SITDATION POLITIQUE DE L'EUROPE
toute chose a commencé. Quelles que puissent être les déterminations qu'aura prises la Cour de Russie, rien ne saurait être changé à ce fait. Si ces déterminations sont conformes à DOS vœux, ce que le Cabinet anglais a fomenté, créé et entrepris depuis Tavénement de son chef se trouvera gêné dans son développement. Si elles devaient ne point porter ce caractère, M. Ganning se sentira affaissé sous le poids de ses tristes succès. Le patron d'un navire portant un pavillon régulier peut se livrer à des spéculations et à des entreprises hasardées et réprouvées par les lois de la prudence et même par celles de la justice ; mais il ne peut pas, sans le consentement et le concours de tout Téquipage, se livrer au métier de flibustier.
Les dangers du moment se trouvent ainsi concentrés dans le dilemme assurément bien triste, mais impossible encore à résoudre, d'une évaluation du mal qui se fera avant le retour que devra faire la Grande-Bretagne sur des errements insoutenables, et de celui qui n'aura plus le temps de se développer ou de se consommer.
Malheureusement, deux Gouvernements contribuent aujourd'hui directement à aggraver les dangers. L'un, c'est celui de la France ; l'autre, c'est le Gouvernement espagnol; l'un comme l'autre manquent de sagesse, de force et de prévoyance. Entre deux le dernier est le plus fort, car il est la partie qui attaque.
J'ignore si beaucoup de juges des affaires publiques seraient prêts à juger comme moi ; mais cet arrêt est tellement conforme à mon sentiment intérieur, que je n'hésite pas à le prononcer pour ma part.
Les deux Gouvernements sont placés sous l'influence de la peur; mais ce sentiment admet aussi des nuances; il est une peur qui conduit à des capitulations sans nombre ; il en est une autre qui roidit les hommes. La première est celle des ministres français; la seconde appartient à l'Espagne.
Dans cette position des choses, notre attitude est expectative sans être impassible. Le jour où nous verrons clair, nous saurons agir.
35S RBCUBIL DE DOCUMENTS (18S3M829).
RAPPROCHEMENT ENTRE LA RUSSIE ET l'aUTRIGHE. 854. Mettamicli à Esterhazy (dépèche cliiffrée), Vienne, le 14 février 1827.
854. La Cour de Russie est en train de se rapprodier de nous. Vous en aurez des preuves par les instructions que M. de Lieven doit avoir reçues. Alliance , uniformité de vues et de marche dans les affaires du Portugal , de TEspagne, de ritalie, etc., tout cela est à Tordre du jour. On voudrait nous feire entrer dans le traite qui, d'après la proposition de h France, devrait remplacer le protocole du 4 avril*; si ceTcen de TEmpereur Nicolas ne pouvait être atteint, il désire pour le moins nous le voir soutenir. Notre décision ne différera pas de Tesprit de notre réponse du 22 décembre à la derm^ communication anglo-russe (n* 838). Nous ne violerons jamais ce qui pour nous a la valeur de principes.
On croit à Pétersbourg que l'Angleterre ne voudra pas de la forme d'un traité. Dès lors, on se regarderait comme dégagé du protocole. Nous trouvons des risques dans ce jeu, et nous ne lui ferons pas le sacrifice de notre attitude, qui est très-forte parce qu'elle est très-correcte
Le fin mot des rapports entre la Russie et l'Angleterre se trouve dans la peur que s^inspirent réciproquement les deux parties.
Continuez à vous tenir sur un pied amical avec M. Canning, et cultivez également vos relations avec M. de Lieven.
J'aurai soin de vous fournir tout l'appui nécessaire dans la négociation sur l'afibire grecque. Vous en aurez incessamment la preuve. En attendant, ayez l'air de tout ignorer, et mettez ce temps à profit pour vous orienter sur l'effet que les communications de Pétersbourg feront sur M. Ganning.
* Voir la note de la pa|;e 283. (Note de C Éditeur.)
INSTRUCTIONS d'eSTERHAZY POUR LES GONPÉHENCES DE LONDRES.
855. Metternich à Esterhazy (E.D.), Vienne, le 26 mars 1827. — 850. Instructions pour Esterhavy, Vienne, le 25 mars 1827. — 857. Metternich à Esterhazy (E. D. rés.), Vienne, le 26 mars 1827.
855. La Cour de Russie nous a invités à vous envoyer, mon prince, les instructions elles facultés nécessaires, afin que Votre Altesse puisse concourir à rétablissement d'une entente entre les cinq Cours sur Tobjet de la pacification des contrées encore insurgées de la Turquie européenne. L'Empereur, loin d'avoir rien à objecter à ce vœu, le trouve tellement conforme aux intentions qui n'ont cessé de l'animer depuis l'origine des embarras qui, par suite des troubles du Levant, continuent à peser sur l'Europe, que Sa Majesté Impériale croit ne pouvoir mettre assez d'empressement à y satisfaire.
