LXI. Cependant ce que l'on avait proposé pour
* Hopperus, §xciv.
propositum sedule tractabatur, qua iu re formula quadam a consilio privato deacripta Egmondano placuit, utea quam primum promulgaretur ad offenai populi animos non nihil placandoa. Âliia visum tanti momenti rem uullo modo citra auctoritatem regiam aanciendam ease. Aliia placuit omnium ordinum et consiliorum singularum regionum opiuiones ante aciscitandas esse, quam régi quicquam deliberandum coniirmandumque proponeretur, eo quod alioquin fœderatorum non satisfieri posset exspectationi. Gubernatrix, horum secuta sententiam, singulorum regionum prœfectis moderationia legum ad exstirpandas, vitandasque hœreses latarum, copiam fiat, quo ii deinde cum suis consiliariis et civitatum magistratibus ecquid mutandum addendumve videretur deliberarent. Visum item est necessarium fore ut aliqui principes vin ad regem de singulis accurate instruendum mitterentur, quam ad rem delecti sunt Marcbio Bergensis et Baro Montigneius ' . Quibus ad hune modum constitutis, gubernatrix regem certiorem facit quid de mitigando legum rigore deliberatuin esset , una addens principem Orangium et
1 Jean , marquis de Berghes ou Berg-op-Zoom et comte de ■Walhaln, chevalier de la Toison d’or, grand-bailli et capitainegénéral du Hainant , était puissant par ses richesses territoriales, par ses alliances, par le souvenir des services de ses ancêtres, les de Glymes de Berghes. Dans le commencement des troubles, il eut la prétention « d'être le coq » des nobles confédérés et de mener en laisse le Roi, sous le nom des états. (Lettre de Granvello au Roi, danB les Papiers d'État, t. vu, p. 264.} Après la mort du marquis de Berglics en Espagne, arrivée le 22 mai 1567, le gouvernement espagnol se préoccupa fortement de la destination que recevraient ses biens. On les avait saisis au nom du Roi, mais ils devaient appartenir à Marguerite de Mé-
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mitiger la rigueur des édits s'élaborait activement. Une ordonnance formulée, dans ce sens, par le conseil privé, reçut l’approbation d'Egmont, comme étant de nature à apaiser le mécontentement du peuple. D’autres au contraire , ne croyaient pas pouvoir admettre de pareils changements, sans l’approbation préalable du souverain. D’autres encore, proposèrent de consulter les états et conseils de toutes les provinces, avant que de rien soumettre à l’examen et à la sanction du monarque, parce que , sans cela, on ne satisferait pas aux vœux des confédérés. La gouvernante, adoptant ce dernier avis, communiqua aux différents gouverneurs de provinces l’édit de modération des lois contre les hérésies ; ils devaient en délibérer avecleurs conseils et avec les magistrats des villes, et discuter ce que l’on pourrait y ajouter ou en retrancher. Il parut en outre convenable d’envoyer au Roi des personnages influents, afin de l’instruire de ce qui s’était passé , et on chargea de cette mission le marquis de Berghes et le baron de Montigny 1 . Puis la gouvernante informa Philippe II des discussions relatives à la modération des édits ;
rode, fille unique du baron de Petershem. L'archiduc Ferdinand d'Autriche aurait désiré que cette dame apportât son Immense dot & Charles, marquis de Burgau, qu’il avait eu de la belle Philippine Welser; mais don Juan d’Autriche refusa d'appuyer ce projet ; il dissuada le Roi de l’approuver, en lui rappelant que les alliances avec les étrangers causent souvent de grands embarras (10 juin 1577). Le Roi aurait préféré que Marguerite se fût alliée au comte d’Arenberg, mais ni ce gentilhomme ni sa mère ne s'en souciaient, h cause des grandes charges dont était grevé l'héritage du marquis de Berghes.
A peine ce seigneur venaib-il de mourir, que son collègue le sire de Montigny, Florent de Montmorency, le frère aîné du
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comités Egmondanum et Horuanum majorem in modum offensos esse, propterea quod rex ob sinistras quorundam delationes de fide ipsorum dubitaret, atque inde fieri ut cornes Hornanus, relicto senatu, domum se oonferre velit, ac princeps Orangius inferiore Germania excedere, ne qua post culpæ suœ suspicio queat suboriri'.
