‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 112 sur 126 · LA MISSION DE TATISTSCIIEFF A VIENNE · texte numérisé non relu

LA MISSION DE TATISTSCIIEFF A VIENNE

La première de ces questions est du ressort direct des deux puissances. Gomme elle ne porte que sur des antécédents connus, elle doit être la moins difficile à traiter et à terminer. L'avantage inappréciable qui en résultera pour l'Europe sera de calmer jusqu'à un certain point le mouvement dan{rercu\ qui s'est emparé des esprits, et de ramener les peuples h Tespoir du maintien de la paix générale.

La seconde question, essentiellement distincte de la première, avec laquelle on ne saurait Tamalgamer sans que Tune ri l'autre en souflrent également, doit être traitée d'après les principes d'une politique éclairée et élevée. Le soulèvement qui vient d'avoir lieu dans TEmpire ottoman a mis deux peuples en présence. Ces peuples sont destinés à vivre sous un même sceptre; il est de leur intérêt, comme de celui du Souverain, que des scènes telles que celles qui viennent de se passer ne se renouvellent pas. Il n'est pas moins de l'intérêt de l'Europe entière que la paix intérieure dans le Levant ne risque pas d'être troublée à tout propos; et cet intérêt de l'Europe est fortement augmenté par la disposition générale des esprits dans cette partie du monde. Posée ainsi, cette question nous semble concerner toutes les grandes puissances.

LA BIISSION DE TATISTSCHEFP A VIENNE ET SES nÊSt'LTATS *.

016. TatistschefF ù MeUemich (Note verbale). Vienne, le 8 mars 1822. — A17. Tatiitscheff k MeUemich (Note verl>ale), Vienne, le 14 mars 1822.

— 618. Mémoire fédîfjié par Mettemichy pour r£mpereur Alexandre, sur rétat de la complication orientale. Vienne, le 19 avril 1822. — 619. Metternich à Tatistscheff (Lettre confidentielle), Vienne, le 19 avril 1822.

— 620. Metternich ù Nesseirode (Lettre), Vienne, le 19 avril 1822. — 621. Metternich à Lebzeltern ù Saint-Pélersbourg (Dépèche), Vienne, \p. 22 avril 1822.

616. La Porte déclarerait, par un office, directement au ministère impérial russe :

"* Le bailli de Tatiitscbeff avait éto envoyé à Vienne par rEmpcreiir

57â RECUEIL DE DOCUMENTS (1818-1822).

« Qu^clle accepte toutes les conditions énoncées dans la lettre du ministère impérial au grand vizir et dans la Note du baron de StrogonofFen date du 6 (18) juillet.

« Que la Russie est autorisée par ses traités et par les droits de protection qu'ils lui accordent en faveur des Grecs, à exiger l'inviolabilité de la religion qu'elle professe, la reconstruction des églises, et une juste distinction entre les innocents et les coupables.

a Que la Russie sera pleinement satisfaite sur ces trois points.

a Mais que, pour le mo ment, vu les circonstances où se trouve la nation musulmane, la Porte est au regret de devoir ï>e borner :

« !• A faire évacuer complètement et sans le moindre délai les principautés de Yalachie et de Moldavie;

« 2* A confier provisoirement Tadministration de ces contrées aux Divans respectifs, sous la présidence des caïmacnns grecs, dont le choix serait fait par la Porte, d'après les règles établies pour la nomination des hospodars;

a 3" A envoyer sur les lieux un ou plusieurs plénipotentiaires turcs, en demandant à TEmpereur d'y envoyer de son côté un ou plusieurs plénipotentiaires russes;

Alexandre, qui, d'une pnrt, sentait la nécessité de se détacher, jusqu'à nn certain point, de son Cabinet, qui voulait la (guerre, et qui, d'autre pnrt^ espérait trouver dans une entente directe avec le prince de Metternich les moyens de sortir d'une situation qui était en opposition avec ses sentiments, sans pour cela sacrifier sa di{]nité et tout en ménageant l'opinion publique. Ces négociations furent conduites directement entre Metternich et Tatistschelf ; elles furent toutes confidentielles et eurent lieu même sans le concours de l'ambassadeur de Russie près la Cour de Vienne, le comte de Golowkin, qu'on n*avait pas, en sa qualité d'instrument de Capo d'Istria, initié aux véritables intentions qui avaient motivé la mission de Tatistscheff à Vienne. Relativement aux pourparlers qui ont eu lieu pendant les mois de mars et d'avril entre l'homme de confiance de l'Empereur de Russie et le chancelier d'État autrichien, il existe des documents officiels; mais nous devons renoncer à les reproduire, vu qu'ils entrent trop dans des détails spéciaux et nous éloigneraient ainsi du but de cet ouvrage. Toutefois, les lecteurs qui voudront se renseigner plus amplement à cet égard trouveront un recueil complet de ces documents officiels dans V Histoire de la sécession des Grecs, par Prokesch , où l'on trouve aussi, en son lieu, la reproduction fidèle des pourparlers dont il vient d'être question. (Note de t Éditeur,)

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