L'AUTKICHE APRÈS LA PAIX D'ANDRINOPLE U
générale des esprits, dans un ordre d'idées qui n'est rien moins que favorable à la paix extérieure et intérieure, a été et est une cause permanente des perturbations les plus dangereuses. En outre, les complications qui se sont produites en Orient ont été amenées par les progrès naturels de la puissance russe et par les fautes énormes qui ont été commises par les puissances alliées avec la Russie. Mais jamais ce pays ne se serait engagé si fiacilement dans une entreprise dont la portée était diflBcile à déterminer, sUl avait cru devoir compter plus sérieusement avec r Autriche.
La paix d'Andrinople doit être considérée comme un point d'arrêt momentané. D'un côté, elle bouleverse unefoule de projets funestes, conçus sous Tempire de la passion par la politique révolutionnaire; de l'autre côté, elle prouve la nécessité d'une réorganisation politique. Il faut que nous prenions notre place dans ce monde nouveau ; l'incontestable force des choses nous montrera celle qu'il nous JEaudra choisir. Il faut toutefois que Votre Majesté possède les moyens de la maintenir pour Je salut de la Monarchie comme pour le bien commun de l'Europe.
Pour cela, deux conditions inséparables sont nécessaires tout d'abord : la situation /inancîêre et la situation militaire de la Monarchie. La sagesse de Votre Majesté, la manière à la fois discrète et ferme dont Elle a amélioré ces deux branches de l'administration, les plus importantes de toutes, nous a heureusement rapprochés du but dans le cours des dernières années, plus qu'on n'aurait pu même le soupçonner à l'étranger, vu la connaissance imparfaite qu'on avait de notre organisation intérieure et les nombreuses erreurs qu'on avait répandues à dessein sur ce point. Toutefois, pour satisfeire aux obligations que Votre Majesté a à remplir envers son propre Empire, et, — je puis l'ajouter sans crainte, — pour justifier les espérances que tous les gens bien pensants du reste de l'Europe fondent sur l'Autriche, il est nécessaire d'entrer dans des voies qui permettent d'asseoir sur une base sûre la grande œuvre qui est encore réservée au règne fécond de Votre Majesté, l'œuvre de la conservation*
Que Votre Majesté daigne examiner les vues que je vais avoir rhonneur de lui soumettre respectueusement.
La situation financière- de la Monarchie s*est sensiblement améliorée par suite de l'application constante et régulière du système adopté en 1817. Cependant il reste encore à compléter bien des mesures dérivant du système lui-même, qui peut-être n'ont pas été appliquées avec assez de suite ; en outre, ainsi que cela se produit constamment dans des entreprises pratiques, la mise à exécution du système a fait surgir des idées nouvelles que l'administration publique doit comprendre et réaliser avec intelligence. L'examen détaillé des questions financières est tellement en dehors des limites du rapport que j'ai rhonneur de soumettre à Votre Majesté, que je dois me borner aux propositions générales qui suivent.
P Les mesures appliquées jusqu'à ce jour ont mis nos finances dans une situation telle qu'on peut s'en promettre, en fin de compte, des résultats fevorables. ■ 2* Pour arriver à un état définitif, il lEaut du temps et du repos.
3"" Un repos durable n'est guère possible dans l'état actuel des affaires de l'Europe et dans la disposition où les esprits sont dans ce moment, à moins que TÂutriche, en sa qualité de grande puissance centrale, ne s'organise matériellement de manière à pouvoir commander le repos en cas de besoin.
4* Le système de réduction de l'armée qui a été suivi de 1817 à 1828 n'est, par conséquent, pas applicable à un avenir prochain, même en ayant égard à la prospérité financière de l'État.
Dans le cours de l'année qui vient de s'écouler, l'armée a été considérablement renforcée. Gomme cette augmentation a grossi les ressources qui existaient déjà, et qui étaient plus considérables que ne le croyait l'opinion publique, il en résulte qu'au point de vue matériel bien des lacunes qu'on pouvait constater au commencement de l'année dernière sont aujourd'hui comblées, et que, par conséquent, il nes'agitpasde créer, mais seulement de conserver. Parmi les besoins qui ne sont pas encore satisfeits,je crois pouvoiv compter particulièrement