L'AUTRICHE N'ACCÈDE PAS AU TRAITÉ DE LONDRES (1827). S
de cette alliance. En effet, nous ne croyons pas, Monsieur Tambassadeur, que le ministère britannique, tel qu'il est composé aujourd'hui, s'exposerait jamais à être accusé de la moindre condescendance pour une union qu'il a en horreur; et les termes dans lesquels, déjà avant le dernier changement, le Cabinet de Londres s'est expliqué sur les motifs qui lui ont dicté ses démarches dans l'afiEaire du Levant, ne nous permettent pas de douter que, tout en signant un traité qui, vu le concours des cinq puissances, rappellerait cette union, il ne cherchât et ne trouvât avec fiacilité quelque moyen pour persuader le monde de ce qu'il appelle l'indépendance de ses principes et pour séparer sa cause de celle des alliés.
Veuillez, Monsieur l'ambassadeur, mettre la présente dépêche sous les yeux du Cabinet français. Il y trouvera à la fois la franche expression des pensées de l'Empereur notre auguste Maître, et celle de sa reconnaissance pour le dernier procédé aussi loyal que plein d'égards de Sa Majesté Très-Chrétienne envers son auguste ami et allié ^.
Mettemich à l'Empereur François (Rapport), Vienne, le 7 juillet 1827.
862. Le courrier de Berlin d'aujourd'hui m'a apporté les rapports que j'ai l'honneur d'adresser ci-joint à Votre Majesté.
* Le traité de la triple alliance, dont il est question ici, fut conclu, le 6 juillet i8t7, entre rÂngleterre, la France et la Russie. Par ce traité, les puissances contractantes offrent leur médiation à la Porte et demandent aux deux parties belligérantes de suspendre les hostilités jusqu'à ce que les négociations qu*on veut engager aient abouti à un accord. Ces négociations auront pour base le principe que les Grecs reconnaîtront le Sultan comme suzerain, et lui payeront un tribut annuel fixé pour toujours, et que, par contre, ils seront gouvernés par des autorités choisies par eux-mêmes, mais qui seront toutefois agréées par la Porte. Le territoire grec (la partie continentale ainsi que les îles de TÀrchipel qui font partie de la Grèce), dont la délimitation devra être Tobjet d'une régularisation ultérieure, sera évacué par les habitant» d'origine turque; par contre, ceux-ci recevront un dédommagement. Déplus, les puissances contractantes s'obligent, par un article additionnel secret, à prendre les mesures les plus éneiigiques contre celle des parties belligéranten qui refuserait d'accepter leur médiation et de conclure un armistice dans un. délai de six semaines. Les flottes devaient se rendre immédiatement dans le» eaux grecques. (Note de t Éditeur,)
La volonté bien arrêtée de la Russie semble être d^agir sans se laisser retenir par aucune considération. Cette puissance est en mesure de le feire ; mais vouloir entraîner rAngleterre dans la tempête qui se déchafne dans le Nord, c'est une entreprise qui, une fois pour toutes, ne saurait réussir. II n^est pas besoin ici de calculs bien profonds ni d'une g^rande connaissance de la situation; le simple bon sens sufBt, le bon sens auquel même la volonté d'un autocrate finit par être obligée de céder.
Nous, de notre coté, nous n'avons qu'à garder l'attitude calme que nous avons prise. Votre Majesté assiste en ce moment à un spectacle bien singulier, qui peut conduire à de grands malheurs, mais qui ne répondrayamats aux espérances de l'Empereur de Russie, de ce prince si mal conseillé.
LES MESURES PRISES EN FRANGE CONTRE LA PRESSE. 863. Mettemich k Apponyi,à Paris (E.D.), Vienne, le 2 juillet 1817.
863. Je désire, plus que je ne l'espère, que les mesures que le Gouvernement français se propose de prendre à l'égard de la presse répondent à ses intentions. Toute législation relative à la presse, qui a en vue la répression de ses excès, manquera toujours son objet , et si une censure préventive bien entendue peut seule l'atteindre, une condition essentielle du succès réside dans la stabilité de la mesure. La censure temporaire est un non-sens.
Je ne me reconnais pas à même de fonder un calcul sur les chances dont dispose le Gouvernement pour s'assurer de la majorité dans une Chambre nouvellement élue ; ce qui, par contre, m'est prouvé, c'est que la conservation de la Chambre des députés dans sa composition actuelle conduira à la chute de la Monarchie. Il n'est malheureusement que trop vrai que l'expérience ne corrige pas ceux qui par leur instinct ne savent point trouver les voies du salut. Ce sont les fentes commises