‹ Mémoires de Viglius et d'Hopperus sur le commencement des troubles des Pays-Bas avec notices et annotationsChapitre 47 sur 59 · U ÉMOI SES · texte numérisé non relu

U ÉMOI SES

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Tserclaea seigneur de Tilly, Philippe van der Meeren seigneur de Sterrebeke, Philippe de Mourbais seigneur de Louverval, Jehan de Montegny seigneur de Villers, Charles de Lievin seigneur de Fa mars, François de Haestert et Jehan le Saulvage seigneur d’Escaubeeque 1 , tant en leurs noms particuliers.

* Cos députés do la noblesse belge en constituaient réellement la fleur; presque tous, dans la suite, prouvèrent par leur vaillance, qu'ils étaient dignes de représenter un peuple libre. Tous figurèrent sur les listes de proscription du duc d'Albe.

Après les pillages des iconoclastes on envoya le seigneur d'Esquerdes & Tournai, pour calmer le peuple et rétablir dans cette ville l'autorité royale. Enstache de Fiennes fit partie du corps d’armée du sire de Qenlis, qui vint de France, en 1572, au secours de Louis de Nassau, assiégé dans Mon». Les projets de Genlls ayant échoué, il se réfugia dans Mons mémo, qu’il contribua A défendre. Plus tard, il se rendit en Angleterre, mais la reine Élisabeth lui ordonna de quitter ses états, et on ne sait ce qu'il devint depuis.

Charles de Revel, seigneur d'Audregnies, avait épousé Marguerite Du Blioul, l’héritière des audienciers du conseil privé de ce nom, si influents du temps de Charles-Quint. Cette dame lui apporta en mariage le château de Laurensart, près de Wavre, que les troupes des états prirent d'assaut en 1578.

Bernard de Mérode, seigneur de Rummen , frère d'un valeureux capitaine, Guillaume, sire de Waroux, mérite d'être cité comme l’un des gentilshommes belges qui se distinguèrent le plus pendant la lutte de nos provinces contre l'Espagne. En 1572, il surprit Malines, où il s'était ménagé des intelligences, mais, à l'approche du duc d'Albe, il dut abandonner cette ville au sort cruel que le farouche proconsul lui réservait. En 1579, il lit partie de la députation chargée de défendre, à Cologne, les intérêts de la Belgique. Il devint ensuite lieutenant gouverneur de la Frise, offrit et obtint sa démission de cet emploi en l’année 1583, et mourut en 1589. Par sa première femme, Marie de Transilvain, il possédait le célèbre château de Bouchont, près de Bruxelles, mais il habitait ordinairement le manoir d'Houthem, à Ramsdonck.

Charles Vandernoot, seigneur de Risoir, non loin d'Enghien.

DHOPPBRUS

comme en qualité de députez et commissaires de tous les aultres seigneurs et gentilshommes eonfédérez.

CXXXV. Quant au troiziesme poinct, de donner ordre aux scandales et émotions du peuple, se firent deux choses, l’une estoit, qu’achevée l’assemblée des

avait servi le roi Philippe II en qualité de lieutenant de la compagnie des chevau-légors du comte d'Egmont. Lui et son frère Gaspar, seigneur de Carloo, complotèrent d'enlever le duo d’Albe, pendant qu'il se rendrait au monastère de Groenendael, dans la forêt de Soigne, pour y assister aux fêtes de Pâques. Par la faute d'un des conjurés, leur entreprise avorta. Les deux frères parvinrent à échapper. Le second, Gaspar, fut tué pendant le siège d'Harlem. L atné périt dès l’année 1568, au combat de Dalhen, où il commandait les Wallons ; un de ses fils, également appelé Charles, se couvrit de gloire en dirigeant la défense d'Ostcnde, pendant le mémorable siège de cette clé de la Flandre.

Le sort de George de Montigny, seigneur de Noyelles, ne nous est pas connu. Quant à Jean de Montigny, seigneur de Villers , il reçut, en l’année 1568, le commandement d’un corps de 3,000 hommes, avec lequel il devait inquiéter les Espagnols du côté de la Meuse, pendant que le prince d'Orange rassemblerait ses troupes dans le pays de Trêves. Mais ayant trouvé fermées les portes de Ruremonde, et à l'annonce que les lieutenants du duc d'Albe arrivaient pour le combattre , il se mit en marche pour rejoindre le prince. Atteint et vaincu près de Dalhen, il fut pris, conduit a Bruxelles, et décapité sur la place du Grand- Snblon, le 2 juin, trois jours avant l'exécution des comtes d’Egmont et de Homes.

Martin de T'Serclaes, seigneur de Tilly, se glorifiait de compter parmi ses ancêtres le libérateur de Bruxelles en l'année 1356, Kverard T’Serclaes. Son adhésion à la réforme ne fut pas de longue durée ; il présenta au duc d'Albe et à Requesens plusieurs demandes de grâce, ou il fit observer que, depuis son bannissement, il avait vécu catholiquement, sans prendre parti pour le prince d'Orange, ni porter les armes contre le roi. Sa grâce lui fut accordée le dernier jourd'aTril 1514.

