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mellement par TÂngleterre. Par la signature du protocole de Saint-Pétersbourg (4 avril 1826), elle fut dissoute de fait. L'union de deux puissances poursuivant en commun un but manifestement contraire à l'idée fondamentale de ralliance marqua le passage à un système nouveau. — La France, qui persistait à vouloir jouer un rôle actif sur la scène politique, ne tarda pas à faire partie de cette association, et, par le traité du 6 juillet 1827, qui fut élaboré à Paris et signé à Londres, elle lui donna une forme régulière. Cette nouvelle alliance, qui reposait sur des principes diamétralement opposés à ceux qui avaient inspiré Talliance primitive, vit le jour sous le nom de triple alliance.
Formée en vue d'un but commun en apparence, elle fut, dès l'origine et pendant les jours néfastes qu'elle a vécu, un vaste chaos d'éléments incompatibles ; car chacune des puissances qui faisaient partie de l'association était guidée par des vues personnelles et poursuivait une voie particulière.
L'Angleterre, qui doit être nommée en première ligne comme étant la cause première du mal, l'Angleterre, qui était poussée par la crainte exagérée, alors dénuée peut-être encore de fondement, qu'elle avait de voir le nouvel Empereur de Russie se livrer à des entreprises particulières, résolut, pour conjurer le danger, d'envoyer le duc de Wellington à Saint- Pétersbourg. Il est incontestable que le duc, en se chargeant de cette mission, avait les meilleures intentions du monde : H Donnez à votre Cour l'assurance que tous mes efforts* tendront à la servir » , telles furent les paroles qu'il adressa à renvoyé de Votre Majesté, à l'époque de son arrivée à Saint- Pétersbourg. Mais, si louables que pussent être ses projets, les erreurs et les fautes auxquelles il se laissa entraîner furent regrettables au dernier point. La faiblesse de jugement et l'inexpérience diplomatique de cet homme d'ailleurs si honorable, ces défauts que nous connaissons depuis si longtemps furent certainement la cause principale d'une résolution qu'on ne saurait expliquer autrement; cependant d'autres circonstances encore aidèrent à la provoquer. L'ancienne alliance s'était survécu à elle-même en Angleterre. La nation, excitée
par les vaines déclamations des démagogues et par des folliculaires sans retenue, la regardait d'un œil antipathique, comme un lien qui menaçait son indépendance, et Tesprit tortueux de Canning avait fait dégénérer cette antipathie en opposition déclarée. Faute de perspicacité politique, le duc de Wellington ne sut pas voir que, dans les États du continent, les idées étaient tout autres. Sans doute, même dans ces pays, Talliance aivait à lutter contre de nombreux adversaires ; mais elle n'y manquait pas d'appuis puissants. Elle n'était attaquée partout, soit dans Tombre, soit au grand jour, que par les partis libé* raux. Les Souverains de la Russie et de la France lui étaient demeurés fidèles. A Vienne et à Berlin, elle était restée à peu près aussi étroite que dans lejs premiers temps. Le duc de Wellington la croyait détruite ; aussi rien ne lui paraissait-il plus salutaire et plus pressant que de mettre un frein diplomatique à la puissance qui, du reste, par suite de sa position géographique et militaire, était le plus portée à vouloir échapper à toute contrainte. Il se flattait d'entraver la liberté des mouvements de la Russie grâce à l'influence de l'Angleterre, et il s'aperçut trop tard qu'il avait préparé des chaînes pesantes à l'Angleterre à l'avantage exclusif de la Russie.
Cette première foute fut la source funeste de tous les événements qui, depuis deux ans, ont conduit l'Empire ottoman à deux doigts de sa perte. La conclusion de la paix d'Andrinople marque la fin de la triple alliance. Il est à croire, à la vérité, que du côté de la Russie on ne sera pas éloigné d'en différer encore la dissolution formelle ; mais c'est là un jeu qui ne peut durer longtemps. En Angleterre, ce produit d'une politique absurde et antinationale n'a jamais pu obtenir la moindre popularité, et, après l'issue de la guerre, si regrettable pour les véritables intérêts de ce Royaume, s\ humiliante pour l'honneur national de l'Angleterre, il ne sera plus possible de garder même l'apparence d'une union qui n'a pas valu un seul avantage à la Grande-Bretagne, et qui a été si riche en résultats défovorables. Même en Russie, où n'a jamais existé une prédilection sincère pour cette alliance, et où elle était regardée uniquement comme un moyen transitoire destiné à fociliter
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la réalisation de certaines vues dont le Cabinet lui-même semble ne pas s'être bien rendu compte, il n'y aura plus dorénavant aucun intérêt politique majeur qui en réclame la continuation. Enfm la France s'estimera heureuse, aussi longtemps du moins que le ministère actuel aura assez de force pour faire prévaloir ses principes et ses opinions, de se retirer d'une association qui ne faisait qu'offrir aux plus dangereux ennemis de la Monarchie des instruments dociles pour Texécution des plans les plus funestes.