Par suite de cette détermination, vous trouverez, mon prince, dans l'annexe (n*»856), les instructions que d'ordre de l'Empereur j'ai Thonneur de vous adresser.
Leur contenu est clair, et il embrasse toutes les parties de l'affaire
Vous aurez soin de prévenir M. Canning, et de même MM. les représentants de Russie, de France et de Prusse, des directions que nous vous adressons. Votre Altesse est, de plus, autorisée à leur donner confidentiellement connaissance du texte même de ses instructions
Du moment ovi l'accord que nous désirons sera établi entre les représentants des Cours, Votre Altesse peut se considérer comme autorisée à prendr e part aux délibérations dans les formes arrêtées en commun, de même qu'à constater par votre signature, mon prince, la participation de votre Cour à la conclusion de l'acte auquel aboutiraient les efforts communs.
Votre Altesse n'ignore pas la persuasion où nous avons été de tout temps, que ce serait uniquement à une uniformité clairement constatée des vues et de l'action des cinq Cours
que se trouverait attaché le succès d'une entreprise que leurs vœux communs doivent appeler. Vous n'aurez donc pas lieu d'être surpris, mon prince, de l'empressement que met Sa Majesté Impériale à concourir à la recherche des moyens qui pourraient assurer un résultat aussi favorable *.
Instructions pour Esterhazy. Vienne, le 25 mars 1827.
856. La Cour de Russie nous ayant invités à^ concourir à l'établissement d'un centre d'entente entre les cinq puissances, et à expédier à cet effet nos instructions à Londres, l'Empereur notre auguste Mattre, toujours disposé à s'associer à ses augustes alliés dans la recherche des moyens de roettre un terme aux troubles et aux calamités qui pèsent encore sur une partie de la Turquie européenne, nous a ordonné, mon prince, de vous munir, sans perte de temps, des instructions nécessaires pour vous mettre en mesure de prendre part aux déhbérations auxquelles vous seriez appelé dans la capitale du pays où vous résidez.
Nos directions se lieront à celles que vous avez successivement reçues dans le cours des six dernières années. Vous êtes au fait des négociations et des pourparlers qui ont eu lieu entre les Cabinets au sujet de la pacification dans le Levant. Vous connaissez en particulier les réponses que nous avons adressées aux dernières communications simultanées de l'Angleterre et de la Russie, et de même l'instruction du 30 décembre de l'année passée à M. l'internonce. Notre tâche pourra ainsi se borner à vous instruire des déterminations de notre auguste
* Gentz écrivait alors (le il mars 1827) à MelternicK x « Le Cabinet russe a présenté un projet de convention; le Cabinet français^ un second; TAngle» terre (comme représentant les Grecs), nn troisième. Peut-être serait-ce un trait de grande habileté si l'Autriche arrivait avec un tfuatriême projeL Pi*avons-nou8 pas les mêmes droits que les autres? Sans doute la confusion ne ferait qu'augmenter; mais, en vérité, notre intérêt n'est pas de jeter plus de lumière sur une affaire si foncièrement mauvaise. Plus les ténèbres seront épaisses, plus tôt les médiateurs sans mission se briseront la tête. ■
(Note de CÈditeur.)
^Maître, provoquées par la nouvelle demande que nous a adressée le Cabinet de Russie.
L'affaire, envisagée dans cette phase nouvelle, doit être prise en considération sous deux points de vue :
1* Sous celui du but d'une entente entre les cinq Cours ;
2* Sous celui des moyens les plus naturels et, par cela inéme, les mieux calculés pour arriver non-seulement à rétablissement d'un accord entre les cinq Cours, mais à rendre cet accord utile et efficace dans l'intérêt de la pacification.
Nous admettons sans difficulté que, dans ce qui constitue le premier aspect, les vœux et les vues fondamentales des cinq Cours n'offrent pas une différence essentielle.
Quant au fond de la pensée de l'Empereur relativement au but de l'entente, je n'ai plus rien à vous apprendre. Vous savez, mon prince, que la pacification réelle du Levant a de tout temps formé un des objets de sa vive sollicitude. Je me sens tout aussi peu le besoin d'entrer ici dans de nouveaux développements des raisons qui influent sur les vœux comme sur les calculs de notre auguste Maître.
Indépendamment des considérations relatives aux intérêts administratifs ou commerciaux de son propre Empire, rien de ce qui concerne l'intérêt général, rien de ce qui tient au bien de l'humanité, ne saurait rester étranger à la pensée de Sa Majesté Impériale.
