‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 48 sur 123 · IT. HP · texte numérisé non relu

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sembleraient devoir déterminer la Russie à fixer son atienlion sur le projet dont il s'agit. A moins que cetle puissance, — ce que rien ne nous permet de supposer, — ne préfère abandonner au sort des armes une affaire dans laquelle remploi de la force serait sans objet définissable, sans terme connu, impossible à justifier, et, — telles que les choses sont placées, — presque impossible à concevoir, il est certain que la marche proposée par lord Strangford lui offrirait un moyen honorable, soit d'obtenir ce qu'elle désire et ce que nous désirerions avec elle, soit de sortir d'une complication qui ne pourra jamais la conduire qu'à des résultats désastreux. La voix publique en Russie se plaint surtout de ce que le Gouvernement ait perdu son influence, non-seulement en Grèce (ce qui serait la faute des événements et non la sienne) , mais aussi près de la Porte. L'arrivée d'un ministre de Russie à Gonstantinople, qui est une des conditions fondamentales du projet en question, démentirait bientôt ces plaintes. Il est impossible que ce ministre n'y soit pas traité avec tout le respect, écouté avec toute la déférence que lui assurerait, sinon le bon sens des ministres du Sultan , au moins la crainte d^une seconde rupture. Quand même il ne réussirait pas dans les démarches qu'il ferait en commun avec les ministres des Cours alliées, pour hâter la pacification de la Grèce, l'honneur de la Russie n'en serait nullement compromis ; il n'y a que les esprits faux ou les conseillers perfides qui prêchent l'opinion contraire. La Russie, après tout, conserverait son attitude présente. Si elle voulait, si elle pouvait vouloir la guerre, la guerre ne lui échapperait pas. Elle n'aurait rien à perdre et beaucoup à gagner à une tentative dont elle partagerait les chances avec ses alliés.

Nous sommes persuadés, — et ceux qui ont bien connu l'Empereur Alexandre le seront avec nous, — que ce Monarque n'aurait pas repoussé un projet remplissant au moins ce qu'il envisageait lui-même comme les premières conditions du succès d'une négociation avec la Porte. Cette persuasion suffit poumons faire espérer que son auguste successeur ne dédaignera pas de s'en occuper.

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