‹ Mémoires de Viglius et d'Hopperus sur le commencement des troubles des Pays-Bas avec notices et annotationsChapitre 6 sur 59 · DB VI0LIU · texte numérisé non relu

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Malines et le don que lui faisait le pape du chapeau de pourpre, les murmures grandirent à un point incroyable, dans tout le pays, et de nouveaux feux s’allumèrent 1 ). Tandis que ces rumeurs se répandaient dans les masses, la majeure partie des nobles se sépara de Granvelle , à cause surtout de son élévation au cardinalat.

XII. Les moines d’Afflighem, de Tongerloo et de Saint-Bernard*, se voyant privés de la partie de leurs biens qui étaient particulièrement assignée à leurs abbés, envoyèrent une requête à la gouvernante. Appuyés par la noblesse et par les quatre chefsvilles du Brabant, ils réclamèrent le droit d’élire de nouveaux supérieurs, en remplacement des titulaires décédés , et cela conformément aux anciens usages et aux lois du pays, dont le roi avait juré le maintien, lors de son inauguration. Leur demande fut surtout appuyée par le prince d’Orange : « Il ne pou- « vait consentir, disait-il, h ce que l’on destinât à un « autre usage les biens légués par ses aïeux à l’ab-

Gislebert, et dont les religieux défrichèrent et civilisèrent une partie do la Campine, fut unie à l'évêché do Bois-le-Duc en 1560, mais Sonnius n'en prit possession que le 31 août 1569 ; par une nouvelle bulle, en date du 21 décembre 1585, le souverain pontife lui rendit son indépendance , à la seule condition do céder une partie de ses biens pour la dotation du siège épiscopal. Voyez les Opéra diplomatica de Mirseus, t. n, p. 913, et t. in, p. 256 et 483.

Il en fut de même de Saint-Bernard , colonie de Villers , qui s'établit d'abord à Westmalle, puis il Oelen, et fut ensuite transférée, en 1243 , dans un bien situé à Hemixem , sur les bordB de l’Kscaut, et que les moines achetèrent du chevalier Gosuin Bock. Après avoir été, pendant quatre-vingt-huit ans, unie h l'évêché d'Anvers, elle en fut séparée en 1649. Opéra diplomatica, t. t, p. 416.

destiuari'. His auni sexagesimi primi mense Junio ita responsum ut res tota diiferenda atque amplius cogitanda diceretur. Tandem ad sexturn kalendas octobres, auxilio principis Orangii et comitis Bergensis.aliorumqueprocerum împetratum, ut res jure ageretur. Maxima igitur pecunia in consultationes a monachis impensa, dum quotquot usquam gentium a jurisprudentia nobiles esse scirentur senteutias rogantur.

XIII. Januario deinde mense anni sequentis legati ad regem proficiscuntur, expositum nec pium esse, nec tutum, nec regiæ majestati décorum, si majorum testamenta rescinduntur, si quœ pauperibus a inonasteriis quottidie sunt distribueuda aliorsum transferuntur quam extrema illorum sanxerit voluntas , qui ea piis votis miserorum egestati consecravit, si reipublicœ status, cujus partes primas abbates tenent, convellatur , si dœnique legibus patriis regio jurejurando approbatis non stetur. Ha* et id genus aliœ legationis et libelli supplices a tota Brabantiæ per ditionis universitate oblati fuerant querelæ, quibus respondit rex : si quicquid faceret id matura facere deliberatioue, et quod faceret non magna modo impelli neccessitate , verum etiam tota hacin re sacrosanctam summi pontifîcissequi auctoritatem, penes quem essetbona piis usibus legataarbitrio suo dispensare pro eo ac tempus et præsentium rerum occasiones postulare viderentur, jam vero se non aliud moliri quam id quod religiouis et catholicæ fidei conservatio poscere cerneretur, a qua non

1 II s'agit ici des dons faits jadis au monastère de Tongerloo

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«baye de Tongerloo’. # Au mois de juin 1561, le gouvernement répondit que toute l’affaire était ajournée, et quelle devait être plus mûrement examinée; puis, le 27 août, grâce à d’Orange, à de Berghes et à d’autres grands, il consentit à ce qu’on la renvoyât devant les tribunaux. Les religieux dépensèrent en consultations des sommes énormes ; partout où il y avait des jurisconsultes célèbres, leur avis fut demandé.

XIII. En janvier suivant, des députés se rendirent auprès du roi, exposant le peu de convenance qu’il y avait , sous tous les rapports , à anéantir d’antiques donatious, à destiner à d’autres usages les sommes dont les monastères faisaient la distribution aux pauvres, tous les jours, pour obéir aux dernières volontés de leurs bienfaiteurs; à modifier l’organisation des États, dont les abbés composent le premier membre, à transformer, enfin , les lois de la patrie , sanctionnées par leserment du roi. D’autres requêtes du même genre furent présentées par la généralité du duché de Brabant. Philippe II donna pour réponse : « Ce que le roi décrète, il le soumet d’abord à une délibération sérieuse. Dans le cas présent, il a été guidé, non-seulement par une nécessité impérieuse, mais par la volonté du très-pieux souvernin pontife, à qui appartient le droit de distribuer, de la manière la plus opportune, les biens donnés pour des usages religieux. Il n’a voulu qu’affermir la religion et la foi catholique, de l’existence desquelles dépendent, nonseulement les abbayes, mais toutes les institutions

par les seigneurs de Tliest, dont les possessions étaient passées entre les mains de ln famille de Nassau.

Abbatiæ tantum, sed omîtes sacri ordinis penderent, et nisi propositum suum maturaret, periculum esse ne tota religio christiana in ditione sua perderetur, perinde atque finitimarum regionum exempla satis docerent. At hac excusatione non modo niliil promovit, sed diligentia quoque eorum qui contra sollicitabant exacuit, ac ad plures jurisperitos consulendos excitavit. Rex itaqueobstinatisipsorum animis prosingulari suabenignitatecedere volens, summum Pontificem ut Brabantiœ abbatiis pristinam restituât libertatem rogat, ea tamen conditione ut annuain octies mille florenorum summam ad usum novorum Episcopatuum solvant', qua via et ratione ut omnem remotum iri difficultatem putavit, ita res contra ac sperabat evenit. Abbates enim licet antea professi fuissent a se niliil impedimenti fore quo minus novi constituantur episcopatus, post tamen reliquis Brabantiæordinibus junxerunt.quorum communes erant preces ne qui novi Episcopi apud Brabantos consecrarentur, aut si id nullo prorsus modo obtineri posse, unus dumtaxat episcopus et is quidem Lovanii crearetur*.

XIV. Porro quamvis nullo omnino civitati luec innovatio placeret, nullus tamen populus acrius re-

• Telles furent les bases d’un accord conclu entre le roi et les abbayes, le 30 juillet 1564, mais qui no fut pas accepté par le pape et auquel, dans la suite, le duc d'Albe n'eut aucun égard. Il avait été négocié, d une part, par les conseillers au conseil privé, d'Assonleville et Hopperus, et le membre du conseil de Brabant, Boonen ; et d'autre part , par les prélats do Villers , de Parck, d'Évorbode, et le greffier desétats do Brabant Wellcmans. Voyez Sanderus, Chorégraphia sacra Brabantiœ, 1. 1 , p. 230 ; (tachant, Correspondance de Philippe II, 1. 1 ", p. crv.