D'un autre côté, comment se dissimuler les inconvénients ^praves et nombreux et les dangers positifs attachés à la durée de troubles qui forment une pierre d'achoppement entre les premières puissances? Les effets journaliers d'un état de choses où les artisans du désordre savent puiser des moyens aussi abondants pour déverser d'odieuses calomnies sur les premiers supports de l'ordre social, ainsi que pour entretenir et exalter des espérances coupables, sont tellement évidents, que ce qui, dans d'autres circonstances, pourrait n'avoir que la valeur d'un vœu, a aujourd'hui pour l'Empereur toute la force d'un sentiment de nécessité. Aussi n'existe-t^il point dans ce moment une complication politique dont la fin soit plus ardemment désirée par notre auguste Maftre.
366 BECUEIL DE DOCUMENTS (1823-1839).
Comme preuve de cette vërité, il pourra nous suffire de vous renvoyer au texte de nos instructions susmentionnées à Tintemonce, et aux développements que, sur le même sujets ce ministre a été chargé de faire valoir, le cas échéant, en?er$ le Divan lui-même. Il nous est donc permis de regarder cet objet comme coulé à fond, tant envers les Cours alliées quen. vers nos propres agents.
En abordant le second point, il nous semble avant tout important de placer dans une juste évidence les difficultés qai se sont imposées jusqu^à cette heure à rétablissement d'un accord entre les cinq Cours.
Si, durant la première période de l'affaire, rAnglelerre ne se tint pas entièrement à Técart de toute participation aux pourparlers qui eurent lieu entre les Cabinets alliés, du moins s'en retira-t-elle au moment même de l'ouverture des conférences à Saint-Pétersbourg, et, à partir de cet instant, elle refusa son concours tant à ces conférences qu'aux démarches qui y furent concertées.
Au commencement de l'année dernière, les positions relatives des puissances éprouvèrent un changemeut complet. Les Cours de Russie et d'Angleterre entrèrent en négociation séparée. Le protocole du 23 mars (4 avril) en fut le résultat.
Dans les délibérations entre les années 1822 et 1825, les quatre Cours intervenantes aux conférences s'étaient maintenues sur une base de principes commune.
Le protocole du 4 avril établit des bases différentes.
A la suite de la communication que les deux Cours signataires du protocole firent de cet acte aux trois autres Cours continentales, la France se déclara d'accord avec les termes dç la transaction anglo-russe.
La Prusse se déclara prête à souscrire à ces mêmes termes, sous la réserve de l'unanimité entre les cinq Cours.
L'Autriche déclara ne pas pouvoir admettre, de son côte, les points de départ du protocole. Nous ne nous engageâmes pas moins à appuyer par tous les inoyens en notre pouvoir, auprès de la Porte, la nécessité de la pacification.
Tout récemment, le Cabinet français a proposé la traos-
formation du protocole en un traité entre les cinq Cours. Le Cabinet russe accepta cette proposition.
Sans en être instruits officiellement, nous avons tout lieu d'admettre qu'une déclaration conforme est émanée du Cabinet britannique.
Celui de Berlin se maintient sur la ligne de sa déclaration antérieure.
Notre déclaration relative au premier acte anglo-russe a dû servir tout naturellement de réponse à la nouvelle proposition.
D'après des notions qui récemment nous sont venues de Saint-Pétersbourg, nous avons été informés que le Cabinet finançais a communiqué à celui de Russie un projet de rédaction pour le traité en question, mais que ce dernier a déclaré ne pas pouvoir l'admettre.
Vos rapports du 1*' mars nous ont cependant informés que la Cour de Londres aurait non-seulement accepté la proposition de convertir en un traité le protocole du 4 avril, mais qu'elle se serait également déclarée prête à signer avec la France et la Russie le texte conçu à Paris.
Nous ne connaissons pas le projet français ; il est ainsi placé faors de la sphère de notre jugement, et nous ne sommes pas informés jusqu'à cette heure que la Cour de Prusse se trouve plus avancée que nous dans la connaissance de ce même projet.
Dans Fentre-temps, M. l'ambassadeur d'Angleterre à Constantinople a remis au reis-effendi, peu de jours avant l'arrivée de M. de Ribeau pierre, et secondé par M. de Minciaky, une note formelle, explicitement fondée sur la base du protocole. Depuis son arrivée à son poste, M. de Ribeau pierre a fait une première démarche, mais isolée, bien que dirigée dans le même sens.
Telle est la position historique des choses, et c'est au moment où elles sont placées ainsi, que nous sommes appelés à la tâche peu facile de vous transmettre des instructions.
Pour leur donner une base fondée sur les antécédents, nous n'avons à prendre pour guides que les principes immuables de l'Empereur et \es faits.
Les premiers se trouvent exprimés avec tant de précision dans les travaux émanés de notre Cabinet depuis six ans, et en particulier dans ceux qui, depuis le commencement de la présente année, ont été portés à votre connaissance, que nou> ne pourrions que nous répéter en essayant de vous développer de nouveau les points sur lesquels se fonde la divergence que nous reconnaissons exister entre les termes du protocole du A avril et nos points de départ.
