DE LONDRES
861. Metternich à Apponyi, à Paris (E. D.), Vienne, le 11 juin 1827. — 862. Metternich à TEmpereur François (Rapport), Vienne, le 7 juillet 1827.
861. J'ai eu l'honneur de vous prévenir, par l'expédition que nous avons confiée au courrier français du 6 de ce mois, que je ne perdrais pas un instant pour porter à la connaissance de l'Empereur la communication dont M. le marquis de Caraman a été l'organe.
Sa Majesté Impériale a accueilli avec une vive sensibilité la nouvelle preuve de confiance que Sa Majesté Très-Chrétienne lui a donnée par la transmission du projet de triple traité. M. le marquis de Caraman, en nous disant cette communication, s'est en même temps acquitté de l'ordre qu'il avait reçu de son Gouvernement de nous exprimer le vœu que l'Autriche puisse se joindre à cette transaction.
Le Cabinet français fonde ce vœu sur le motif qui, sans aucun doute, aurait la plus grande valeur aux yeux de notre aug[uste Maître s'il pouvait se dire que, par son accession k Tacte en question, TÂlIiance pourrait apparaître de nouveau dans son jour véritable, et si de même la puissance qui ne s'est que trop malheureusement séparée de ses bases tutélaires devait, par le fait de Taccession de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique, se trouver ramenée dans son sein.
Le peu de mots que j'ai eu Tbonneur de vous adresser par le courrier du 6 juin, joints aux nombreuses explications dans lesquelles notre Cour est entrée envers ses alliés depuis la fin de Tannée dernière, doivent ne pas vous avoir laissé en doute. Monsieur Tambassadeur, combien nous sommes éloignés de croire que FAlliance,' — cette puissance morale si pure et ^i grande dans son essence , — pourrait être servie par une transaction fondée sur les bases du protocole du 4 avril 1826. Plus nous avons le sentiment de la valeur que Sa Majesté Très- Chrétienne et son Cabinet attachent à TAlliance, à son existence et à son culte, et plus l'Empereur a-t-il cru devoir s*expliquer avec une entière franchise envers la Cour de France sur ses pensées comme sur ses craintes et sur ses espérances. Cette Cour a été la première à laquelle nous avons communiqué nos travaux du 25 mars dernier (n** 856), et ils doivent avoir sufB pour lui prouver Tempressement avec lequel nous avons saisi la première occasion dans laquelle nous avons pu développer et les graves considérations qui s'opposent à Tac^ cession de l'Autriche aux bases et à quelques termes du protocole anglo-russe, et les changements qui auraient permis à Sa Majesté Impériale de se réunir formellement à ses augustes alliés dans la poursuite d*une affaire qui, outre la grande somme d'intérêt général qu^elle renferme, est encore si intimement liée aux intérêts particuliers de son Empire. La dernière déclaration de la Cour de Russie, que j'ai eu l'honneur de vous transmettre par mon courrier du 31 mai dernier (n* 859), a dû vous prouver que notre espoir de voir vos vœux accomplis ne «'est point réalisé.
Les objections que nous avons eu à faire aux stipulations