‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 62 sur 123 · RÉPONSE DE L'AUTRICHE RELATIVE A LA PORTE · texte numérisé non relu

RÉPONSE DE L'AUTRICHE RELATIVE A LA PORTE

aussi confiantes avec une entière sincérité, ne peut se dispenser de relever dans les communications des deux Cours quelques points qui ne s'accordent pas avec ses sentiments, et sur lesquels Elle va s'expliquer avec la bonne foi et la franchise inséparables de sa marche politique.

Ces points se rapportent à Temploi de mesures coercitives, dont Tobjet serait de forcer le Grand Seig^neur :

A renoncer à sa souveraineté sur les Grecs sujets de son Empire , et à la remplacer par un état de suzeraineté ;

A admettre la médiation des puissances dans une contestation entre lui et ses sujets révoltés.

L'Empereur, en effet, ne saurait s'attribuer, dans ces deux cas, ni le dioit d'employer de pareilles mesures, ni même celui d'en menacer la Porte.

Dans cette position , Sa Majesté Impériale , animée du plus vif désir de concourir, par tous les moyens dont Elle croit pouvoir disposer, à un résultat sur l'importance duquel Elle partage entièrement et cordialement l'opinion de ses augustes alliés, et considérant la poursuite de ces moyens comme l'objet de ses méditations constantes et sérieuses , n'hésite pas à déclarer :

!• Qu'EUe met au nombre de ses premiers devoirs, ainsi que de ses premiers intérêts, les soins à vouer à l'aplanissement le plus prompt et le plus satisfaisant possible des relations hostiles entre la Porte et ceux de ses sujets qui persistent dans leur insurrection ;

2^ Que Sa Majesté, pénétrée, ainsi qu'Elle l'a été dès le commencement de cette insurrection , des embarras , des vexations et des dangers innombrables auxquels la prolongation indéfinie d'un tel état de choses, dans un temps aussi agité que le nôtre, devait nécessairement exposer tous les États, et dont l'Empire , voisin du théâtre de ces troubles , doit particulièrement ressentir le contre-coup , se regarde comme pleinement autorisée à employer les moyens les plus efficaces, tant envers la Porte qu'eqvers les insurgés, pour conduire au terme le plus rapproché cette lutte déplorable;

3* Que, d'après la conviction intime de Sa Majesté , et telle

aari RECUEIL DE DOCUMENTS (1823-18S9J.

qu*EIle Ta professée de tout temps, le yrai moyeD d^anÎTerà ce but , également d'accord avec les intérêts réels de la Porte et avec le bien-être du peuple insurgé , devra se trouTcr dans runiformilé des Tues qui servent de guide aux Cours alliées dans cette affaire, et dans un concert parfaitement constaté de leurs démarches; que, par conséquent. Sa Majesté Impériale s'empressera toujours de prêter la main à toute réunion pareille , à moins d'y rencontrer des obstacles insurmontables.

Conformément à ces dispositions invariables. Sa Majesté Impériale a chargé le soussigné de répondre aux communications susdites :

1* Qu'Elle est prête à joindre ses efforts à ceux des quatre Cours alliées y dans les formes et dans les limites qui seront jugées les plus convenables, et que Ton voudra bien lui faire connaître plus spécialement , pourvu que les objections relatives aux questions de droit dont il est fait mention plus haut puissent être écartées ;

2" Que, dans le cas où le concert si vivement désiré ne pourrait point s'établir sur cette base. Sa Majesté Impériale, en se tenant sur une ligne indépendante, ne concourra pas moins de toutes ses facultés au même but que se proposent ses augustes Alliés, et regardera comme une obligation sacrée de coopérer de son côté sincèrement et avec un zèle infieitigable au succès des propositions pacifiques qu^ils adresseront à la Porte.

Le soussigné saisit, etc., etc.

Metternicli à Bombelles, à SaiDt>Péter»bonrg (£. D.), Vienne, le 24 décembre 1826.

839. Au moment où la dernière communication simultanée m'a été faite par M. de Tatistscheff et par M. Henry Wellesley, j'ai cru devoir présenter à l'Empereur, dans un cadre resserré, les réflexions auxquelles d'aussi singulières pièces diplomatiques ont dû prêter. Vous trouverez consigné ci'Contre mon travail.

Vous remarquerez qu^il ne porte que sur le texte des actes

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