Votre Majesté n'est pas entrée dans cette alliance néfaste. Le Roi de Prusse en a fait autant. Il y avait toutefois une différence capitale dans la situation des deux Cours. Nous nous sommes prononcés avec autant de franchise que d'énergie contre le principe sur lequel reposait la triple alliance, — si toutefois ce qui était en contradiction avec tous les principes vivais et raisonnables méritait d'être appelé de ce nom ; — sans condamner positivement ce principe, la Prusse a déclaré qu'elle ne pourrait accéder au traité de Londres sans qu'il y eût entente parfaite entre les cinq Cours. Par conséquent, l'Autriche seule est restée strictement fidèle à l'ancienne alliance. Toute puissance qui serait portée à revenir à l'idée primitive de cette alliance et au système auquel elle a servi de base, est donc obligée de se ranger du côté de l'Autriche. Cela ne manquera pas d'arriver tôt ou tard, c'est ce qui ressort de la nature des choses et des besoins du moment actuel, besoins que l'on ne saurait méconnaître.
Le premier principe de la quintuple alliance était le main* tien de toutes les institutions existant légalement; ce n'est qu'à cette condition que la paix générale est possible, et si en temps ordinaire on n'a pas besoin d'un accord formel pour établir l'autorité de ce principe, il faut, dans des conjonctures extraordinaires, recourir à des moyens exceptionnels. L'époque où nous vivons n'est pas une époque ordinaire. L'Europe est désolée par une peste morale : la conservation de la santé publique commande à ceux qui sont chargés de ce soin, le plus important de tous, de prendre des mesures qui, dans une situation normale, sont bien moins nécessaires. Si l'on veut que des
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mesures de ce genre produisent leur effet, il feiut qu'elles soient prises par plusieurs Etats agissant de concert ; des alliances entre les Gouvernements en sont la condition indispensable. La formule d'une pareille union ne s'est pas perdue pour TEurope, seulement des perturbations violentes Tout rendue méconnaissable dans la réalité. Le moment où elle renaîtra n'est peut-être pas loin. Les éléments primitifs de cette alliance existent à Tétat permanent ; la première impulsion énergique, de quelque côté qu'elle vienne, pourra les animer, et l'Europe pourra jouir de ses bienfoits quand même, sous sa forme nouvelle, on ne se vanterait pas hautement de son existence.
Il ne peut pas entrer dans mes vues de parler de la politique étrangère, dans le rapport que j'ai l'honneur de soumettre k Votre Majesté, plus longuement qu'il ne le fallait pour &ire ressortir l'influence qu'elle exerce sur les intérêts intérieurs de la Monarchie et l'étroite liaison qui existe entre ces intérêts et la situation du grand corps politique européen, liaison qui, dans un temps aussi agité que le nôtre, est plus frappante que jamais.
Mais nous sommes obligés de constater, à notre grand regret, et la conscience de la vérité nous &it an devoir de reconnaître, que toute la question d'Orient n'aurait jamais été sérieusement mise en avant ou du moins qu'elle n'aurait pas abouti à d'aussi tristes résultats, si l'Autriche avait été organisée autrement qu'elle ne l'a été depuis les grandes réductions des treize dernières années. L'Autriche, qui, par sa position géographique, est le vrai centre de gravité dans le système politique de l'Europe, ne peut pas avoir l'air de déserter le poste qui lui est assigné sans exposer l'édifice tout entier à des commotions redoutables, et l'idée que nos forces étaient épuisées, tout en étant moins fondée sur la réalité que sur un préjugé général, ne s'est certainement pas répandue sans exercer la plus iiàcheuse influence sur le cours des événements qui se sont accomplis pendant les huit dernières années.
Autant je regarde comme un devoir de proclamer cette vérité, autant je suis éloigné pourtant de chercher dans cet état de choses la cause unique de si grands maux. L'agitation