ENTENTE DE METTERNICH AVEC LA PRUSSE DANS LA POLITIQUE ORIENTALE
730. Metternich an baron de Werner, à Berlin (Dépêche), Vienne, le 23 octobre 1824.
730. Je profile du retour d'un courrier prussien pour vous faire passer les présentes dépêches.
Le moment est d'une haute et grave importance ; il suffit de jeter un regard sommaire sur la position des choses dans les différentes parties de l'Europe pour ne point admettre un doute sur cette vérité.
Un nouveau règne vient de commencer en France. Cet événement, qui, il n'y a que peu d'années, eût sans aucun doute porté un caractère tout autre que celui qu'il a dans le moment actuel, n'en est pas moins digne des regards des puissances.
L'Angleterre, qui, depuis le ministère de M. Ganning, s'est égarée dans les voies d'un libéralisme faux et dangereux, nous donne quelque espoir d'un retour vers des principes plus sains.
L'Espagne est perdue dans la fange du désordre moral et matériel. Ce qui n'offre aucune base au jugement des hommes placés sur les lieux mêmes, peut bien moins encore être jugé à distance avec quelque apparence de solidité.
L'afiaire du Levant a atteint un premier terme. Des pourparlers sur le règlement de son second terme vont être ouverts à Saint-Pétersbourg. La conservation de la paix politique dépendra de la solution des questions qui se trouveront soumises à l'entente entre les Cours. Heureusement l'Europe offre dans son centre un accord que rien n'a pu troubler jusqu'à cette heure entre les mêmes Cours, sous l'égide desquelles la reconstruction politique et sociale du continent s'est opérée. Cet accord a résisté aux attaques que l'erreur, l'esprit de parti et parfois les vues d'une fausse politique ont dirigées contre lui. La paix de l'Europe et le salut du corps social ne seront