LE CABINET WURTEMBERGEOIS ET LE CONGRÈS
européennes, doit leur assurer les suffrages de l'Allemag^ne, comme îl Jeur assurera, tôt ou tard, ceux de TEurope entière.
Metternich à Vinceot, à Paris (E, D.), Vienne, le 19 avril 1823.
675. . . . Vous avez eu connaissance du manifeste que le Gouvernement wurtembergeois a adressé à plusieurs de ses missions contre la déclaration des Souverains réunis à Vérone. Cette pièce nous aurait, sans aucun doute, autorisés aux démarches les plus sévères, et si les principes de modération dont nous ne nous écartons jamais , et les relations indispensables qui nous lient au Roi de Wurtemberg comme membre de la Confédération germanique, ne nous eussent arrêtés, nous aurions peut-être suivi dès lors la marche que nous prescrivaient notre situation générale et la sainteté de notre cause. Mais pendant que nous délibérions avec nos alliés sur les mesures communes les plus convenables à prendre dans un cas aussi imprévu, le Roi de Wurtemberg, moins frappé, à ce que je crois, de notre mécontentement que des applaudissements trop indiscrets dont le Constitutionnel et d'autres journaux français de la même trempe ne se lassaient de Taccabler, craignant d'être tout à fait confondu avec les partisans avoués du système révolutionnaire, fit insérer dans la Gazette de Stuttgart une espèce de rétractation de son manifeste, en déclarant son adhésion entière aux principes proclamés dans la circulaire de Vérone. Ce mouvement rétrograde nous suggéra l'idée d'une dernière tentative pour ramener, s'il était possible, ce Souverain de ses funestes égarements. Son Cabinet fut prévenu, dans les termes les plus conciliants, que l'Empereur acceptait avec empressement la déclaration renfermée dans l'article de Stuttgart, mais que , comme gage de la sincérité de cette profession de foi , il demandait à la Cour de Wurtemberg quelques modifications évidemment utiles et d'une exécution peu difBcile dans la marche qu'elle avait suivie jusqu'ici dans les affaires fédérales , au grand détriment des intérêts communs de l'Allemagne. Aucune de nos propositions ne fut admise. Après ce dernier effort infructueux, nous avons, conjointement IV. 3
3i RECUEIL DE DOCUMENTS (1823-1829).
avec la Cour de Berlin , pris le parti de borner dorénavant nos relations avec le Gouvernement wurtembergeois aux objets seuls que nous avons à traiter avec lui à la diète de Francfort; de suspendre toute correspondance politique , de rappeler nos missions de Stuttgart et de n'y laisser quç des employés subalternes pour l'expédition des aflBeiires courantes. Sachant que Sa Majesté l'Empereur de Russie partage absolument notre manière de voir et qu*il jugera comme nous des motifs par lesquels, après avoir épuisé toutes les chances de conciliation, nous avons été conduits à cette résolution, nous sommes persuadés que ce Monarque ne tardera pas à se mettre avec le Roi de Wurtemberg dans une position analogue à la nôtre.