‹ Mémoires de Vidocq (volume 3)Chapitre 11 sur 50 · PREFACE XV · texte numérisé non relu

PREFACE XV

avec moins de sévérité, si l'on tient compte de l'état des idées et des mœurs, et surtout du désir qu'il avait de mériter, par le succès, la confiance dont l'autorité policière l'avait investi : « Lorsqu'il s'agit d'atteindre des scélérats qui sont en guerre ouverte avec la société, tous les moyens sont bons, sauf la provocation, »

Sans doute, c'est parce qu'on l'accuse d'avoir eu recours aux agents provocateurs que Vidocq éprouve le besoin de se justifier. Mais, en conscience, nul ne saura s'inscrire en faux contre la rectitude de son jugement et le caractère éminemment sain de sa pensée, lorsqu'il écrit :

« Il y a danger, pour la moralité du peuple, à le laisser familiariser avec cette idée que toute condamnation est un noviciat et un acheminement à une existence assurée, et que la police n'est autre chose que les invalides des galères. »

Qui ne lui accorderait indulgence devant cet acte de contrition qui est, en même temps, l'aveu de l'impuissance où le réduisait l'insuffisance des moyens dont il disposait pour organiser un service sérieux de police criminelle, puisqu'il en était amené à prendre pour auxiliaires de si défectueux éléments :

« Je n'espérais pas rendre honorable la qualité d'agent secret; mais je me flattais d'en remplii les fonctions avec honneur. »

Quoi qu'il en soit, nul non plus ne saurait contester cette morale qui est comme la conclusion de sa vie : « On a de puissantes raisons de ne

Page 1