Ramenée à ses termes les plus simples, cette divergence est fieicile à saisir dans Talternative suivante :
Démontrer au Sultan la nécessité qu'il pacifie ses province^ insurgées ; ou bien :
Démontrer au Sultan la nécessité qu'il laisse pacifier ces mêmes provinces, et qu'il ne prive pas de son concours les moyens de pacification.
D'après la première de ces formules, le poids des puissances porterait en premier lieu sur un seul objet, savoir, sur l'admission, de la part du Sultaii, de la nécessité de la pacification.
D'après la seconde, leur action porterait d'emblée sur deux objets: en premier lieu, sur l'admission de cette nécessité par le Sultan ; et en second lieu, sur celle de la reconnaissance, de sa part, du droit et du fait d'une médiation étrangère.
Une question fort simple s'offre ici à notre esprit. Le même poids qui pourrait suffire pour faire pencher la balance en feveur de la première de ces concessions, suffirait-il également pour emporter la seconde? Nous ne le croyons pas. En voici les raisons :
Les Cours seront fortes aussi longtemps qu'elles demeureront sur la base du sentiment de \ évidente nécessité tTune pacification, en faveur de laquelle militent à la fois les calculs de leurs propres intérêts et ceux des intérêts de la puissance ottomane. Elles le seront, lorsqu'elles n'attaqueront en aucune manière dans son existence l'autorité souveraine du Sultan et que, loin d'y porter atteinte, elles lui ménageront même la chance de foire valoir, comme une émanation de son pouvoir, des actes de condescendance qui, de feiit, lui auraient
été imposés, mais qu'il aurait la faculté de préseoter comme autant de bienfaits concédés par Tautorité souveraine à un peuple malheureux, et comme autant de nouveaux gages du repos et de la stabilité de TEmpire. Refoulé dans ses derniers retranchements, que pourrait opposer le Sultan à une insistance qui serait fondée explicitement sur des bases pareilles? Serait-ce une aveugle répugnance? Mais la détermination forte et démontrée telle de la part des cinq Cours, de ne point revenir sur leurs pas après une première demande, demande motivée par des considérations puissantes et par le sentiment de besoins incontestables, devrait, d'après les plus simples calculs, suffire pour vaincre cette répugnance; tout comme dans le cas (que nous n'admettons pas) d'un refus, celui-ci suffira pour démontrer aux yeux mêmes des Monarques, comme à ceux de ce que l'Europe renferme d'esprits droits et sages, de quel côté seraient la raison et la sagesse. En revanche, les Cours seront faibles aussi souvent que leur poids, au lieu de porter de préférence sur le fond de l'aflaire, sera employé en faveur de telles formes particulières. L'Empereur a la conviction intime que ce serait gratuitement compromettre le succès que de se renfermer dans ce dernier système, et c'est par suite de cette persuasion que Sa Majesté Impériale, tout en voulant le même but que ses alliés, s'est réservé, par ses dernières réponses aux Cours signataires du protocole du 4 avril, la liberté d'y consacrer les moyens qu'Elle jugera les plus efficaces.
Nous allons maintenant vous mettre au fait, mon prince, de notre point de vue sur quelques questions que nous regardons comme devant influer d'une manière décisive sur le succès de la double entreprise, d'établir un accord entre les puissances alliées, et de faire valoir celui-ci en faveur de la cause commune.
En supposant qu'il fût possible d'écarter la difficulté essentielle de notre accession à un accord pareil, vous aurez à mettre en avant les observations suivantes :
L'idée générale de la pacification comprend U" passé, le présent et l'avenir.
360 BECOEIL DE DOCUMENTS (1833-1829).
Le remède applicable au passé, c^est l'oubli. La forme connue est celle d'une amnistie prononcée par l'autorité souveraine.
La mesure applicable au présent, c'est une trêve dans Tacception technique ou militaire du terme; c'est-à-dire, une suspension d'opérations de guerre proprement dites. Cette mesure, indispensable en elle-même, ne saurait cependant être proposée à la Porte qu'à la suite de son assentiment préalable au principe et au fiaût de la pacification.
h'avenir enfin ne pourra être assuré qu'au moyen de l'établissement d'un ordre de choses qui garantisse aux parties contendantes l'espoir d'un repos durable et de la conservation des avantages réciproques dérivant de la pacification présente.
Les moyens d'arriver à un tel état de choses se trouvent, selon nous, renfermés dans les deux articles suivants :
L Séparation des populations chrétienne et musulmane;
II. Garantie des puissances en faveur des deux partie contendantes, laquelle garantie devrait être restreinte dans la limite de l'exécution et du maintien de l'accord qui établirait la pacification.
Ad l. Celte base nous semble la seule qui devrait occuper les soins de la réunion à Londres, comme étant celle qui, en réalité, renferme toute l'affaire.