Nous avons déjà parlé de Philippe Vandermeeren. Philippe

seigneurs convocquez par Son Alteze, plusieurs se retirarent à leurs gouvernemens et aultres lieux, où il estait besoing , retournant le prince d’Orenges en Anvers, et le comte d’Egmont en Flandres, le duc d’Arschot à Mons en Haynault, et le comte de Homes en Tournay, demeurant tausjours la ville de Valenciennes en la garde du seigneur de Noircarmes. L’autre, que comme les princes d’Orenges et de Gavres comte d’Egmont, et les comtes de Hornes et d’Hoochstrate avoient plus de crédit et autorité avecq les confédérez, selon que dict la lettre de Son Alteze, disoient expressément , qu’il n’y avoit aultre moyen ny remède d’oster les armes au peuple (estant jà levez jusques à deux cent mil hommes) et de pacifier les confédérez , et par conséquent se servir des bendes d’ordenances , qui ne vouloient prendre las armes contre les confédérez leurs compaignons, ny aussy pour les placarts, si non en asseurant ledict peuple, qu’il ne se fera d’eulx aulcun chastoy, au cas

do Moulbaix, sire de Louverval, termina sa carrière au funeste combat de Dolhen, si nous en croyons Pontus Henterus.

Charles de Liévin, seigneur de Famars, contribua énergiquement à la prise de Malines, en 1580, par le gouverneur de Bruxelles, Olivier Vandentvmpel. On lui donna alors le commandement de cette ville, et il y resta jusqu'en 1585, que les succès continuels de l'ennemi le forcèrent à capituler. Il fut tué au siège d'Ootmarsum, où il dirigeait l'artillerie de l’armée assiégeante, le 20 juillet 1592.

Nous ne possédons aucun détail sur François de Haestert, et, pour ce qui est de Jean le Sauvage, seigneur d'Escnubecq , nous ne connaissons que sa généalogie. 11 était petit-fils du chancelier de Bourgogne le Sauvage, si renommé pour sa vénalité. Sa soeur Antoinette, qui fut son héritière, s'était alliée à un autre défenseur de la cause nationale, Jean De Mol , dont nous avons déjà esquissé la biographie.

d'hoppkrus.

qu’ilz ostent les armes, et se gardent de désordres et scandales, oyant seulement les presches ès lieux, où de faict se faisoient présentement. Son Alteze, après longs discours et disputes, et aussy après beaucoup de dilations, larmes et protestations , quelle ne faisoit ce de sa volunté, mais comme prisonnière et forcée, enfin fust constraincte d’estre contente, que quictant le peuple les armes, ès lieux, où de faict les presches se faisoient, et se gardans des scandales et désordres, ne s’useroit de forces ny de voye de faict contr’eulx ès dicts lieux allant et venant, jusques aultrement par Sa Majesté et l’advis des Estatz généraulx en sera ordonné, et avecq telle condition, qu’ilz n’empescheront ou troubleront comme que ce soit, la religion catholicque ny l’exercice d’icelle, ny feront aulcune chose contre l’église, ny contre les ministres d’icelle, ains laisseront librement user aux catholicques de leurs églises, en la forme et manière accoustumée.

CXXXVI. Ces choses ainsy traictées et notifiées aux confédérez, furent incontinent par eulx publiées entre les sectaires, et mandé au populace, qui estoit aux monastères d’Affligem et Tongerloo pour robber et destruire, de partir de là, selon qu’incontinent fust faict, non seulement illecq, mais aussy par tous les Pays Bas , et peu après fust faict un contract en Anvers par le prince d’Oronges avecq les sectaires, en conformité d’iceluy publié par les gouverneurs de la ville, sur la liberté de la religion, avecq permission de l’exercer, et des cérémonies héréticques, et de prescher dans la ville, desquelz deux poincts se monstra Son Alteze fort mal contente.

CXXXVII. Et ainsy s'acheva la négociation sur les trois poincts susdicts , oultre les quelz fust aussy consulté en ce que s’escripvoit par Sa Majesté sur la levée des gens de guerre, tant Allemans qu’aultres, et fust conclu , que puis que les confédérez estaient appaisez et réduictz au service de Sa Majesté, qu’il n’estait besoing ny coüvenoit aussy de lever aulcuns Allemans, pour ne mectre lesdicts confédérez de rechef en mesfiance avecq Sa Majesté par où pourraient arriver questions ; iceulx plus prestz que Son Alteze, lèveraient incontinent leurs gens, qu’ilz tenoient (long temps y avoit) en apparence et retenue en Waertgelt, dont procéderait une guerre civile, pour la quelle eschever ', ensemble aussy pour satisfaire à la bonne intention du Roy, qu’il suffirait d’escripre par Son Alteze aux dicts pensionaires et aultres capitaines, et semblablement aux princes d’Allemaigne, et les adviser de ladicte intention, et que lesdicts capitaines tiennent prestes et apperceuz les soldats de leur charge, pour le service de Sa Majesté pour quand il soit besoing et point aultrement. Disant oultre, que pour donner ordre particulier aux troubles des sectaires et héréticques, qu’on n’a mestier d’aulcuns estrangers, mais que suffiront les bendes et garnisons ordinaires, et les aultres gens de guerre, que jà en partie estaient levées, et se pourraient encor lever en ces Pays Ras, pour les envoyer et mectre ès lieux, où la nécessité sera plus grande. Furent aussy en icelle assemblée ad visées quelques loix et ordonnances, tant contre ceulx qui portaient armés, comme en aultres matières semblables, qui

* Éviter.

DHOPPKRUS.

furent incontinent publiées, mais avecq nul ou bien petit fruit, s’estant jà le peuple mis en une licence ou liberté effrénée.

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