsqu'on a lu les Mémoires de Vidocq, et, en toute impartialité, l'on en vient à se demander s'il ne fut pas moins coupable que malheureux.
Comme policier professionnel, en dépit de la réputation qu'on lui a faite, et sur laquelle il s'étend peut-être trop complaisamment, il peut être discuté. En dépit de ce qu'il en croit, son imagination semble inférieure au sommet où il la juche. Ses procédés se ressemblent tous; sa « manière » est trop uniforme.
A ce sujet, après qu'on l'aura lu, on en arrivera à admettre que l'appréciation qu'en donne un de nos plus intelligents préfets de police, M. Gisquet, et que nous avons tenu à reproduire comme épilogue de ces Mémoires, est fondée en raison, comme en fait.
Néanmoins, on ne saurait, sous peine de la plus criante iniquité, ne pas rendre à Vidocq cette justice qu'il fut un précurseur, et qu'en