LA LIBERTÉ DE L'ÉGLISE EN AUTRICHE (I
quel point commun y a-t-il entre les deux institutions? Réponse :
Il £aut que les deux puissances cherchent ce point dans le respect des droits qui leur sont propres et dans Tobservation des devoirs communs qui leur incombent, comme cela arrive pour toutes les institutions qui, tout en étant unies de la manière la plus intime, ont des droits réels et sérieux à Tindépendance.
Le moyen d'arriver au but, c'est de bien comprendre les questions de compétence et de les résoudre correctement.
Parmi les anomalies qui, dans TEmpire d'Autriche, ont marqué les tentatives de solution dont les questions ecclésiastiques ont été l'objet depuis l'époque de l'Empereur Joseph, il fiaut compter ce £ait que l'observation rigoureuse de la compétence a été négligée aux dépens de VÉglise catholique et des confessions non catholiques (car ni la confession luthérienne ni la confession calviniste ne forment des ÉgUses), et qu'on a fiait juste le contraire de ce qu'il fallait Gsiire. L'État s'est arrogé le droit de s'immiscer dans l'exercice de l'autorité de rÉglise catholique, ce que celle-ci ne pouvait admettre; par contre, le Gouvernement s'est abstenu de toute influence sur les Églises non catholiques, tandis qu'à l'égard des confessions non cathoUques cette intervention de l'État est dans l'esprit de leur institution et, en conséquence, est attendue par elles.
Cette émancipation des réformés en Hongrie a eu les conséquences les plus funestes. A dire vrai, le Gouvernement autrichien s'est, pendant plus d'un demi-siècle, arrogé vis-à-vis de l'Église catholique des droits qu'il n'avait pas, pendant qu'il renonçait de fait à l'exercice des droits qui lui appartenaient relativement aux confessions non catholiques.
Mettemich à Viale Prela, nonce à Vienne (Lettre). Bruxelles, le 27 mai 1850.
1857. Veuillez recevoir mes sincère^ remerctments pour votre lettre du 15 mai. Aucune marque de souvenir ne pouvait me donner plus de satisfaction.
Votre lettre s'est croisée avec celle où je me suis expliqué
avec TOUS à Tégard de mes impressions sur l'aflFnire religieuse. Je suis certain que tous en aurez pris connaissance sans surprise. C'est ayec une vive satisfaction que j^ai trouve dans votre lettre la confirmation de la part active que le jeune Empereur a prise à ce qui, — vu les antécédents, — a le carac > tère d*une opération césarienne, ou du coup de sabre de Scanderbeg. Le coup est porté, et il a dû Fétre, parce que le temps considérable pendant lequel le nœud, — un nœud composé de bien misérables éléments, — aurait pu être dénoué avec moins d'éclat et par cela même d'une manière plus utile, avait été perdu.
Toute action amène une réaction ; je ne crains pas celle qui ne dispose que de Tarme du mensonge, et telles sont toutes les armes que renferme Tarsenal écroulé du libéralisme religieux et politique qui dans mon pays a été mis sous le patro* nage du joséphisme. Ce que je me permets de vous recommander. Monseigneur, c'est, dans la poursuite d'une œuvre salutaire, clairement posée aujourd'hui, de porter votre attention sur un fait que j'ai toujours tenu en vue, parce qu'il m'a semblé prêter une arme utile aux défenseurs du bon droit. Ce fait est le suivant.
La pire des conditions dans lesquelles puisse s'engager un Gouvernement et par cela même la chose publique, c'est de se trouver placé sous une législation inexécutable. Telle a été la situation faite à l'Empire par les ordonnances de l'Empereur Joseph II et la législation subséquente. Les conséquences anticanoniques du code civil n'ont point été mises à exécution, par la très-simple raison qu'elles étaient inexécutables. Cet argument me paratt avoir la valeur d'une arme puissante à la disposition du Gouvernement réformateur, dans le sens d'une réforme non-seulement juste, mais inévitable. L'argument que je regarde comme à la portée du Gouvernement Impérial ne Test pas moins à celle de tous les bons esprits; il a la valeur d'un argument ad hominem, 11 est utile à employer, comme tout ce qui a la raison pour soi, et vouloir l'impossible, c*est ne rien vouloir. Je sais bien que la faction doctrinaire ne se déclare point battue fiaicilement; il faut dès lors la forcer