‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 2)Chapitre 53 sur 75 · DERNIERS JOURS ET MORT DE METTERNICH · texte numérisé non relu

DERNIERS JOURS ET MORT DE METTERNICH

ni le pouvoir de firanchir, la direction des affiaûres a ëtë, soos le règne de TEmpereur François I*', entre ses mains. Dans les moments d'embarras, grands ou petits, c*était toujours à ses lumières qu'on avait recours. Néanmoins, dans les questions de politique intérieure, il devait suivre une voie toute tracée. La pensée dominante de TEmpereur était la conservation de Tancienne société chrétienne. Des innovations dans le sens des constitutions modernes disaient horreur à François I*. Plus ces formes se propageaient sur le continent, plus le Souverain cherchait le salut dans Tisolement de la Monarchie par rapport à Tétranger. A mesure que les sociétés secrètes étendirent leurs funestes ramifications dans les deux péninsules du Sud, on vit chez nous la police, véritable arme à deux tranchants, redoubler d'activité. L'air s'épaissit dans la maison hermétiquement fermée. Nombre d'esprits généreux se sentirent poussés vers les rangs de l'opposition, et comme elle ne trouvait pas de base légale dans un État absolutiste, Topposition fut révolutionnaire et passa pour telle.

La Monarchie, dont l'immobilité contrastait avec les transformations progressives de ses voisines occidentales, tomba peu h peu dans une situation qui ne pouvait se prolonger. Personne ne reconnut le péril plus tôt et mieux que le prince de Metternich. Aussi songea-t-il en temps utile aux moyens de remédier au mal. Mais il n'arriva pas à faire triompher ses vues. Après la mort de l'Empereur, on trouva dans le bureau de Sa Majesté difiFérentes propositions sur les a£Faires intérieures les plus importantes, propositions auxquelles on n'avait pas donné de sv^ite.

Le chancelier d'État était convaincu que, soutenu par la confiance et par l'autorité du Souverain, il pouvait entreprendre l'œuvre réformatrice sans risquer d'être entraîné à d'autres concessions. L'Empereur en doutait. La révolution de Juillet en France le confirma dans son opinion. A qui les événements auraient-ils donné raison? C'est ainsi que François I*' mourut sans avoir rien fait de décisif.

Sa mort ouvre une phase nouvelle dans la vie publique du prince. Il fut et il est encore fréquemment désigné comme le

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