‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 70 sur 123 · L^AUTBICHE N'ACCÈDE PAS AU TRAITÉ DE LONDRES · texte numérisé non relu

L^AUTBICHE N'ACCÈDE PAS AU TRAITÉ DE LONDRES

du 4 avril 1826 s'appliquent également au projet de traité ; il suffit d'en peser le texte pour se convaincre que ces objections n'ont rien perdu de leur valeur. Le projet contient même des dispositions et des phrases qui semblent n'y avoir été placées <]ue pour renchérir sur les anomalies qui nous avaient frappés dans le protocole.

La médiation est étendue à trois puissances.

Le changement de la souveraineté du Sultan en une simple suzeraineté est explicitement articulé.

L'interposition des forces maritimes des puissances entre rÉgypte et la Grèce, par conséquent entre deux parties d'un même Empire, est non-seulement maintenue relativement aux forces du Vice-Roi d'Egypte, mais elle est étendue aux forces directes du Sultan.

A ces obstacles qui s'opposent à notre accession se joignent encore d'autres considérations majeures.

Nous ne voyons nulle part dans le projet de traité le but d'une entreprise quelconque clairement défini , «mais nous voyons au contraire, et en particulier par le paragraphe V de . Particle additionnel et secret, une certaine prévision qui, loin de porter sur une pacification si désirable, ouvre le champ le plus vaste à des complications nouvelles et impossibles à définir par nous.

Les réserves plusieurs fois répétées dans ce même projet, et en particulier dans les paragraphes III et IV de l'article secreÉ, relativement au maintien d'un état de paix matériel avec la Porte, nous semblent tellement impraticables, qu'abstraction même faite de la nature des mesures sur lesquelles elles portent, leur existence ne nous offre aucun genre de

Il est enfin une vérité* qui nous semble ressortir avec tant de clarté et de force de tout le projet, que nous ne saurions nous refuser de l'établir en thèse ; c'est celle que l'ensemble des stipulations ne nous offre d'autre sens pratique ni d'autre résultat définilif que l'émancipation politique des Grecs ; résultat par lequel se retrouvera consommé le triomphe d'une nouvelle révolution en Europe; triomphe dont la réaction

sur TEurope entière est placée en dehors de tous les calcals; qui fera naftre une ère de combats et de bouleversements inévitables dans la Turquie européenne et une extension incalculable de la prépondérance anglaise sur toutes les parties du Levant, et par suite sur Tltalie et sur d'autres États baignés par la Méditerranée.

Pénétrée de ce sentiment, Sa Majesté Impériale juge qu'il lui est impossible d'accéder aux termes d'un traité qui à ses yeux renferme les premiers éléments d'un avenir aussi compromettant pour le repos général et pour celui de ses propres États, et qui, d'un autre côté, ne lui paratt même point exécutable dans son but avoué. Ce que l'Empereur ne négligera pas, ce sera d'aider par tous les moyens en son pouvoir la cause de la paix, qui, certes, est le but véritable de toute TactioB de Sa Majesté Impériale et Royale Apostolique, et qui est également le seul que Sa Majesté Très-Chrétienne ait en vue.

Ces considérations, et la manière franche et confiante avec laquelle elles sont exposées à une Cour qui veut ce que nous voulons, et qui ne veut et ne cherche que le bien dans une aussi déplorable complication, devront suffire pour justifier aux yeux de cette Cour une résistance morale s'appuyant de notre part sur des considérations aussi sérieuses que le sont celles que nous venons de citer.

Mais, quand même Sa Majesté Impériale ne serait point arrêtée par des considérations aussi majeures. Elle serait encore dans le cas de se consulter pour savoir si, dans la position pénible et dangereuse où se trouve l'affaire, Elle n'est pas plus forte, et si, par cela même. Elle ne sera pas en état d'être utile à la cause de la paix, en se maintenant sur la ligne de ses principes, qu'en les sacrifiant au seul désir de sauver, par son accession à un arrangement, les seules apparences d'une alliance que l'une des parties principales ne cesse de désavouer, et que sans aucun doute, fidèle à des errements qui ont acquis toute la consistance d'un système politique, elle ne manquerait pas de désavouer de nouveau, ou bien formellement, ou ne fût-ce même que par son silence, le jour où elle croirait courir le lisque d'être censée coopérer à une œuvre

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