* Comparez ces deux paragraphes avec le § xi de Hopperus.

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ecclésiastiques. Si son projet ne se réalise pas, la religion toute entière peut disparaître de ses domaines, comme le démontre suffisamment l’exemple des contrées voisines. » Ses observations ne servirent h rien ; au contraire , elles enflammèrent le zèle de la partie adverse et l’engagèrent à consulter un plus grand nombre de légistes. Désirant, dans sa bonté, céder à ces esprits obstinés , le roi demanda au pape le rétablissement de l’indépendance première des abbayes du Brabant, à la seule condition qu’elles fourniraient aux nouveaux évêchés 8,000 florins par an'. Toute difficulté , pensait-il, serait ainsi levée. Il en arriva autrement. Après avoir déclaré qu’ils ne mettraient aucun obstacle à l’institution des sièges épiscopaux nouvellement créés , les abbés se joignirent aux autres membres des états de Brabant, pour réclamer avec eux contre cette nouveauté, et pour demander qu’au moins le nombre des diocèses pour cette province fut limité à un , dont Louvain serait le centre’.

XIV. L’innovation ne plaisait à aucune ville, mais, en nulle localité , le peuple ne s’y montrait plus

Il avait déji» été question d'établir l'archevéché de Malines à Louvain ou h Bruxelles , mais ce projet souleva beaucoup d'objections : Il no convenait pas que le siège primntial se trouvât dans la capitale ; une cathédrale h côté d'une université constitue une cause permanente de contestations ; enfin , ce serait mécontenter les Flamands que de les assujettir à un prélat brabançon. Lettre de Philippe II aux commissaires apostoliques chargés de la formation des nouveaux évêchés aux Pays-Bas, en date du 11 mai 1560, dans les Papier * A’ État de Granvelle. t. vi, p. 58 et suivantes.

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pugnabat quam Antverpianus, quam plurimis argumentis demonstrare nitens , lmc vice omuem mercatum exchulenduin esse, quibas cum se aut parum aut uihil gubernatrici persuadere posse cemerent, très e senatu legunt 1 ut in Hispaniam profecti régi coram exponant quam reipublicæ suæ non conveniat episcopatus , qui post frequentes sollicitationes hoc demum impetrarunt ne ante ipsis Episcopus daretur quam Rex in Belgium et Germaniam veniret, ac quid e re civitatis esse videretur præsens cousideraret*. Nec paucæ item, nec exiguæ in aliis civitatibus novis Episcopis objiciebantur difficultates, propterea quod nec vulgo nec maximæ omnium magistratuum parti quicquam magis persuasus esset quam sub episcopatuum prætextu Hispanicam latere inquisitionem, quam juxta ac pestem et ipsam mortem horrendam esse plerique omnes non temcre tantum credebant, sed vulgo etiam prædicabant. Quamvis igitur in aliquot civitatibus regiæ voluntatl obtemperantibus Episcopi sint constituti , Ruremunda tainen, Daveutria, Groeninga, Leuwardia, nullatn prius episcopis sedem dare voluerunt, quam multo post a duce Albano compellerentur. Jam quibus civitatibus obtrusi potius quam accepti, et iis

1 C'étaient l'amman Oodefroid Sterck , l'échevin René d’Ursel et le pensionnaire Jacques de MVesenbeke.

* Le texte de la requête présentée par les Anversois au roi et la réponse que leur donna Philinpe II , au palais de Madrid , le 6 août 1562, se trouvent dans les Papiers i'Ètat de Grantelle, t. vi, p. 612. L'année précédente, un épisode peu connu avait déjà excité à Anvers l'opinion publique. L'n nommé Sanglier (sic) y avait été arrêté , sur une dénonciation venue des inquisiteurs de Séville. Les échevins, invités à le juger, le mirent en liberté

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opposé qu’à Anvers, où l’on s'efforcait (le prouver quelle entraverait tout commerce. La gouvernante ne se montrant nullement convaincue du fait, les Anversois choisirent trois membres du magistrat' et les envoyèrent en Espagne, pour y exposer, en présence du roi, combien l’épiscopat convenait peu à leur république. Après de fréquentes sollicitations, ces députés obtinrent seulement qu’on ne nommerait, un évêque d’Anvers que lors de l’arrivée du roi en Belgiqueet en Allemagne, et lorsque le prince aurait pu examiner par ses propres yeux ce qui en était*. Dans les autres villes, on suscitait aux nouveaux prélats autant et d’aussi grandes difficultés, la multitude et la majeure partie de la noblesse restant persuadées et même répétant partout, qu’on leur préparait l’établissement de l’inquisition, qu’ils haïssaient comme la peste, voire commelamort. Bienque les évêques furent alors installés dans quelques villes obéissant aux volontés royales, cependant Rureinonde, Deventer, Groningue, Leeuwarden, ne les admirent que longtemps après, forcées par le duc d’Albe. Là où ils furent imposés plutôt qu’acceptés, on ne leur portait que peu ou point de respect, ce dont l'antique dignité épiscopale souffrit beau-

sous caution , à la seule condition de se présenter devant eux tous les quatre mois. Suivant l'usage , ils ne voulurent pas procéder contre lui sur de simples présomptions et sans qu'il leur fut fourni la moindre preuve. Comme il était bourgeois de la ville, on ne pouvait lui faire donner la question , si ce n'est en vertu d'une sentence des échevins , en présence mêmedeces magistrats, etavec un appareil extraordinaire. [ Ibidem. W\ fautconvenirque de pareilles formalités étaient bien gênantes et nos aïeux bien ridicules d’attacher de l'importance à de pareilles misères.

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tamen aut nulla aut parva reverentia colebantur, ut plurimum priscæ Episcoporum decederet dignitati. Buscoducenses certe parum reverentius Sonniura suum habebant, quam si in proscenio Episcopum egisset, quem tamen Rex postea ad sedein Antverpianam evebit, in quam a duce Albano maximo comitatu postea fuit introductus, tametsi populusalium desideraret.

XV. Hæc itaque Episcoporum constitutio, cum omnes civitates tum nobilitatem majorem in modum commovebat, totum Belgium et inferiorem Germaniam haud secus percellens ac si omnes omni libertate exuti, nihil præter tristissima quæque exspectarent. Omnia sinistris impleri suspitionibus, vulgo jactari extremam regionis totius ruinam imminere. Omnium hominum et vita et facultatibus insidias strui. Neminem deinde securum fore nisi sycophantas et calumuiatores. Nihil facilius, niliil proclivius esse quam certa spe præde proposita falso hæreseos crimine ditissimum quemque clanculum deferre, si ut in violatæ religionis judicio fieri consuevit, nec accusatores nec testium nomina edantur. Hæc et id genus alia non minus acerba, cumapud plebera, tum apud magistratus maxime et proceres, indies magis et verbis et exemplis in medium adductis exaggerari , bis fora, bis compita, his templa, bis convivia', his quivis hominum conventus personare idque eo magis quod formulre constitutionis Episcopatuum novorum, ne scio cujus indicio divulgatæ, singulis diopcesibus novem inquisitionis praefectos habere diceretur’.

* Convina, littéralement les repas ou les lieux de repas.

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coup. Les habitants de Bois-le-Duc n'avaient guère plus de considération pour leur prélat Sonnius, que s’il avait joué sur le théâtre un rôle d’évêque. Ce fut à lui pourtant que le roi confia dans la suite le diocèse d’Anvers; il y fut introduit, en grande pompe, par le duc d’Albe, bien que le peuple désirât un autre chef.

