METTERNICH ET LE ROI DE BAVIÈRE
peut se concevoir que reposant sur le principe de la souveraineté de ses membres et de l'égalité de leurs droits et de leurs devoirs réciproques. Toute dérogation à ces bases détruirait la Confédération. L'idée de Tunité allemande ne peut être considérée que comme une idée conditionnelle. Sous la forme d*nn corps politique , cette unité se manifeste hautement vis-à-vis de rétranger; au point de vue de sa constitution intérieure, les questions de compétence des parties dont se forme Tunité politique reprennent leur droit. Relativement à ces questions,je prends la liberté de demander à Votre Majesté un éclaircissement. Qu'est-ce que le Gouvernement bavarois entend par une représentation populaire au centre de Tautorité fédérale? Si Ton veut Tavénement d'un Parlement national allemand, il faut nécessairement que les divers États soient prêts à renoncer à leurs droits souverains et à ne reconnaître à leurs assemblées d'États particulières que des droits qui appartiennent à des assemblées provinciales, car des Parlements procédant d'une égale puissance et armés des mêmes pouvoirs ne peuvent se concevoir superposés,
« — L'idée d'une représentation du peuple allemand » , dit le Roi en m'interrompant^ « appartient à M. von der Pfordten, elle ne vient pas de moi. Vous savez combien est difficile la situation des ministres allemands; ils ne croient pas pouvoir heurter de front certaines idées qui sont le produit de l'esprit du temps. Je vois que cette idée est irréalisable, et j'espère que mon sentiment personnel sera justifié par la preuve de l'impossibilité de réaliser les idées en question.
c — Votre Majesté m'a entendu prononcer le mot de question de compétence. L'idée des compétences renferme la clef de la conservation de l'organisation fédérale.
« Je considère comme une impossibilité la création d'une représentation du peuple allemand au siège du centre de la Confédération; celte idée est bien arrêtée dans mon esprit. S'il est plus facile de concevoir dans ce centre une réunion de députés des corps représentatifs des États confédérés, il n'en est pas moins vrai que la réalisation de cette idée rencontrerait de grandes difficultés, et qu'elle ne deviendrait po&-
sible qu'à la condition de délimiter rigourensement les compétences. »
L'entretien ayec le Roi» dont j*ai indiqué ici les points principaux, m'a laissé l'impression que ce Prince ne se fiait pas illusion sur la situation du jour. Le Roi voit parfaitement clair dans le jeu de la Prusse , qui prête la main aux partis révolutionnaires. Il me parait avoir la ferme volonté d'assurer son propre salut en se ralliant étroitement à l'Autriclie.