ENTENTE DE METTERNICH AVEC LA PRUSSE
point troubles d^une manière irrémddiable aussi longtemps que cet accord subsistera. Pénétrés de cette vérité, nos soins de tous les jours tendent à le cimenter, et c'est en se tenant présent le but, que je désire que le Cabinet prussien veuille bien prendre en mûre considération les communications confidentielles que vous recevez aujourd'hui Tordre de lui faire. Vous trouverez dans l'annexe un travail que j'ai adressé à M. le prince Esterhazy et à M. le baron de Vincent sur les afiaires du Levant*. Ce travail renferme notre point de vue tout entier sur le choix des bases pour la seconde période de l'affaire. Je prie le Cabinet prussien de méditer profondément ce travail et de s'assurer par lui-même si les points de vue sur lesquels il repose sont de nature à répondre à sa propre conscience. Vous pourrez lui donner l'assurance qu'il est le résultat de la connaissance étendue que nous avons des positions tant en Russie qu'en d'autres lieux.
Nous pouvons nous tromper, mais du moins nous sommes de bonne foi, et nous ne nous doutons en aucune manière de notre erreur. Tout Cabinet, comme tout homme placé dans une pareille situation d'esprit et de conscience, doit attendre, doit désirer même que ceux auxquels il essaye de (aire partager son opinion Téclairent et lui démontrent qu'il se trompe là où il croit ne se mouvoir que sur la ligne de la vérité et du bon droit. Si le Cabinet prussien partage notre point de vue. dans son ensemble et dans ses parties, qu'alors il veuille bien donner à son représentant à Saint-Pétersbourg l'ordre de s'expliquer dans un sens conforme à celui qui servira de guide à notre envoyé en Russie dès la reprise des conférences relatives à la pacification de la Grèce.
Vous trouverez dans l'annexe II une dépêche réservée destinée uniquement à être lue à M. Canning**. Elle a été rédigée dans le but direct d'éclairer l'esprit du Cabinet britannique et de le prémunir contre toute fausse interprétation de notre
* Voir m Sar U pacification de la Grèce * (Dépèche), 17 octobre 1824 (no 728). (Note de C Éditeur.)
** Voir la dépêche réservée à Esterhazy, du 17 octobre 1824 (n« 729).
(Note de tÉditeur.)
142 RECUEIL DE DOCUMENTS (18S9-18t9).
politique. L'Angleterre est appelée k jouer un rôle si décisif dans Tafeire, que c'est vers elle que doivent se diriger des soins tout particuliers. Je demande au Cabinet prussien le secret le plus entier sur la communication confidentielle que je lui bis de cette dépêche. Il n'est pas toujours possible de dire haut toute la vérité ; il est parfois indispensable de ne pas la cacher en certains lieux. C'est en suivant cet axiome que j'ai agi dans la présente occurrence.
Je n'ai rien à apprendre au Cabinet de Berlin sur la position des choses en Turquie. Les rapports du baron de Miltiti le tiennent par£adtement an courant de la vérité.
Les rapports que j'ai reçus de Paris depuis l'arrivée de M. le comte de Zichy présentent un ensemble d'idées que j'ai cru pouvoir concentrer dans le court exposé ci*joint*. Je ne doute pas que la vérité tout entière ne soit là. Je vous prie de montrer la pièce à M. Âncillon. Nulle action n'est réclamée de notre part là où la sagesse et une confiance justifiée ne permettent aux Cours qu'une attitude expectante.
Le protocole de la conférence du 12 octobre sur la position des choses en Espagne aura été envoyé de Paris à Berlin tout comme il nous est parvenu. Nous approuvons en entier le jugement et les décisions de la conférence.
Veuillez, Monsieur le baron, demander au Cabinet prussien de nous mettre dans un bref délai au fait de l'opinion qu'il portera sur les différentes affaires dont traite la présente dépêche. Elle nous sera d'une haute valeur pour nous confirmer dans celle que nous avons formée déjà.
* Voir m la France sous Charles X » (a« 731). (Note de VEditeur.)