XV. Cette organisation des évêchés, qui troublait au plus haut point toutes les villes et la noblesse, frappait d’épouvante la Belgique et la Germanie inférieure comme si, dépouillées de toute liberté, ces contrées n’attendaient que la plus triste destinée. Partout on s'abandonnait aux plus noirs soupçons : dans l’opinion générale , la ruine du pays était imminente ; on tendait des embûches à la vie et aux richesses de tous ; personne ne devait se croire en sûreté, sauf les hypocrites et les calomniateurs ; rien ne serait plus facile, plus tentant, que d’accuser secrètement les riches d’hérésie, dans l’espoir assuré du gain, si les noms des accusateurs et des témoins restaient cachés, comme cela se fait pour les crimes de lèze- religion. Ces propos et d’autres du même genre et non moins acerbes se propageaient sans relâche dans le peuple et parmi les magistrats, et surtout parmi les nobles ; ils remplissaient les marchés et les carrefours, les églises et les salons', tous les lieux enfin de réunion, d’autant plus que les ordonnances pour l’organisation des nouveaux évêchés, divulguées je ne sais par qui, assignaient à chaque diocèse neuf directeurs de l'inquisition*.

* Ce n'était pns sans raison que les neiges craignaient pour

XVI. Ac quia totius hujus innovationis omnibus ordinibus vel inquisitionis vel auferendarum possessionum nomine juxta odiosæ Granvellai.ua auctor et princeps liaberetur, non facile dixerim quam fœdis verborum contumeliis et apud plebem et apud nobiles laceraretur, quorum hos non Episcopatuum modo novitas et inquisitionis motus exagitabat, sed purpureus etiam galerus et coccineum pallium quavis flamis pejus urebat, quippe cujus ornamento ceu regia quadam majestate insignis omnibus velleris aurei equitibus non exiguo dignitatis intervallo anteferendus esset. Ejus odii clarissimum exstitit indicitnn quo tempore cardinalem Macbliniensi Arcliiepiscopum Episcopatui inaugurandum, nemo illorum comitatu suo dignatus est, contra prorsus ac cum persona ejus quam in reipublica gerebat etejusdem senatus societas, tum primarii pontificatus et solemnium ceremoniarum reverentia poscebat.

XVII. Dum hæc in Belgio et inferiore Germania geruntur, Francorum regnum intestinis bellis miserrime vexabatur, quorum licet alia fortassis essent

leurs libertés, dont tant d'intéressés à perpétuer les abus désiraient l'anéantissement. Cliarles-Quint n’avait manqué aucune occasion do les annihiler et de les restreindre, comme il l'avait fait en Castille et en Italie. Un avis précieux fut envoyé h Philippe II par un anonyme, vers l'année 1564 ou 1565, et on y reeommnnde des mesures qui furent en offet mises h exécution par le duc d'Albe ou le prince de Parme. L’existence , dans les villes , d’un brtede ratât ou large conseil , dont les magistrats étaient tenus de demander l'avis, fournissait au peuple l’occasion de manifester légalement ses sentiments; le roi devait le supprimer partout. En choque localité importante, il fallait établir un capitaine ou lieutenant du roi, investi de toute l'autorité; bâtir des châteaux ou forteresses, qui seraient occupés par des

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XVI. Corame toutes ces innovations, l’établissement de l’inquisition aussi bien que l’enlèvement aux abbayes d’une partie de leurs biens, étaient attribuées à Granvelle, ce prélat fut, à un point incroyable, déchiré parles attaques les plus honteuses, aux yeux du peuple et de la noblesse. Ce qui excitait quelquesuns, ce n’était pas seulement les nouveautés et la haine de l’inquisition, mais aussi le bonnet de pourpre et le manteau écarlate, qui les brûlait plus qu’une flamme, ces ornements, semblables à une majesté royale, effaçant de bien loin les insignes des chevaliers de la Toison d'or. Leur haine se manifesta clairement lorsque le cardinal fut inauguré en qualité d’archevêque de Malines. Aucun des nobles ne daigna l’accompagner, contrairement à ce que réclamaient la position qu'il occupait dans le gouvernement, sa présence dans le môme conseil et le respect pour la dignité primatiale et les cérémonies solennelles de l’église.

XVII. Pendant que ces événements se passaient en Belgique et dans la Basse-Germanie , le royaume des Français était misérablement livré à la guerre

étrangers : Espagnols , Italiens , Bourguignons ou Allemands ; enlever à la commune son artillerie et ses armes. Pour mieux assurer la défense du pays entier, il était nécessaire d’équiper une flotte de vingt à trente vaisseaux, qui seraient toujours prêts à prendre la mer, et de construire, dans un lieu central, comme à Malines, dans une position facile à défendre, au béguinage de cette cité, par exemple, un arsenal général, que l'on rendrait presque inexpugnable. Pour adoucir la rigueur de ces mesures, on confirmerait toutes les libertés et prérogatives, parce qu'elles étaient une source de richesses pour le pays , et Von accorderait une rémission générale de tous les crimes et délits commis contre l'autorité du roi et de la religion. Papier» d' État de Granvelle, t. vi, p. (Hfletsuiv.

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primordia, et privatis quorundani simultatibua progressa, publiée tamenreligio prætexebatur. His un» cum rege antiquam tuentibus, illis ex adverso ingenti molenitentibusCalvinianam sectam propngare. Cum itaque rex viribus suis non satis fidens, subsidium a Belgis et Germanis Hispanorum régi parentibus rogasset, gubernatrix omnium aurei velleris equitum conventum indicit quo communi consilio dispiceretur , partim quid Franco respondenduin, partim quod in aliis quæ urgere videbantur negotiis decerni oporteret. At lii prius conventiculum privatum in domo principisOrangii 1 ineunt, quo nimirum communi omnium consensu id quod suadendum putarent ante firmaretur quam apud Gubernatricem consilia conferrentur. In eam autem ab omnibus itum est sententiam , ut auxiliares copire Gallorum régi negarentur, ad quam gubernatrici probandum varire gravesque rationes partim e vetere et recenti rerum contra Belgas, Germanosque a Francis gestarum memoria, partim et prresenti reipublicæ statu suppetebant. Expedita igitur facili hac consul tationis parte, ad domesticas difficultates ventumest, quas tantas esse dicebant, ut nisi matura deliberatione et prresenti remedio succureretur, prava quorundani et perversa administratione brevi eversum iri publicam salutem atque tranquillitatem palam denuntiarent. Variis deinde de gubernandi ratione corrigenda sententiisque dictis ad nullum sanum exitum atque concordem res potuit deduci. Quamobrem Principi Orangio, Egmondano et comiti Hornensi et aliis

