PREFACE VII
jour très vif sur ce point, puisqu'il résume ainsi sa propre nature pliysique et morale :
« Chez moi, une volonté de fer était toujours l'auxiliaire des fantaisies les plus bizarres. »
Ses imprudences, ses emballements, parfois son exagération, ne sont que fonctions de sa nature même. S'il sait ce qu'il veut, s'il a la ténacité nécessaire pour aboutir, il a aussi cet allant qui est pour beaucoup dans le succès :
« En toute chose, dit-il, pour réussir, il faut un peu d'enthousiasme. »
Lorsqu'on a parcouru, attentivement, le récit si vif, si animé, si empoignant des extraordinaires aventures de Vidocq, on se demande si l'on est en droit, après avoir été intéressé, de le traiter avec sévérité, ou s'il ne faut pas, aii contraire, avoir pour lui une certaine indulgence.
Quelle que soit la façon dont on le juge, on ne saurait méconnaître les qualités d'énergie, d'audace, dont il donne tant de preuves indéniables.
Mais, si ce sont là choses indiscutables, on n'en saurait dire autant de sa moralité, si tant est qu'il soit possible d'instituer, au tribunal de la stricte conscience, un débat sur ce qui chez lui, existe si peu, ou, à vrai dire, n'existe pas.
Vidocq fut-il aussi profondément immoral que le dépeint une légende où l'imagination des romanciers tient plus de place que l'analyse froide et raisonnée des véritables historiens.
Ou, plutôt, ne doit-on pas le considérer comme un être simplement amoral, ou, tout au moins,