‹ Mémoires de Vidocq (volume 3)Chapitre 6 sur 50 · X PREFACE · texte numérisé non relu

X PREFACE

SOUS le rapport des idées, mais aussi, hélas ! sous celui de la démoralisation.

Les vices dont les grands donnent le lamentable spectacle depuis trois quarts de siècle, ont gagné toutes les classes. Le peuple n'a pas échappé, plus que les bourgeois, aux mauvais exemples qui descendent de haut. Tous, sans scrupules comme sans souci, s'abandonnent aux plus violents appétits de jouissance.

Le bouillonnement révolutionnaire a fait remonter à la surface tous les éléments troubles d'une société en travail. C'est dans ce grouillement de mauvais instincts, dans cette atmosphère néfaste et délétère que gravite, que s'agite, qu'est perdu Vidocq.

La promiscuité des saltimbanques, non plus que celle des camps, où les plus purs héros coudoient les pires bandits, n'étaient pas l'école convenant à l'amélioration d'une nature aussi rude, et par son innéité, aussi portée aux débordements.

Vidocq est bien l'enfant de ce siècle, ou plus exactement, de cette fin de siècle. Il semble porter en lui, comme par une fatale hérédité, tout le legs des âges précédents. C'est à la fois un condottiere et un roué. Aussi facilement qu'il met flamberge au vent, il met à mal les filles, quand il ne vit pas « à leurs crochets ».

La seule chose qui, à cette période de sa vie, semble l'intéresser, c'est le plaisir immédiat. Il ne tente aucun effort pour résister à son attrait.

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