1 Aujourd'hui le musée de Bruxelles, où l'on voit encore quelques restes des constructions somptueuses élevées vers les

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civile; quoiqu’on assignât à celle-ci d’autres causes, elle avait pris son origine dans des querelles privées, qui se cachaient sous le prétexte de religion. Les uns, joints au roi, protégeaient l’ancienne foi; les autres, au contraire, tentaient d’immenses efforts afin de propager le calvinisme. Le roi ne se fiant pas à ses forces, et ayant demandé du secours aux Belges et aux Allemands qui obéissaient au roi d’Espagne , la gouvernante convoqua tous les chevaliers de l’ordre, pour arrêter la réponse que l’on ferait à la France , et la décision que l’on prendrait dans d’autres affaires urgentes. Les chevaliers se réunirent préalablement dans la maison du prince d’Orange', pour déterminer, de commun accord et avant de comparaître en conseil devant la gouvernante, ce qu’ils croiraient devoir conseiller. Tous furent d’avis qu’il fallait refuser des secours au roi de France, et ils apportèrent à l’appui de leur opinion différentes preuves, les unes empruntées à l’histoire des guerres anciennes et nouvelles , entreprises par les Français contre les Belges et les Allemands , les autres à la situation actuelle de l'État. Cette partie de la discussion s’acheva sans peine; on en vint alors aux difficultés de la situation intérieure. Elles étaient telles, dirent les chevaliers, que si l’on n’y obviait pas après une délibération approfondie et par de prompts remèdes, la mauvaise et perfide administration de quelques-uns serait bientôt fatale au bonheur et à la tranquillité publics. On exposa ensuite différentes améliorations qu’il était nécessaire d’ap-

années 1480 et 1500, par le comte de Nassau Kngelbert II. {//»>foire de Bruxelles, t. ni , p. 364.)

quibusdam visum est omnino necessarium ut littene præsentem reipublicae statum et pericula ruinant ejus minantes complexæ communi consensu ad regem darentur.

XVIII. Anno itaque sexagesimo tertio' ad Idus Martias epistola scribitur, ingentium malorum datura priinordia, tametsi ejus auctores faustissima ac prosperrima et sibi et toti regioni pollicerentur 1 . Earum baec fere erat sententia : dolere sibi rempublicam eo loco esse, ut quod jam diu dissimulanter pertulissent, ne gravissimas Regis curas interpellarent, id ainplius celare necpossint nec debeant, proptereaquod cernerentsi diutius tacereut, toti regioni evidens periculum imminere. Quod significatum vellent taie esse, plerosque primarios iu Belgio et iuferiore Germania viros pessime babere quod tota negotiorum reipublicæ summa e solo cardinalis Granvellani arbitratu penderet, et eum sensum eamque opinionem tam altas , tum in suis , tum in aliorum aniinis radices egisse, ut eam evellere frustra quisquam mortalium niteretur. Cupere itaque se.se ut huic publico dolori rex mederi velit et vero nunt quam res bene et e voto regis successuras quamdiu cardinalis eas suis consiliis gubernaret, eo quod in maximum totius populi odium incurrisset. Quamobrem sese supplices orare ut rex huic monitioni eam

1 Hopperus dit 1562, maie il adopte ici l'ancien style dp Brabant, d’après lequel l'année ne commençait qu’à Pâques. Voyex M.Gachard, Correspondance de Guillaume le Taciturne, t.n, p. 35.

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porter dans le gouvernement, mais sans pouvoir aboutir à un bon résultat, ni au rétablissement de la concorde. C’est pourquoi le prince d'Orange, Egmont, le comte de Homes et quelques autres j ugèrent absolument nécessaire d’envoyer au roi des lettres exposant l’état présent de la république et les dangers qui en menaçaient l’existence.

XVIII. Le 11 mars 1563' fut écrite cette lettre, qui devait amener les plus tristes événements, tandis que ceux qui la rédigèrent n’en attendaient que les suites les plus heureuses pour eux et pour tout le pays*. Elle était à peu près conçue en ces termes : « A leur grand regret, l’État, se trouvait dans une situation telle, qu’ils ne pouvaient, ni ne devaient plus cacher ce qu’ils avaient supporté jusque là afin de ne pas troubler les grandes occupations du roi ; ils s’apercevaient, en effet, qu’en persistant dans leur silence , ils mettraient le pays dans un péril imminent. Ils voulaient apprendre au monarque le mécontentement conçu par la plupart des principaux personnages de la Belgique et de la Basse-Germanie de ce que toutes les affaires de l’État dépendaient uniquement de la volonté du cardinal Granvelle; cette idée, cette opinion avait jeté de si profondes racines, tant dans leur esprit que chez les autres, que personne ne pourrait l’ébranler. Ils désiraient que le roi voulut guérir cette douleur générale , car jamais les affaires ne marcheraient, convenablement, ni selon les vœux du roi, aussi longtemps que le cardinal les

* Remarquons ici que déjà, le 23 juillet 1561, d'Orange et d'Egmont avalent réclamé contre l'omnipotence de Granvelle. M. Gachard, Correspondance de Philippe II, t. I", p. 195.

fidem habeat, qunm deceat habere illis quos norisibi fidissimos semper fuisse, ac mox huic malo remediuiu adbibeat, quo<l ni feccrit præsentem sese rempublicam ruinnni videre. E diverso si gratificari fidissimissuis ministris hac parte dignetur, e vestigio ab omnibus perspectum iri quantum utilitatis ac adjumenti hæc mutatio patriœ sit allatura. Neminem enim inter se esse qui non lubenter negotia omnia cum Gubernatrice sit tractaturus, quorum nunc solus cardinalis habenas teneret. Sin minus placeat cardinalem de senatu movere , sese rogare ut pace regis et consiliis liceat emanere, quoniam nec Iîegis nec suo conveniat lionori ut diutius cum cardinale in eo senatu in quo solus ipse régnât sedere pergant. Quod autem ad religionem spectat, e qua maximum penderet momentum publicæ tranquillitatis, sese operam daturos ne unquam deprehendantur catholicorum et fidelium ministrorum partibus defuisse. Et profecto nisi zelus quo et ipsi et omnis nobilitas erga religionem fervent populum in officio contineret, omnia jam pridem perturbanda fuisse, quoniam et is valde sit inquinatus et ad banc corruptelam emendandam nibil omnino adjumenti in vita ac moribus cardinalis esse cernatur. Has litteras quamvis complures laudarent, soli tamen très, princeps nimirum Orangius, Egmondanus ac cornes Hornanus signare voluerunt, ceteris metuentibus ne si subscripsissent pedem ulterius in republica gubernanda quam in mandatis haberent protulisse viderentur. Ex eo tempore magnæ statim simultates inter proceres exstiterunt, unde paulo post funeste orte sunt factiones, quas jam inde prudentissimus

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dirigerait, tant il avait encouru la haine du peuple. C’est pourquoi ils suppliaient humblement le roi d’ajouter foi à leur requête, comme émanant de personnes qu’il savait lui être très-dévouées, et d’npporter au plus tôt un remède au mal ; sinon, ajoutaient-ils, la ruine de l’État arriverait bientôt. Si , au contraire, il voulait favoriser en cette circonstance ses ministres les plus fidèles , on s’apercevrait sans retard de l'utilité du changement pour le pays. Chacun d’eux s’empresserait volontiers de traiter avec la gouvernante, les affaires dont le cardinal seul avait actuellement la direction. Pour le cas où il ne plairait pas au roi d’éloigner du conseil le cardinal, ils demandaient de pouvoir en sortir, avec son gré, car il ne leur convenait, ni pour l’honneur du monarque, ni pour le leur, de siéger avec le cardinal dans une assemblée où ce dernier seul avait toute l’autorité. Pour ce qui concernait la religion, de laquelle dépendait principalement la tranquillité publique, ils mettraient tous leurs soins à ne jamais manquer à leur devoir de catholiques et de ministres fidèles. Et certes, si leur zèle et celui de toute la noblesse pour la religion ne contenait le peuple dans le devoir, le désordre serait déjà général , car la multitude était fort infectée et le remède à ce mal ne pouvait aucunement se trouver dans la manière de vivre ni dans les mœurs du cardinal. » La plupart approuvèrent ces lettres , mais trois seulement , le prince d’Orange, Egmont et le comte de Hornes, consentirent à la signer ; les autres craignirent de paraître usurper dans les affaires une part qui ne leur était pas assignée. A cette époque naquirent entre les nobles

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quisque ad magnam totius regionis perniciem tendere non obscure prævidebat'.

