‹ Mémoires de Vidocq (volume 3)Chapitre 13 sur 50 · SUR · texte numérisé non relu

SUR

Eugène-François Vidocq naquit à Arras, en 1775. Son enfance, comme sa jeunesse fuient celles d'un individu tiu'bulent, dont les dispositions fâcheuses fiu-ent encouragées par la faiblesse maternelle. Il débute par de menus larcins, commet un gros vol aux dépens de la caisse paternelle, s'enfuit, et court les aventures. Après une vaine tentative d'embarquement pour l'Amérique, on le voit successivement saltimbanque, soldat, déserteui", passant du régiment de Bourbon aux chasseurs à cheval, puis aux cuirassiers autrichiens de Kinski. En 1793, il revient à Arras, épouse, presque de force, une fille Chevalier qui le trompe, reprend du service et passe lieutenant. Vivant au milieu de voleurs et d'escrocs, il ne sait pas résister à la contagion de l'exemple, et en 1796 se réfugie à Paris, oii il dissipe l'argent qu'il a su soutirer à xuxe maîtresse trop confiante. A Lille, il se fait emprisonner pour voies de faits envers un ofl&cier. Compromis dans un affaire d'évasion, il est condamné pour un faux dont il ne semble pas qu'il soit le vrai coupable. Le bagne le tient ; mais mal, puisqu'à plusieurs reprises il s'en échappe. Mais il se fait reprendre. C'est alors qu'en 1809 lui Vient l'idée d'échapper à la police en devenant son collaborateur. Il débute en faisant le mouton à l'endroit de ses codétenus. M. Henry, chef de la deuxième division, l'embauche et au bout de peu de temps crée pour lui l'emploi de chef de la sûreté. Vers 1812, il tient ce poste, aux appointements de 6.000 francs. Il

Page 1