Son application là où elle pourra avoir lieu exigera une telle somme de notions matérielles, et la prise en considération de tant de circonstances locales, que la fixation des moyens d'exécution, et des limites dans lesquelles elle devrait se renfermer, ne saurait être du domaine d'une conférence à Londres. Tout nous dit, en attendant, que la base ne sera pratiquement applicable qu'à certaines ties et au Péloponèse.
Dans les premières, les deux populations n'ont jamais été mêlées ;
Dans le second, la population turque a été détruite ou expulsée, et les troupes d'Ibrahim^-Pacha ne sauraient être confondues avec une population permanente. Des forteresses devront rester au pouvoir de la Porte, dans l'intérêt du main-
tien de sa souveraineté, dans celui des peuplades grecques, comme dans celui d'une pacification véritable. Le système sur lequel reposerait cette pacification, telle que nous Tentendons, n^ayant point pour objet une émancifntion politique des Grecs, l'un des premiers gages de la solidité de ce système et de la sécurité qu'il donnerait aux peuplades grecques de jouir d'une tranquillité durable sous un régime de dépendance politique, ne se trouvera jamais que dans une mesure qui empêcherait celles-ci de devenir journellement le jouet de coupables ambitions intérieures et d'intrigues du dehors.
La liberté civile des pays soumis au nouveau régime ne saurait être mieux établie et garantie que par une stipulation qui leur abandonnerait la faculté de s'administrer selon leurs lois, usages et coutumes. Quels sont ces lois et ces usages? Ce n'est pas aux puissances qu'il appartient de les définir. La Porte, en se contentant d'un tribut annuel, qui serait porté à Constantinople ou versé dans les places fortes, n'aurait, de son côté, aucun motif de s'ingérer dans ce qui pour elle n'aurait aucun intérêt direct.
Ad II. Une garantie définie ainsi qu'elle se trouve l'être ci-dessus nous paraîtrait d'une haute utilité ; nous la regarderions comme un bienfait pour les deux parties.
L'autorité souveraine devrait en effet y trouver un gage de la tranquillité future des contrées pacifiées, et, par conséquent, la garantie de son propre repos, tant politique qu'intérieur.
Les peuples de la Morée et des iles trouveraient, de leur côté, dans cette garantie, l'avantage inappréciable de la jouissance paisible des biens que la nature leur a prodigués, et du libre développement des éléments de prospérité que leur offrent le sol, l'industrie et le commerce.
II nous reste à aborder ici un sujet de la plus haute importance ; c'est celui des mesures comminatoires et coercitives à employer ^ntre la Porte, dans le cas où elle persisterait dan& son refus de s'occuper des ouvertures faites par les alliés relativement à la pacification, et des mesures propres à y arriver.
Nous allons nous expliquer à cet égard avec cet esprit de franchise et de droiture qui est celui de notre auguste Maître.
Deux mesures comminatoires ont été arrêtées entre le^ deux puissances signataires du protocole du 4 avril : tinterruption des relations diplomatiques avec la Porte, et la menace de l'établissement de rapports directs avec les insurgés.
Une troisième mesure, savoir, celle de l'emploi des escadres dans le but d'intercepter la communication entre Tarmée d'Ibrahim et TÉgypte, accompagnée d'une attitude amicale de ces mêmes forces maritimes envers les Grecs, ayant été mise en avant, ce moyen parait avoir formé depuis le sujet d*une entente entre les Cours de Londres, de Snint-Péter*bourg et de France. Dans ses dernières communications, la Cour de Russie fiait allusion à une quatrième mesure. Elle ne la nomme pas, mais elle se trouve assez indiquée pour pouvoir être qualifiée de rupture avec la Porte,
En fixant nos regards sur les trois mesures distinctement énoncées jusqu^ici par la Russie et FÂngleterre et acceptées par la France, nous n'y trouvons, dans le fiait, qu^une seule gradation. Au surplus, il nous est prouvé par les dernières communications que ni le Cabinet de Londres ni celui de Saint-Pétersbourg n'attribueraient un effet sensible au rappel des missions de Constantinople, et nous partageons ce sentiment.
D'autre part, un contact avoué avec les Grecs pourrait, de plein droit, être regardé par la Porte comme un acte d'hostilité positif; si tel ne devait pas être le cas (et nous somme:» disposés à admettre que le Sultan ne se presserait pas à l'envisager dans ce sens), il serait certes inévitable que l'emploi de cette mesure ne tournât à l'émancipation politique des Grecs, résultat que les puissances ne semblent point avoir en vue.
Quant à l'emploi des escadres, comment y avoir recours sans se mettre, par le fait même, dans une attitude ouvertement hostile ?
Reste la quatrième mesure que nous trouvons indiquée par la Russie. Cette mesure, employée comme un moyen
comminatoire par les cinq Cours et dirigée vers un but établi avec clarté et précision, la seule qui pourrait eiïectivement répondre à Tattente des Cours, nous semble être celle qui peut avec le plus de certitude emporter le consentement du Sultan à la pacification ; et, par conséquent, elle est la seule qui nous paraisse de nature à être sérieusement discutée entre les cinq Cours.
