‹ Mémoires de Vidocq (volume 3)Chapitre 8 sur 50 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

immédiate. Il la suit, où qu'elle le mène, et même quand il s'est amendé, il y obéit pour arriver à ses fins, qui, avec sa morale facile, justifient toutes les façons d'y parvenir.

« Pour parler, dit-il, avec la franchise que je me pique d'apporter dans cette histoire de ma vie, je dois déclarer que je commençais à n'être pas excessivement difficile sur le choix des moyens. »

Il n'a d'ailleurs pas besoin de le dire. Son extraordinaire odyssée, toujours et partout le montre comme un remarquable struggle for lifer... avant la lettre.

Du jour où il est victime d'une condamnation injuste, dont, plus tard. un jugement authentique et formel le réhabilitera, l'existence de Vidocq est celle d'un effroyable damné. Il y a quelque chose de satanique, dans les misères de ce malheureux qui passe de la prison au bagne, et ne s'enfuit que pour courir les grandes routes, poursuivi, traqué, comme le coupable de la légende par l'œil implacable de l'implacable vengeance, et pris et repris par l'impitoyable main de fer d'une impitoyable vindicte.

Il s'échappe enfin des cercles maudits de cet enfer, et il devient l'auxiliaire de cette police dont il fut si longtemps la lamentable victime. Le loup est devenu berger; mais quel dur berger ! C'est l'homme, devenant loup pour ces hommes de main, dont il connaît les mauvais coups, aussi bien qu'il sait déjouer les ténébreuses menées et les infernales malices.

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