XIX. Varium hinc in populo murmur, partim ob Episcopatus novos et inquisitionem quam iis annevam esse persuasum habebant , partim ob novas procerum et nobilitatis ad versus cardinalem et ejus fautores ac clientes molitiones, quæ quamvis per se satis essent acerbæ, pravorum tamen hominum figmentis et falsis rumusculis fiebat ac multo majores quam révéra essent vulgo crederentur, qua quidem re populo ad seditionem incitando, ne ipsa quidem Megaera quicquam aptius excogitare potuisset. Maxima igitur malorum omnium quæ publicam civitatum et regionum evertere soient tranquillitatem , uno eodemque tempore exstiterunt irritamenta. Quamvis enim populus ob novos Episcopos et bona Abbatiarum alienata, quibus et ingens numerus egenorum alebatur et plurimorum adolescentium animi ad litterarum studia incitabantur, dum quisque partem aliquam eorum sibi promittebat, majorem in rnodum commoveretur, multa tamen magis plebis et magistratuum minorum animi exulcerati sunt, dum de nobilium et aulicorum relatu audirent majorera procerum partem non contra cardinalem tantum sed contra inquisitionem etiam cujus eum auctorem jactabant conspirasse. Quæ enim tanta populi vel prudentia vel Constantin cogitari queat, ut non eorum principum studio sequatur, qui sese asserant

1 Voyez Hopperus, § x. M. Gachard, dans la Correspondance de

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de grandes querelles, et à leur suite des factions, que tout homme prudent considéra comme tendant, de la manière la plus évidente, à la désolation du pays entier 1 .

XIX. De là des murmures dans le peuple, en partie à cause des nouveaux évêchés et de l’inquisition que l’on considérait comme leur annexe, en partie à la suite des nouvelles intrigues des grands et de la noblesse contre le cardinal, ses partisans et ses clients. Bien que ces intrigues fussent redoutables par elles-mêmes, elles le devenaient davantage, grâce aux suppositions perfides des méchants; Mégère elle -même n’aurait pu trouver un meilleur moyen pour développer dans la multitude l’esprit de sédition. Alors on vit se développer, presque simultanément, les causes les plus fortes de tous les maux qui détruisent le repos des cités et des contrées. Le peuple était déjà irrité au plus haut point de la création des nouveaux évêques et de l’aliénation des biens des abbayes, qui nourrissaient un nombre immense de pauvres , et au moyen desquels on engageait les jeunes gens à se livrer à l’étude des lettres, avantages dont chacun se promettait de profiter; mais ce qui ulcéra beaucoup plus les esprits dans la multitude et chez les magistrats de rang inférieur, ce fut d’apprendre de la bouche des nobles et des courtisans, que la plus grande partie de la noblesse conspirait non -seulement contre le cardinal, mais aussi contre l’inquisition, dont ils le disaient l'auteur. Comment le peuple aurait- il eu

Guillaume le Taciturne, t. il, p. 35, a publié le texte entier de rette lettre au roi.

non alia de caussa cardinali adversari , quam ut antiquam patriæ libertatem quam is oppugnet defendant, atque inquisitionis tyrannidein quam vocabant a miserorum cervicibus quibus intentaretur repellant et amoliantur. Ut autem id genus illicibus nobilitas populum imprudentem inescabat et ad murmurandum turbandamque publicam quietem accendebat, ita ex altéra parte cum apud Regem hœreseos et seditionis criminabatur, uti modo ex eorum litteris eognovimus , quo suo astu quid struerent quaj inox consecuta sunt doeebunt,

XX. Rex igitur cum de crebra gubernatricis significatione omnium quæ in Belgio et in Germania sua moverentur certior factus, tum de procerum litteris satis firina et evidenti conjectura assecutus , conatus eorum periculosiores esse quam ut diutius negligerentur, post diuturnam tandem deliberationem adnonas Junias Proceribus rescripsit ad hune modum : Litteras vestras, cognati mei, undecimo martii datas accepi. Non dubito equidem quin ea quæ milii significatis, ex benevolis et officiosis in me animis proficiscantur, ut pote quos a longo jam tempore exploratos habeam, nec paucis nec obscuris signis rerum præclare virtute vestra gestarum. Verum eo quod scribitis diligenter expenso nullam video expressam caussain singularem ob quam ea quam petitis reipublicæ administrandæ mutatio fieri debeat. Quamobrem quamvis proposuerim istuc proficisci, si Deus et negotia Hispanica' permittant quo præsens ea quibus opus ad istaruin regionum salutein fuerit con-

1 II y a ici une lacune dans Hopporua,

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assez de prudence ou de courage pour ne pas adopter les passions des grands , alors que ceux-ci prétendaient ne combattre le cardinal que pour défendre l’antique liberté de la patrie, attaquée par lui, et pour repousser loin des malheureux ce qu’ils nommaient la tyrannie de l’inquisition ? Tandis que la noblesse fascinait ainsi le peuple et le poussait à se plaindre et à troubler la tranquillité, d’un autre côté, elle accusait Granvelle d’hérésie et de rébellion auprès du roi, comme nous l’avons appris par les lettres des nobles, où se révèle comment ils préparèrent ce qui s’effectua plus tard.

XX. Averti par de nombreux rapports de la gouvernante de tout ce qui se préparait en Belgique et dans ses provinces d’Allemagne , et puisant dans les missives des nobles la certitude que leurs efforts présentaient trop de danger pour rester plus longtemps dans l’oubli , le roi , après une longue délibération , répondit aux grands en ces termes, le 6 juin : « Mes « cousins, j’ai receu vos lettres de l’unziesme de « mars dernier, et pour response je scay que ce que « vous me remonstrez procède de bon zèle et affec- « tion qu’avez à mon service, dont j’ai eu assez l’ex- « périence du passé, mais ayant bien considéré tout « le contenu en vos dittes lettres, je ne voy que vous « dictes aulcune chose particulière qui vous pourroit « mouvoir a estre d’avis que je deusse faire le chan- « gement que vous m’escripvez , et ores qu’avecq « l’ayde de Dieu mon intention soit d’en bref et aussy « tost que la disposition de mes affaires d’Espagne 1 « m’en donnera le moien de me trouver en mes Pays- • Bas pour personnellement venir et cognoistre ce

stituani, nihilominus tamen gratissimum milii fuerit si quis vestrum liuc veniat quo coram doceat oinnia sigillatim, quorum suinmam dumtaxat iudicastis, pro eo ac rei de qua ngitur postulat magnitudo. Satins enim fuerit ea verbis a presenti quopiam exponi quam litteris mandari , ut recte et accurate omnibus expensis quod ex usu sit statuere possim. Nec est alioquin moris mei quemquam meorum extra certam caussain et evidentem aut offendere aut ledere'.