L'Empereur répugne, par conviction comme par sentiment, à admettre le cas d'une guerre avec la Porte. Il la regarderait non-seulement comme le malheur le plus grand qui pourrait être réservé à l'Europe, mais comme devant conduire les puissances à des résultats en tous points opposés à ceux qu'elles se proposent. Mais Sa Majesté Impériale est invitée à s'expliquer, à énoncer une opinion et à porter un jugement sur les moyens les plus efficaces pour atteindre la pacification, sans compromettre la paix générale ; loin de s'y refuser. Elle s'explique ; Elle dit dès lors ce qu'EUe pense.
Vous trouverez, mon prince, dans ce qui précède, le sentiment tout entier de notre auguste Mattre, et c'est en vous en pénétrant que vous réglerez vos explications et vos démarches.
Vos instructions peuvent se résumer dans les points suivants :
1* Vous annoncerez à M. le principal secrétaire d'État et à MM. vos collègues que, par suite de l'expression d'un voeu de Sa Majesté Impériale de toutes les Bussies, vous êtes autorisé à prendre part à toute délibération commune des cinq Cours sur les moyens de pacifier le Levant; les délibérations ayant lieu, soit dans la forme de conférences régulières, soit dans celle de pourparlers confidentiels.
2* Dans l'une comme dans l'autre hypothèse, vous prendrez à tâche de développer les divers points de vue que vous avez trouvés établis et motivés ci-dessus, savoir, ceux relatifs à la définition claire et précise :
a. Du but de l'entente à établir ;
b. De l'attitude morale des puissances dans l'établissement d'un accord si désirable entre elles ;
c. Du choix et de l'emploi des moyens les plus propres pour leur faire atteindre le but d'une pacification réelle.
Deux chances toutefois pouvant se préseuter, nous croyons nécessaire de les prévoir.
L*une serait celle qu^un accord entre les cinq Cours viendrait à s'établir sur la base de nos principes et notamment de ceux que renferme notre réponse du 22 décembre (n* 828). Dès lors, Votre Altesse se déclarerait prête à corroborer par sa signature Tacte qui constaterait le résultat de Tentente commune. Nous avons cependant une remarque à faire relativement au choix de la forme d'un acte pareil.
La dénomination d'un traité nous paraîtrait peu adaptée à la circonstance, et nous préférerions de beaucoup celle non moins obligatoire, mais qui nous semble plus conforme à l'objet et aux usages, d'une convention ou d'un protocole. Votre Altesse aurait soin de faire valoir cette distinction.
L'autre chance serait que les Cours signataires du protocole du A avril maintiendraient strictement les termes et les points de départ de cet acte, et que d'autres Cours encore y accéderaient. Dans ce cas, vous.auriez, mon prince, à déclarer que votre Cour maintient également les termes de sa note en réponse aux dernières communications simultanées de l'Angleterre et de la Russie, en continuant toutefois à régler son action à Constantinople sur la ligne et dans les limites de Tinstruction à l'internonce du 30 décembre 1826 *.
Point d'instruction additionnel.
Dans le moment où l'Empereur vous autorise, mon prince, à vous expliquer franchement sur la seule mesure comminatoire à employer envers la Porte, à laquelle il attribue assez d'efficacité pour décider le Sultan à la pacification de la Grèce,
* Cette instruction peut fie résumer ainsi : Tintemonce ne devait faire aucune démarche avant d*avoir été informé, par les représentants de TAngleterre et de la Russie, de l*OQverture des négociations; mais, le cas échéant, il devait conseiller à la Porte de céder, c'est-à-dire qu'il devait l'engager à décliner la médiation et k faire de sa propre initiative ce que lui demandaient Jes puissances médiatrices.
{Noie de l'Éditeur,)
ESTERHAZY ET LES CONFÉRENCES DE LONDRES (l8Sl). 365
savoir, la menace de la rupture prononcée simultanément au nom des cinq puissances, notre auguste Mattre ne satisferait pas à la voix de sa conscience s'il ne tirait pas à Tayance une limite précise entre Temploi de la menace de la rupture, dans le but dengager le Sultan à accorder la paix à ses pays insurgés, et la réalisation de cette menace de manière qu'elle fit immédiatement succéder un état de guerre effectif de FEu^ rope contre la Porte,
En conséquence, l'Empereur déclare dès aujourd'hui qu'en même temps qu'il consent à se réunir aux quatre autres Cours et à procéder conjointement avec elles à la mesure commina^ toire. Sa Majesté Impériale, se confiant dans la sagesse et dans la modération de ses hauts alliés , ne met pas en doute que dans l'hypothèse d'un refus catégorique et constaté de la part du Sultan , ils jugeraient indispensable qu'une délibération sur les futurs contingents ne dût avoir lieu. Elle se réserve explicitement de prendre part, le cas échéant, à cette délibération, à laquelle chacune des puissances intervenantes apporterait de plein droit l'indépendance morale la plus entière.
