LVII. Tiercement, que pour mectre en œuvre les
DHOPPERrS.
dits décréta de doctrine et réformation, estoit nécessaire de les accepter et publier : mais en cecy estaient différons les uns des autres sur la forme qui se debvroit tenir ; disans les uns, que la publication se debvoit faire générallement et indistinctement, et que sur les exemptions se pourroit traicter particulièrement ; les autres qu’il ne se pourroit faire sans grand préjudice, et que partant se debvroit déclarer par une exception généralle ou particulière, ou (comme aucuns disoient) par lettres closes.
LVI1I. Finalement estant le tout traicté au long et amplement, s’advisa de l’envoyer au Roy pour en ordonner à son bon plaisir, ce que depuis fusf faict. Et feit Son Alteze lire ses lettres en celle manière le xx' de juing 1568* , pour les quelles mectre en œuvre, furent dépeschées lettres aux archevesques et évesques, qu’estant Sa Majesté encbargée par notre sainct Père le Pape de faire publier et exécuter le sacro-sainct Concile de Trente par tous ses royaulmes, terres, et provinces, avoit commandé h Son Alteze, d’ainsy le faire en son nom par toutes ses seigneuries et pays d’embas, pour le quoy mectre en exécution les avoit bien voulu requérir et admonester, afin qu’ilz procurent de faire icelle publication chascun en les diocèses et provinces, et s’ilz y avoient besoing aucune assistence séculière, qu’icelle leur seroit donnée bien promptement par les gouverneurs et consaulx, et semblablement par Son Alteze mesme, et afin qu’œuvre tant sainct ne soit empesché à cause des anciens droicts appnrtenans à Sa Majesté et au-
•Lisra 1365.
très ses vassaux, ecclésiasticques et séculiers, et que par adventure aucuns évesques et prélats pourroient présumer de faire aucunes choses en préjudice de Sa Majesté ou d’iceulx, soubz couleur d’aucuns décretz d’iceluy Concile, que l’intention de Sa Majesté es toit qu’en ce ne se change rien jusques qu’autrement en soit ordonné.
LIX. Furent aussy escriptes lettres aux gouverneurs et consaulx provinciaulx, pour donner en cest affaire assistence aux ecclésiasticques, s’ilz en ont de besoing, et qu’ilz auroient aussy bon soing et regard, que chascun vive selon les canons et reigles du très sainct Concile; et qu’ilz les gardent et facent garder très estroictement, saulf qu’en ce qui touche les droicts et prééminences de Sa Majesté et de ses vassaulx, ecclésiasticques et séculiers, auront soing que rien ne se change, ains que le tout demeure au mesme estât, qu’il a esté jusques ores, selon qu’ilz entendroient plus particulièrement par l’instruction que leur estoit envoyée.
LX. En conformité de ces lettres, l’archevesque de Cambray feit incontinent convocquer son Concile provincial, au quel il eust grand travail, auparavant de pouvoir achever avecq beaucoup d’ecclésiasticques et chapitres, qui ne vouloient entrer en aucune réformation : mais enfin fut tant faict par sa grande diligence, que le Concile a esté illecq publié. En l’archevesché de Malines rien n’a esté faict pour la cause susdicte, ny aussy en l’archevesché d’Utrecht, partie par faute de bonne concorde d’entre l'archevesque et ceux de son églize, et partie par faute de bon zèle d’un costé et d’autre : disans aucuns per-
d’hoppbrus
sonnages prudens et sages, qu'iceulx- presbters 1 et ecclésiasticques semblent estre de tel courage, qu’ilz aiment mieux d’estre destruicts du tout par les hérésies que réformez, et estre partie de la Saincte Eglise Catholicque.