XXI. Litteris Lie acceptis, gravius in odium cardinalis et res novas exarserunt, et post multa et varia colloquia clandestina et alibi et Bruxellis habita, in eam descenderunt sententiam, ut quibus in periculis respublica versetur Guberuatrici libello supplice déclarent, qui talis fuit ut dicerent se diu multumque de toto reipublicæ statu cogitasse, et consilia cum plurimis viris primnrii3 contulisse, ac tandem deprehendisse in summo discrimine omnia versari, bine propter exiguam populi obœdientiam, et novas ejus ac perniciosas in religione cliristiana opiniones, hinc propter stipendia nec equitibus, nec peditibus persoluta, inde etiam ob pericula quæ ab exteris impendere viderentur, quibus haud difficile esset populum

' Hoppcrus, § xvi , à qui nous avons emprunté le texte de la lettre du rot. M. Gachard, l»c«, t. n,p. 41 , en a donné une rédaction un pou différente ; les mots negotia Uispanica de notre ma-

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« que s’en offrira , et remedier le tout par ma pré- « sence, touttesfois pour le désir que j’ay d’entendre « clairement et particulièrement, ce me feroit plaisir « que quelcqu’un de vous trois se trouva devers moy, « pour me donner compte et raison particulière de « cest affaire, selon que vous entendez l’importence « d’iceluy le requérir, et de tant plus que par escript « je croy que ne pourrez si particulièrement expli- « quer vos intentions , comme pour la qualité de la « chose seroit requis, ny moy redemander et enquérir « sur icelles pour demeurer aussy de ma part sy bien « informé comme il conviendrait, pour y prendre « résolution. Car ce n’est ma coustume de sans cause « grever aulcuns de mes ministres 1 . »

XXI. A la réception de ces lettres, les nobles s’irritèrent encore davantage contre le cardinal et ses innovations, et après différents colloques clandestins, tenus à Bruxelles et ailleurs, ils en arrivèrent à décider que, dans une requête à la gouvernante, ils exposeraient les périls qui menaçaient l’Etat. Ils avaient, dirent-ils, réfléchi longtemps et beaucoup sur la situation, consulté les personnages les plus influents du pays, et enfin aperçu que tout était dans le plus grand danger, soit à cause du peu d’obéissance de la part du peuple, et de ses opinions nouvelles et pernicieuses sur la religion chrétienne, soit par suite du défaut de paiement de la solde des cavaliers et des fantassins. De là on devait craindre des dangers extérieurs, l’étranger pouvant profiter du

nuscritn'y sont représentés que par le mot français oJTaires , qui n’a pas un sens aussi nettement déterminé.

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offensuüi nd partes suas pertractum a Regis imperio alienare. His tautis malis aliud remediam esse nullum quam si comitia omnium ordinum habeantur. Huic libellocum gubernatrix sic respondisset, utsibi diceret a rege interdictum ne generale totius regionis consilium convocaretur, Claris verbis profitentur eju3 mandati caussam non aliud referri aut debere aut posse, quam ad regis diffidentiam contra ditionis suæ magistratus, de callida et malitiosa cardinalis et aliorum reipublicæ tranquillitati parum faventium accusatione conceptam. Se itaque cupere quando nullum aliud ad imminentia pericula praesidium invertirent, ut salva pace Regis et Gubernatricis e senatu deinde liceret emanere, in quo ad quattuor jam annos non aliud quam mute persome fuissent. Minime tamen se defuturos vel officiis suis quæ singuli præcipua haberent, vel iis qua* Gubernatrix imperasset’.

XXII. Inde principum virorum dissidiis etsimultatibus immani accessione auctis et paullatim republica ad pejora ruente, très illi proceresquibusregem respondisse modo dixi, rursus litteras dant ad tertium kalendas Augusti ejusdem anni, quibus regiexponunt, quod cum Gubernatrice tractassent libelli simili supplicis exemplo adjecto. Addebant deinde benefacere regiara majestatem quod nemini suoruni sive caussa offensioni esse vellet, verum id quod penituerant nihil habere offensionis, immo contra pertinere ad cardinalem eo onere levandum quod ipsius personam ac dignitatem minime deceret. Jam

1 Voyez Hopperus, § xvn.

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mécontentement du peuple pour l’attirer à lui et le détacher de la soumission due au roi. A tant de maux il n’y avait qu’un remède, la réunion des états généraux. La gouvernante ayant répondu que, par ordre du roi, il lui était défendu de convoquer ces états , ils déclarèrent hautement qu’un ordre pareil n’avait d’autre cause que la défiance conçue par le monarque contre les magistrats de ses provinces , par suite des accusations habiles et perfides du cardinal et des autres ennemis de la tranquillité de l’État. Ils désiraient donc , puisqu’ils ne trouvaient aucune autre défense contre des dangers imminents, de pouvoir, avec l’autorisation du roi et de la gouvernante , quitter le conseil , où pendant quatre années ils n’avaient joué qu’un rôle de muets. Ils ne manqueraient jamais, ajoutèrent-ils, aux emplois importants que possédaient chacun d’eux, ni à l’obéissance due à la gouvernante 1 .

XXII. Ces querelles entre les principaux personnages de l’État allant toujours en grandissant et conduisant insensiblement le pays à sa perte, les trois nobles à qui le Roi avait répondu comme je viens de le dire lui écrivirent de nouveau le 29 juillet de la môme année. Ils exposèrent ce dont ils avaient traité avec la gouvernante, en joignant à leur missive une copie de leur requête. Sa Majesté, ils s’empressaient de le reconnaître, ne voulait certainement pas être une cause de malheur pour aucun de ses sujets ; quant à eux, on ne pouvait leur reprocher aucune offense ; tout le mal venait du cardinal , que l’on devait délivrer d’une charge qui ne convenait ni à sa personne, ni ù sa dignité. Comme la perturbation

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quia rerum omnium perturbatis et regionis totius tumultus satis perspicuum faceret, qui sese in gubernando gessisset, noluissequibusin rebus peccasset eas res particulatim explicare, ne cum ipso ceu forenses accusatores jure experiri cogerentur. Satis sibi fuisse quod regem juxta ac probos et bonos ministres decet eorum quæ fièrent certiorem reddidissent, eaque de re sibi fidem habere æquum esse. Nec defuturos fuisse unum atque alterum, qui présentes omnia régi sigillatim enuclearent, nisi regionuin defensio atque securitas ipsorum absentiam nullo modo ferret. Rogare itaque ut non magis præsentibus credat quam litteris illis quas simplice candore scripsissent. Neque enim se oratoriæ artis peritos esse, verum semper rei bene gerendœ quam bene dicendæ fuisse studiosores 1 .

