‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 119 sur 126 · EXPLOSION DE LA RÉVOLUTION ESPAGNOLE · texte numérisé non relu

EXPLOSION DE LA RÉVOLUTION ESPAGNOLE

626. MeUernicb à TËinpereur François (Rapport), Vienne, le 21 juillet 1822. — Résolution souveraine de Sa Majesté. — 627. Metternich à FEmpereur François (Rapport), Vienne, le 23 juillet 1822. — Résolution souveraine de Sa Majesté.

626. Le journal ci-annexé contient les dernières nouvelles relativement à Tétat des choses à Madrid.

D'après cette feuille, le sort de ce pays semble devoir se décider bientôt ou être déjà décidé maintenant. Il est facile devoir que l'Espagne voudrait se débarrasser de la révolution. Tout dépend d'une seule démarche du Roi; cette démarche, le Roi la fera-t-il? Personne ne peut l'affirmer à l'avance. A mon avis, il y a déjà trop longtemps qu'il hésite. Ce n'est pas de vaines délibérations, mais c'est de l'action que dépend aujourd'hui le sort du Roi et de tout son peuple

Mettermich, m. p.

Je vous renvoie ci-joint les annexes. Si le Roi d'Espagne ne triomphe pas, faute de résolution et de courage, on verra se reproduire ce dont je vous ai déjà entretenu une fois à propos de plusieurs Souverains de notre temps.

François, m. p.

Vienne, le 22 juillet 1822.

MettemicL à l'Empereur François ( Rapport), Vienne, le 23 juillet 1822.

687. La maison Rothschild a reçu aujourd'hui par un courrier le journal que j'ai l'honneur de joindre au présent rapport.

598 RECUEIL DE DOCUMESTTS (I818-18S2).

Votre Majesté verra par cette feuille que TaKaire de Madrid a eu le dénoûment qui n'était que trop à craindre, à cause du caractère timide du Roi.

Le Roi aurait été sauvé personnellement, et il aurait sauvé son Royaume, s'il avait montré du courage et de Ténergie pendant une minute seulement. Au lieu de cela, il semble avoir fondu en larmes.

Actuellement, le résultat inévitable de ce qui s'est passé, c'est que pour tout le monde le bien qui n'a pu être réalisé deviendra forcément un mal inévitable.

A Madrid, tous les fidèles serviteurs du Roi deviendront les victimes du parti révolutionnaire.

Quant à ce que deviendra le Roi, Dieu seul le sait.

Cet état de choses ne contribuera pas à hâter la répression de l'insurrection dans les provinces, et l'Espagne passera de la certitude du salut aux maux d'une guerre civile dont il est impossible de calculer les suites.

Si j'avais été dans le palais, j'aurais mis le Roi et la famille royale au milieu du bataillon des gardes ; je les aurais menés sans désemparer au milieu des troupes qui campaient hors des murs de la ville, et c'est ainsi que, dans l'espace de quelques heures, j'aurais sauvé le Roi, sa famille et le Royaume. Il semble que Morillo, qui avait l'autorité et les moyens de le fsiire, ait subi lui-même la contagion révolutionnaire. Le duc de l'Infantado, qui probablement avait arrangé toute l'affaire, est un homme que je connais comme très-fidèle, mais aussi comme très-faible d'esprit.

Ces événements réagiront d'une manière très-facheuse sur toute l'Europe.

Metternich, m. p.

Ce dénoûment des désordres de Madrid est tout à fait regrettable et tourne à la honte du Roi.

François, m. p.

Vienne, le 24 juillet 1822.

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