LXH. Ea res Madriti rescita, régi plurimum displicuit, et consiliocommunicata, multam diuturnamque curamintulit, dum quo opus facto sit coram rege diligenter examinatur. Ceterum quia gubernatrix, privatis et secretis litleris id significarat , et Marcbio Bergensis et Baro Montigneius in Hispaniam brevi venturi dicerentur, exspectarenturque consiliorum Belgii et Germaniæ inferioris super moderandis edictis sententiæ, minime opportunum fore videbatur, si responsum regis super hoc argumento publicatum fuisset. Quo tamen rebus dubiis et pessum euntibus aliquo modo occurreret, scribendi occasionem aliunde sumsit, prioribus litteris, quibus comitis Megensis judicium de conspiratione et armorum apparatu intellexerat, respondens in banc fere sententiam, ut diceret jam pridem , se in Belgium et Germaniam suam cogitasse, verum quia ob gravissima negotia et bellum Turcicum impendens*, nec dum proficisci posset, se prorsus definivisse ut ubi
malheureux comte de Hornes, demanda son congé. Mais, loin de le lui accorder, Philippe II fit veiller h ce qu'on no lui délivrât pas de chevaux et, peu de temps après, ordonna de l’arrêter et de le conduire au château de Ségovie, où il fut étranglé au mois d’octobre 1570
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le prince d’Orange et les comtes d’Egmont et de Homes, ajouta-t-elle, étaient offensés au plus haut pointde ceque le Roi , écoutantdes insinuations perfides , doutait de leur fidélité. C’était pour cette raison que de Homes, abandonnant le conseil, ne voulait plus sortir de chez lui , et que le prince d’Orange se proposait de partir pour la Basse-Allemagne, afin d'éviter de donner lieu au moindre soupçon'.
LXII. Lorsque ces circonstances furent connues h Madrid, le Roi en conçut un grand déplaisir. Il s’empressa de les communiquer à ses conseillers, qui s’occupèrent , sans relâche et en sa présence, des mesures à prendre. Mais comme l’avis de la duchesse était secret et confidentiel, et que le marquis de Berghes et le baron de Montigny devaient arriver sous peu en Espagne, où l’on attendait aussi les avis des conseils de la Belgique et de la Basse-Germanie sur la modération des édits, il parut inopportun de faire connaître à ce sujet l'opinion du Roi. Toutefois, afin de remédier aux incertitudes etaux désordres, il s’empressa de répondre, de la manière suivante, aux premières lettre», dans lesquelles on lui communiquait l’opinion du comte de Meghem sur la conspiration et la prise d’armes annoncées : « Il avait songé, disait-il , à la situation de la Belgique et del’Alleinagne qui lui était soumise, mais des affaires de la plus grande importance et la guerre contre les Turcs’ ne lui permettaient pas encore de partir ; cependant, il
' Hopperua, § xcv.
* « La guerre de Philippe II contre les Turcs, a dit un his- « torien, commença et finit par des reveis, et quoiqu'elle no fût « ni sans gloire, ni B&ns honneur pour les Espagnols, elle les
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primum hæc cxpedita profligataque essent , nihil prias proposito itinere haberet. Ac post adventum suum mox operam daturum, ut commodis rationibus malorum minis quœ indien t?c essent obviam eat, et religio catholica in qua vivere et mori velit, aarta tecta retineatur citra sangninia effusionem , ac se quidem lubenter hac parte tempori serviturum, nec durum se fore ant diffirilem ad veniam iis dandam, qui vel sua levitate aut aliorum imposture, quapiam in re aberassent. Præterea sibi nullo modo in animo esse ut vel décréta nova vel nova inquisitio promulgetur, id unum velle ut quæ a pâtre suo augnstœ memoriæ décréta essent, ea observentur. Jam quod ad belli minas attineret, se patris exemplo nullos hostes quamvis magnos ac potentes timere, cum tam devotos sibi hnbeat reipublicæ administres, qui toties rebus præclare gestis eximiam suam et virtutem et fidem demonstrassent, ut totam suam üduciam in ipsis collocet. Quando vero hic animus suus sit, non placera sibi ut ante adventum suum generalia omnium et ordinum et région um comitia habeantur'.