XXIII. Ab hac epistola ad regem data majorent in modum odia procerum et reliquæ nobilitatis eorum ductum et auctoritatem secutæ contra cardinalem exardescebant. Quæ ut apud plebem etiam gliscerent et majore incendio flagrarent, rumor in vulgus sparsus est, cardinalem quorundam procerum vitæ insidias struxisse, qui eo facilius apud omnes fidem accepit, quod Reinartus, dominus Bermontis, regius in Germania inferiore consitiarius, apud omnes passim expostularet Granvellani calum nia factum fuisse ut a rege, nulla édita caussa, senatu motus in Bur-

1 Voyez Hopperus, § xvm. — M. Gachard ( Correspondance de Guillaume le Taciturne, 1. c., p. 42) a publié cette lettre. D'après M. l'archiviste général du royaume, elle ne fut nullement lrcuvre exclusive des trois seigneurs que notre auteur semble considérer comme les seuls cheffe de l'opposition contre Granvelle. „ Du consentement de la duchesse de Parme, dit-il, le prince et

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générale et les troubles régnant dans tout le pays constataient assez sa manière de gouverner, ils ne voulaient pas détailler ses fautes, pour ne pas devoir entrer en procès contre lui ou contre quelque accusateur étranger. Ils avaient rempli leur devoir d’honnêtes et de loyaux ministres en instruisant leur maître, et il était juste qu’on eut confiance en eux. Plus d’un, parmi eux, se serait chargé d’aller informer le Roi, si la défense et la sécurité du pays ne leur défendaient de s’absenter. Ils demandaient donc qu’on n’ajoutât pas plus de confiance à des personnes présentes qu’à des lettres écrites par eux avec sincérité. Ils n’étaient pas instruits dans l’art oratoire, mais ils s’efforcaient toujours de bien administrer plutôt que de bien dire'.

XXIII. Depuis l’envoi de cette lettre, la haine que portaient à Granvelle les grands et le restant de la noblesse qui leur était dévoué, s’accrut encore. Afin quelle se communiquât au peuple et qu’elle provoquât un plus violent incendie, on fit courir le bruit que le cardinal avait tendu des pièges à plusieurs de ses ennemis. Cette rumeur fut facilement accueillie, parce qu’à la même époque. Renard, seigneur de Barmont, conseiller du Roi dans la Basse- Allemagne, se plaignit publiquement d’avoir, par la faute de Granvelle et sans avoir subi de jugement, été renvoyé du conseil en Bourgogne ou à Lille, à son grand

« les comtes d'Egmont et de Homes tinrent, avec les autres ehe- « valiers de l'ordre et gouverneurs de provinces, différentes réu- ■ nions où fut arrêtée la réponse i» faire nu Roi. » [Ibid., note 2.) M. Gnchnrd a aussi édité la requête mentionnée dans cette lettre. (Pages 48 à 50.)

gundiam ceu ad Insulam, non citra magnam capitis diminutionem relegaretur'. Granvellanus contra studio magno se apud omnes excusare et adversariorum refellere criminationes, quo taraen consequi nequivit ut non indies pejus apud vulgus et majorera partent nobilitatis audiret.

XXIV. Tandem eo ventum est ut principes aliquod fœdus contra eum ferirent, quorum de numéro primarii erant princeps Orangius, cornes Egmondanus, cornes Hornensis, adjuncto fratre domino Montignii, cornes Hoogstratanus, dominus Bredenrodius, cornes Bergensis et alii nonnulli non inferioris classis. Ut autem fœderis bujus fama ad omnes Belgii et inferioris Germanise regiones et civitates quant primum divulgnretur , utile fore existimarunt si confœderatorum famuli certis vestimentorum insignibus ab aliis secernerentur, De quibus dura disceptant, Egntondano et aliis quibusdam visurn ut

1 La Bibliothèque royale, section des manuscrits, possède une Copie d’un estai/ des mémoires du cardinal de Granvelle, par Vabbé de Saint- Vincent (ms. n° 16,371). Aux folios 39 et suivants, on lit des détails curieux, quoique empreints de partialité, sur ce Simon Renard, dont le nom ne fait qu’apparaître dans le récit de nos troubles. Citons en quelques-uns :

« Renard estait de Vezoul. 11 y avoit la charge de lieutenant général du bailliage d’Amont, et le chancelier de Granvelle, qui luy trouva de l'esprit et du sçavoir, le tira do cet employ pour

le faire maistre des requestes de l’Empereur Renard parvint

aux plus hauts emplois. U fut envoyé deux fols ambassadeur en France et une fois en Angleterre, et ce fut luy, avec le comte de Lalaing, qui conclut le traité de Vaucelles. Le chancelier de Granvelle l'aimoit tant qu'il luy écrivoit souvent, et flnissoit ordinairement par ces paroles, l'entiérement vitre comme père , N. Perrenot. Le cardinal ne l’almoyt guère moins ; outre plusieurs marques do confiance qu'on ne donne qu'aux plus chers amis, il luy envoyoit de l'argent, sans en estre prié, sachant

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déshonneur'. Le cardinal prit soin de s’excuser auprès de tous et de repousser les accusations de ses adversaires ; il ne put toutefois empêcher les bruits les plus accablants de se répandre dans le peuple et dans la plus grande partie de la noblesse.

XXIV. Il fut alors décidé par quelques nobles qu’on formerait une alliance contre lui. On y vit entrer le prince d’Orange, le comte d’Egmont, le comte de Hornes, à qui se joignit le seigneur de Montigny, son frère, le comte d’Hoogstraten, le sire de Brédérode, le comte de Berghes et d’autres d’un rang non moins élevé. Afin de faire connaître cette union à toutes les contrées et villes de la Belgique et de la Basse-Allemagne, les confédérés jugèrent utile de donner à leurs serviteurs des insignes particuliers. Pendant leurs discussions à ce propos, Egmont et d’autres proposèrent d’attacher ou d’entrelacer sur

qu'on ne payoit pas quelque fois à point nommé les apointemens. »

» Renard, au désespoir que Philippe, en quittant les Pays-Bas, ne l'y eut laissé que simple conseiller d'Estat, en voulut mal au cardinal de Granvelle. Il se déchatnn ensuite contre luy, fit quelques pasquinades sanglantes sur l'érection dos nouveaux eveschez , railla de la gouvernante et du ministre , s'attacha aux mécontents, et cabala si bien, avec les plus grands seigneurs, indignés que tout ne passoit pas par leurs mains, qu'il porta le prince d'Orange et deux autres à esc rire au Roy contre le cardinal et l'on prétend qu’il composa même leur lettre. » Granvelle se vengea en donnant à entendre en plein conseil, que Renard avait méconnu les instructions qu'il avait reçues, lors de la conclusion de la trêve de Vaucelles. De là colère de Renard, qui demande justice, refuse de reprendre ses fonctions si on ne la lui rend, s’excuse ensuite de partir pour la Bourgogne et finit par mourir à Madrid, sans être jamais rentré en faveur, le R aoflt 1573. *

cnput cardinalis, cticulla asinorum instar anrita tectum, manicis aut assueretur, aut intexeretur, propterea quod cardinalis eos in senatu non pluris quant fatuos æstimare videretur. Quod nisi Gubernatrix banc vesaniam vetuisset, nullum unquam certiusde cujuspiam rei exitu omen capi potuisset. Ac licet jussu ejus ltæc insignia fuerunt rejecta, sunt tamen prima rerum exordia diligenter in futurorum divinatione observanda, quibus divina benignitas non raro præmonere solet quem eorum quæ aggredimur successum exspectare nos oporteat. Rejecta igitur bac morionum larva, placuit omnibus ut sagittarum fasciculum arcte in medio constrictum, famulorum manicis intexendum curarent , quo si duo denotarent alterum se regis insignibus famulos suos ornare ceu quæ agerent ad ipsius servitium pertinerent, alterum ut firmissimam confederatorum concordiam vestitus ostentaret. Neque enim priscus ille tantum Scytharum rex, vetere bistoria celebratus, concordiæ vires hoc symbolo filiis suis demonstravit, sed Philippus etiam niunmos excuderat, qui hune fasciculum ex aversa parte præferrent. Hæc insignia quamvis videri poterant ad regis honorent spectare, quia tamen hoc feedus contra cardinalem ictum esse ferebatur, prudentioribus perniciosæ factionis crimen manifestari judicabatur. Quamobrem dux Arschotanus, Grimbergius', Barlemontius, Overeemdius, Courerius, Harecourtius et alii non pauci nec buic se societati jungere, nec suis sagittas colligatas dare voluerunt, qui quam nova hæc rerum