Mettemicb à EaCcrbazy, à Londres (E. D. rés.), Vienne, le 26 mars 1827.
857. La présente expédition a lieu dans une combinaison de circonstances tellement particulières, que Votre Altesse doit absolument être mise au fait de notre attitude morale tout entière, pour pouvoir rendre au service de Sa Majesté et à la cause générale les soins que nous attendons de son zèle éprouvé. Pénétré de cette vérité, je vais entreprendre de lui tracer l'esquisse rapide de notre pensée , de nos observations comme de nos déterminations, et je l'invite à vouer à cet exposé toute l'attention requise.
Vous avez été si bien dans le cas, mon prince, de suivre depuis nombre d'années , en qualité d'observateur et d*acteur, la marche des affaires, que vous partagez certainement notre opinion que la politique de l'Europe a subi un changement radical par suite du revirement de ministère en Angleterre après la mort du marquis de Londonderry, et de même par
suite du décès de TEmpereur Alexandre et de raTënemeni du Monarque russe actuel. J'entreprendrais une tâche inatile si je voulais me livrer à un examen approfondi des causes qui ont influé davantage sur les changements que nous signalons ; je crois même tout dire, en m'attachant à la seule idée que Tordre de choses qui s'était établi entre les années 1813 et 1815 a succombé, vu qu'il était usé et peu applicable aux conditions nouvelles dans lesquelles se sont trouvées placées les puissances ; conditions existant en partie comme autant de conséquences des fautes commises dans leur propre marche, et en partie amenées par cette foule de causes qui, dans le cours du temps, surviennent et se développent d'elles-mêmes. Qu'il nous suffise de ne point nous dissimuler que le système d'union connu sous le nom de V Alliance n'était plus depuis longtemps déjà qu'un simulacre , une espèce de formule , tantôt évoquée et employée selon le sentiment des besoins individuels, et tantôt récusée ou intervertie dans son application, par suite d'autres sentiments ou d'autres besoins, réels ou fiaussement supposés.
Comment, en effet, serait-il possible de reconnaître dans la marche de l'Angleterre , depuis l'avènement au pouvoir de M. Ganning, une seule trace de FAlIiance?
Comment ne pas s'avouer que l'acte passé entre TAngleterre et la Russie, le 4 avril 1826, n'a été, de la part de la seconde de ces Cours, qu'une lésion manifeste des principes de cette même Alliance?
La France n'a jamais rien compris à l'Alliance , et en réalité elle n'en a jamais fait partie.
Il n'y a que l'Autriche et la Prusse qui se soient maintenues sur les bases de cette Alliance , et c'est en particulier nous qui n'avons en aucun temps, et dans aucune cii*constance , dévié de ses règles salutaires. Nous avons agi ainsi, parce que les principes de l'Alliance sont ceux du droit public , et par con* séquent les nôtres, et à cause de l'importance que nous avons attachée au £ait de conserver encore un nom , là où la diose elle-même avait cessé d'exister.
En établissant ains^ en thèse que depuis longtemps TAlliance
n'est plus qu'une abstraction, nous n*en sommes pas moins loin de nous laisser aller à un sentiment de surprise en voyant aujourd'hui l'Empereur de Russie faire un appel plus ou moins décidé, soit à TAlliance, soit pour le moins à ses formes. La chose nous paraît même toute naturelle : une œuvre aussi indigeste que le protocole du 4 avril , protocole annulé d'abord pour les effets qu'il avait en vue, par les interprétations, les explications et les réserves que la Cour de Londres y a apportées au mois de novembre dernier, ne pouvant porter d'autres fruits, pour les deux parties contractantes, que ceux du désordre , — le moment a dû arriver où les écailles tomberaient des yeux même les moins clairvoyants. Ce moment avait depuis longtemps été marqué d'avance par nous; ce devait être celui où l'œuvre enfantée par la méfiance réciproque des deux parties contractantes, et par la jalousie que ces mêmes parties ne cessent de se porter, a dû être mise en pratique.
L'envoyé de Russie est arrivé à Constantinople , et, dès ce moment, le protocole du 4 avril a touché à sa fin.
L'expérience parait avoir convaincu le Cabinet russe que , sans notre concours, le rétablissement de l'ordre dans le Levant serait impossible. Il tait donc un retour vers nous ; mais il voudrait pouvoir réunir au bienfieût de notre concours également celui du concours de l'Angleterre. Telle est, sans doute, l'origine de l'idée conçue par l'Empereur Nicolas, de tenter d'établir à Londres un foyer d'entente entre les cinq Cours. . .