LXm. Præter banc epistolam, quam omnibus ostensam volebat, scripsit et alteram ad gubernatricem, quam nimirum iis usus ita ferret quos offensos esse
<• épulan en leur imposant de* effort» qui surpassaient leur pui»- •• sauce. Épuisée d'hommes et d'argent, pendant les dernières « années du règne de ce prince, l'Espagne ne fut plus en état de * soutenir son premier rôle. Au lieu d’attaquer, elle se vit ré- » duito h se tenir sur la défensive, tandis que les infidèles domi- « naient sur toute la Méditerranée. » (Weiss. V Espagne depuis te règne de Phtlippe II jusqu'à ravinement des Saurions, t. i*, p. 58.)
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était -décidé à entreprendre un voyage dans ces contrées, aussitôt qu’il serait débarrassé de ses préoccupations présentes. Aussitôt après son arrivée, il s’empresserait de remédier aux malheurs dont on signalait l’approche, et de maintenir, sans effusion de sang, la religion catholique, dans laquelle il voulait vivre et mourir. Il consentait volontiers à ce que l’on s’accommodât aux circonstances, et il ne lui semblerait ni pénible, ni difficile, de pardonner à ceux qui auraient péché par légèreté ou pour avoir été induits en erreur. Mais ce n’était nullement son intention d’admettre de nouveaux édits ou une nouvelle inquisition ; il n’exigeait qu’une chose : l’observance des décrets de l’illustre Charles-Quint. Pour ce qui concernait les craintes de guerre, il déclarait ne redouter, à l’exemple de son père, aucun ennemi, quelque puissant qu’il fût, puisqu’il avait tant de sujets dévoués, dont les exploits avaient si fréquemment démontré l’éclatante valeur et la fidélité à toute épreuve. Il plaçait en eux toute sa confiance. Enfin, il n’aimait pas que l’on convoquât les états -généraux avant son arrivée 1 . »
LXIII. Outre cette lettre, que l’on devait rendre publique, Philippe II en écrivit une seconde à lagouvernante, destinée seulement à être lue à ceux dont
Quelques redoutables que fussent les armes espagnoles sous Philippe II, elles essuyèrent de sanglants échecs dans presque tous les combats livrés aux Turcs : à Mazagran, à Djerbé, à la fioulette. Sans la victoire nBvale de Lépante, dont le succès fut décidé par les vaisseaux vénitiens, et sans la défense héroïque de Malte , l'Europe occidentale était de nouveau ouverte aux sectateurs de l'islamisme.
1 Hopperus, § xcvi.
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nuntiaverat daret legendam, qua significabat plurimum sibi dolere très principes, Orangium, Egmondannm et Homensem animo esse non satis pacato, et idcirco se cupere ut ipsis suo nomine dicat sibi non solum non esse suspectos, verum etiam se ita existimare nullos se habere ministros vel magis fidos vel magis devotos. Scriptæ sunt et alise litterœ ad primarias civitates, quibus et regis adventus et ea quæ præsens facere statuisset, significabantur. Qua de re optimus quisque plurimum se gaudere demonstrabat
* Hopperos, § xcvn.
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cette princesse avait annoncé le profond mécontentement. Il y regrettait que les trois princes. Orange, Egmont et Hornes, n’eussent pas l’esprit tranquillisé. Marguerite de Parme devait leur dire, ainsi qu’il en exprimait le vœu, que loin de les tenir pour suspects, le monarque les considérait comme ses ministres les plus loyaux et les plus fidèles. D’autres missives furent adressées aux principales villes, pour les informer du prochain voyage du Roi et de ce qu’il avait l’intention de faire, dès son arrivée; nouvelles qui réjouirent considérablement tout ce qu’il y avait d’honnôte dans le pays ' .
Ici notre manuscrit s'arrête brusquement à mi page, sans que l'on puisse supposer qu'il ait jamais été poussé plus loin.
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