1 Ferry de Bergbes possédait par indivis, avec le Taciturne, la terre de Qrimberghe en Brabant; en 1556, il contribua avec lui

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aï

leurs manches la tête du cardinal ornée d’oreilles, à l’instar d’un capuchon d'âne, parce que, dans le conseil, Granvelle ne les considérait pas plus que des fous. Si la gouvernante n’avait interdit cette folie, jamais circonstance n’eut présenté un augure plus certain de son issue. C’est le point de départ des événements qu’il faut examiner avec soin , si l’on veut en prévoir les suites ; souvent la bonté divine nous avertit d’avance du résultat que nous devons attendre de nos entreprises. Après avoir repoussé ce masque de bouffons, les confédérés adoptèrent unanimement l’idée d’orner les manches de leurs serviteurs d’un faisceau de flèches, resserré en son milieu ; ils voulaient indiquer par là qu’en adoptant les insignes du Roi, ils entendaient agir pour le bien de son service, et, de plus, qu’il3 avaient contracté entre eux la plus étroite alliance, En effet, s’il est vrai que ce roi des Scythes, célébré par l’histoire ancienne , a voulu démontrer à ses fils, au moyen de ce symbole, les avantages de la concorde, Philippe II avait aussi fait frapper des monnaies dont ?e revers offrait un faisceau de flèches. Bien qu’on pût considérer ces marques distinctives comme adoptées en l’honneur du roi, cependant comme l’alliance était, disait-on, dirigée contre le cardinal, les plus prudents les considéraient comme une preuve du crime de trahison. C’est ce qui décida le duc d’Arschot, les sires de Grimberghe', de Berlaimont, d’Overembden.de Courières, de Hachicourt et nombre d’autres, à refuser d'entrer dans la confédération et de faire

ii la refonte de l’ancienne eeure de cette seigneurie, dont les dispositions avaient presque toutes vieilli ou étaient tombées dans

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faciès sibi displiceret pro se quisquc régi significabant, se ad quodvis officii genus præstandum paratos esse clare profitentes.

XXV. Ut autem hrec insignia incautos et nobilium et plebeiorum animos majorem in modum ad res novas inflamabant et præcipites ad tumultus et turbas rapiebant, ita prudentioribus nibil sani liabere videbantur, quorum quidam non citra salem dicebaut : non difficile fore ut una sagitta e toto fascieulo educatur, qua evulsa alteram facile secuturam , atque ita ceteras quoque elapsuras. Gubernatrix, videns neminem procerum consociatorum ad senatum venire, et anxia quorsum ea couspiratione erumperet, ac quid monstri tandem parturiret, quam non nobiles tantum, sed totuin quoque populum liaud secus ac pelagus quoddam insana ventorum vi vexatum dementia quadam mirabili æstuare cerneret, frequentibus et prupe quotidianis litteris ad regem datis consiliam præsidiumque et tumultibus graviora quam adhuc apparerent minantibus nunquam petere cessabat. Dissimulare intérim rex aut ealtem nihil remedii exulceratis procerum animis adhibere, vel quod non admodum grave momentum huic consociationi inesse crederet, vel utcerta alicujus facti nota deprebenderet, an boc fuedere devincti quicquam contra majestatem ipsius molirentur. Quando itaque epistolis nibil proficiebatur, decretum est ut quisquam in Hispaniam missus , coram omnia régi

l'oubli. Lorsque les biens des Nassau furent confisqués par ordre du roi Philippe II, Ferry de Oly mes insista, à plusieurs reprises, auprès du gouvernement des l’nys-llns, pour qu'on lui vendit lu seconde moitié de la terre de Orimberghe; mais la mort vint

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prendre h leurs gens le faisceau de flèches. Ils témoignaient ainsi au monarque combien ces nouveautés leur déplaisaient, en déclarant qu’ils étaient prêts ù le servir de toute manière.

XXV. Tandis que les imprudents , parmi les nobles et parmi le peuple, s’exaltaient ainsi de plus en plus et se poussaient à exciter de nouveaux désordres, les personnes sages n'attendaient rien de bon de ces insignes, et quelques-uns en disaient avec malice : « Il n’est pas difficile d’enlever du faisceau « une flèche , une autre suivra facilement et toutes « pourront échapper de même. » La gouvernante, remarquant qu’aucun des grands entrés dans l’association ne venait au conseil, se demanda alors comment éclaterait et de quel monstre accoucherait cette conspiration, qui faisait bouillonner comme en démence les nobles et tout le peuple, à l’égal d’un océan agité par la violence des vents déchaînés. Par des lettres fréquentes et presque journalières, elle ne cessa de réclamer des conseils et de l’aide contre des désordres qui menaçaient de s’aggraver encore. Le Roi cependant dissimula, soit qu’il crut ne pouvoir guérir les esprits ulcérés des nobles, soit qu’il n’attribua pas beaucoup d’importance à leur association, soit qu’il voulût surprendre quelque indice pour pouvoir juger si leur but était d’attenter à son autorité. Les missives ne servant h rien , on se décida h envoyer en Espagne quelqu’un qui put expliquer au

l'empflcher de poursuivre l'exécution do ce dessein, qui aurait d'ailleurs été annulé on 1516, lorsque Nassau revint on Belgique plus puissant que jamais. (Alphonse Wauters, Histoire des environs de Bruxelles, ti, 204.)

cxplicaret quæ tranquillitatem publicam labefactantia ac paullatim convellentia præsens exitium adesse non obscuris signis prudentissimo cuique portenderent, ac non animo tantum, sed oculis etiam objectarent. Eilegationi Armenterius maxime visus est idoneus, cum quia homini natione Hispano regis aures faciliores fore putarentur , tum quod ob diuturnum multorum in Italia annorum servitium in maximis quibusque et secretissimis Gubernatricis negotiis tractandis, uni soli cardinali esset secundus. Amandatus ergo sic munere suo functus est, ut non multis post diebus cardinalis de senatu et Bruxellis reliquendis rumorem spargi curarit, discessus sui prœtextum obtendens, matrem ætate jam'decrepitam et Xanthoneium fratrem , qui recens e Gallica legatione in Burgundiam appulerat 1 , sibi ob certa et urgentia negotiu visendos esse*.

XXVI. Gratissimum id accidit non nobilitati modo et populo cardinalis odio flagrantibus sed toti etiam Gubernatricis aulæ, et in ea Armenterio’ in primis, qui remoto Granvellano se solum in consiliis omnibus regnaturum, et arbitratu suo bénéficia et

1 Thomas de Porrenot, seigneur de Chantonnay, avait obtenu sa démission de ses fonctions d'ambassadeur en France; il fut ensuite envoyé en la même qualité en Allemagne.

* Tout co qui précède est raconté fort brièvement dans Hopperus, § xix. Dans la Correspondance de Philippe II sur les affaires des Pays-Bas, I, clxxxv, M. Gacliard a fait connaître l'ordre de départ donné par Philippe II à Granvelle. On nttribuait généralement ce changement important aux intrigues de Renard. Le cardinal, publiquement bafoué, se trouvait dans une

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