Vous avez , d'un autre côté , remarqué depuis quelque temps des signes de rapprochement de la part du Cabinet britannique. Les dernières explications de M. Stratford-Canining avec l'intemonce ont donné une couleur toute nouvelle à des symptômes que je suis fort enclin à caractériser plutôt comme ceux d'un immense embarras que comme ceux de la confiance en nous. Une marche comme celle que suit le principal secrétaire d'État doit nécessairement conduire à ce qui , pour d'autres Cours , aurait toute la valeur de positions extravagantes.
Mais ne raisonnons pas, et tenons-nous aux faits.
868 BECUEIL DE DOCUMENTS (1823-1839).
Parmi eux , Tun des plus curieux se trouve consigné dans la dernière expédition de Constantinople
M. Stratford-Canning, en se jetant, pour ainsi dire, entre les bras de notre ministre , a-t-il agi en yertu d^ordres positiE» de son Gouvernement? Ma pensée ne s'élève pas à cette hauteur. Mais ce qui a toute la valeur d'un fait certain , c'est que le protocole du 4 avril n'existe plus dans son application possible.
Nous travaillons ainsi sur un terrain nouveau ; nous sommes appelés à nous expliquer, et bien que les instructions formelles que vous recevrez aujourd'hui aient été rédigées antérieurement à Tarrivée des dernières nouvelles de Constantinople, loin d'avoir cru devoir y rien changer, nous avons été confirmés par ce surcroît de notions dans la poursuite du plan que nous nous étions tracé.
Que veulent, en dernier résultat, la Russie et T Angleterre dans la poursuite de TafFaire grecque? Il me serait fort difficile de le décider, et je me sens d'autant plus dispensé de me livrer à cette recherche , qu'il existe en moi un sentiment qui me faâi admettre, sans trop de crainte de me tromper, que les deux Cours ne sont pas bien au clair avec elles-mêmes sur ce point. Forcé de m'occuper de la solution de questions occultes, il me semblerait moins difficile de décider ce que les mêmes Cours ne veulent pas et ce qu'elles ne sauraient vouloir
Nous admettons comme une base de calculs certains, que l'Empereur de Russie veut en finir avec l'affaire grecque. Le public est prêt à croire qu'il vise à la guerre. Vous verrex, mon prince, par les rapports de l'internonce, qu'il faut regarder le corps diplomatique à Constantinople comme- ayant adopté la même croyance. Notre opinion est que l'on se trompe. Nous croyons l'Empereur Nicolas prêt à ne pas se refuser à une guerre, mais nous ne croyons pas qu'il la désire. En nous plaçant en face de la vérité toute matérielle, je vais plus loin. Je ne crois pas à la possibilité que l'Empereur de Russie puisse faire aux Turcs la guerre , sans que celle-ci le conduise à des conséquences diamétralement opposées à celles qu'il voudrait et que même il pourrait vouloir atteindre. Il veut la fin des * troubles actuels, et la guerre serait le commencement d'un
ordre de choses tout nouveau, et bien plus grave dans ses conséquences.
J'ai lu à MM. de Tatistscheff et de Severin les instructions à Votre Altesse et la réserve relative aux moyens comminatoires. Ils s'en sont déclarés entièrement satisfaits.
Comment M. Canning jugera-t-il notre travail? Je ne saurais ie prévoir.
Vous vous appliquerez , mon prince , à placer sous ses yeux cet exposé, et à développer notre pensée avec une entière franchise.
Nous aussi nous voulons la fin d^une odieuse complication ; nous rappelons même de tous nos vœux.
Nous regarderions en effet la durée d'une situation pareille
à celle où nous nous trouvons depuis plusieurs années, comme
le plus grand des inconvénients que nous puissions imaginer.
Si l'Angleterre veut ce que nous voulons , et ne veut rien de
ce que nous ne voulons pas, nous devrons nous entendre.
Nous voulons le retour des populations insurgées sous l'autorité souveraine du Sultan, nous ne voulons pas les conduire à la boucherie.
Nous voyons l'avantage de la Porte , et en même temps celui de ces mêmes populations, dans certaines concessions que leur ferait l'autorité souveraine et dans certaines précautions qui assureraient au Sultan, pour le présent et pour l'avenir, la soumission de ses sujets révoltés , et à ceux-ci le gage de la tranquillité présente et future.
Nous voulons une entente entre les Alliés pour arriver à ce double objet, car nous croyons qu'il ne saurait être atteint que par ce moyen.
Nous ne voulons aucun empiétement de la Russie sur les droits du Grand Seigneur, et nous désirons le rétablissement de la paix publique, si instamment réclamée par les intérêts du commerce.
Pourquoi l'Angleterre ne voudrait-elle pas la même chose t Voudra-t-elle sacrifier à une vaine forme l'objet principal luimême? Voudra-t-elle soutenir la thèse de sa médiation aux dépens de la possibilité de la pacification? Répugnera-t-elle