‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 67 sur 123 · IV · texte numérisé non relu

IV

370 RECUEIL DE DOCUMENTS (lS83M8t9)j

euBn jusqu'au bout à tout ce qui pourrait se faire et être obtenu par l'accord des puissances , parce que cet accord rappellerait à M. Canning ce que, sur la foi des feuilles factieuses, il s'est habitué à désigner par la Sainte-Alliance? Si tel devait être le cas , nous ne sortirons pas de l'attitude que nous avons prise à la fin de Tannée 1826.

Mettez, mon prince, ces questions droit sous les yeux du ministre anglais , et prenez à tâche de lui démontrer que , si la vérité aime les questions simples, nous devons certainement nous trouver placés sur la ligne que. nous avons adoptée.

Prenez, au reste, comme point de départ de votre action, ainsi que de vos explications avec M. Ganning et avec MM. vos collègues, Tattitude la plus calme. Vous n'aurez rien à provoquer, mais tout à juger

Habitués à être compris par vous, mon prince, nous le serons encore cette fois-ci , et certes dans une occasion éminemment importante. Elle est jugée telle par nous , non [>arce que nous attacherions un espoir de succès véritable à la tentative d'établir un accord ocfi/ entre les cinq Cours, mais parce qu'il serait impossible que le singulier état de choses actuel ne nous conduisit pas à la connaissance de la vérité au sujet de mainte situation particulière. Le désordre qui règne depuis six ans dans TafFaire du Levant ne cédera pas facilement devant une idée préconçue de l'Empereur Nicolas, qui, au fond, n'^ parfaitement claire pour personne ; mais nous ne courons aucun risque en l'appuyant, ne fût-ce qu'afin d'apprendre à juger les différentes positions et de prouver à nos alliés que le désordre qui s'est emparé de beaucoup d'esprits n'a point gagné le nôtre.

LA RUSSIE ET LES INSTRUCTIONS D*ESTERHÂZY (1827). S7l

REFUS DE LA RUSSIE D ADHÉRER AUX INSTRUCTIONS D ESTERHAZTi

858. Metternich à Esterhasy, à Londres (E.D.), Vienne, le 26 mai 1827. — 859. Déclaration de Talistscheff (Extrait). — 860. Réplique de Metternich (Extrait).

858. Un courrier arrive ici de Saint-Pétersbourg le 21 mai a apporté à M. de Tatistscheff la première réponse à la communication que nous avions fiaiite à la Cour de Russie , des instructions adressées à Votre Altesse le 25 mars dernier (n** 856).

Cette réponse est conforme aux premières données que M. le comte de Bombelles nous a transmises sur Taccueil qui avait été fiait à la communication de notre travail. Votre Altesse trouvera dans Tannexe (n*859) la copie textuelle d'une déclaration que m'a faite M. l'ambassadeur de Russie. Je n'ai point tardé à la porter à la connaissance de l'Empereur, et Sa Majesté Impériale m'a ordonné de répondre à l'ambassadeur dans les termes consignés dans l'annexe (n" 860).

Elle a jugé nécessaire que vous fussiez muni, sans perte de temps 9 des ordres que réclame votre position à Londres, par suite de nos directions du 25 mars, et je m'acquitte de ce devoir.

Nous avons répondu le 22 décembre 1826 aux communications simultanées de TAngleterre et de la Russie (n** 838). Depuis, la Cour de Russie nous a invités à vous transmettre des instructions et des pleins pouvoirs dans le but de l'établissement à Londres d'une entente entre les cinq Cours alliées. Cette tâche a été remplie par mon expédition du 26 mars (n*^ 855-857). Sa Majesté Impériale de toutes les Russies vient de nous déclarer qu'elle entend maintenir, sans déviation aucune , la base et les termes du protocole du A avril. Votre attitude , Monsieur l'ambassadeur^ devra ainsi se trouver également fixée sur la base de nos premières directions du 26 décembre , et rester circonscrite dans les limites qu'elles Vous ont tracées*.

* Voici en quoi consistaient ces limites : le Cabinet autrichien se dé-

Vous voudrez donc bien ne plus donner aucune suite à nos instructions du 25 mars, notre action n^ayant plus à se diriger vers le point de Londres.

Déclaration de l'ambassadeur russe Tatistscbeff au prioce de Metternicli

(Extrait).

859 Le soussigné doit déclarer :

Que l'Empereur voit avec le plus vif regret la Cour dWutriche articuler sur les affaires du Levant des propositions qui diffèrent de celles de Sa Majesté Impériale , et ne pas adhérer au projet de traité et aux mesures qu'il lui a fait communiquer;

Que , de son côté , Sa Majesté Impériale ne saurait adopter la marche que la Cour d'Autriche Finvite à suivre ;

Que telle est aujourd'hui sa situation , qu'il lui est impossible de ne pas accomplir l'entreprise qui a pour but la pacification de la (îrèce sur les bases du protocole du 23 mars (4 avril) ;

Mais que s'il existe quelque différence entre les opinions des deux Cabinets quant aux voies qui doivent conduire à ce but , il parait à l'Empereur qu'il n'en saurait exister aucune quant au but même, et Sa Majesté espère dès lors que, Hdèle à sa déclaration, l'Autriche secondera sincèrement la Russie dans cette grave conjoncture, tout en ne s'écartant pas des formes particulières qu'elle juge le plus convenables.

Réplique du prince de Metteroicb à la déclaration de Tambassadenr ru«5« Tatistscbeff (Extrait).

860 Le soussigné doit déclarer :

1° Que Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique est vivement peinée que les vues qu'Elle a développées dans les instructions à son ambassadeur à Londres n'aient point rencontré le suffrage de Sa Majesté Impériale de toutes les Russies ;

clarait disposé à prêter la main à toute entente des cinq puissances, à conditiofi que le langage à tenir par elles yis-à-yis de la Porte n'irait pas au delà d*aB conseil pacifique.

(Note de t Éditeur,)

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