SÉJOUR A AIX-LA-CHAPELLE ET RETOUR A VIEN^IE
fond calcul politique. Il (xiut les laisser croire et se bien porter, ce dont je m'acquitte parfaitement aujourd'hui.
Nos affaires continuent à aller à merveille , c'est vous dire qu^elIes finiront bientôt. Je n'ai jamais vu un plus joli petit Congrès; celui-ci ne me fera pas de mauvais sang, je vous en réponds. Vous me dispenserez de vous faire part de nos protocoles, et ce sont eux qui nous occupent le plus. Je fais une partie de whist tous les soirs avec le prince de Hatzfeld , Zichy , Baring , Labouchère , Parish , — c'est-à-dire , avec des gens qui ne se trouvent pas dérangés ni même incommodés de la perte d'une bonne dose de millions. Nous nous réunissions d'abord chez lady Castlereagh , mais j'ignore quelle inconcevable atmosphère d^ennui s'est emparée de cette maison. D'un commun accord, on a renoncé aux charmes de mylady, et l'on s'est fixé dans mon salon, qui est un peu plus petit que votre cabinet drapé en nankin.
Ce 10 octobre.
268. Nous avons signé hier le traité d'évacuation avec la France. Nous n^avons pas perdu de temps en réglant en onze jours les affaires diplomatiques, un payement de deux cent soixante-cinq millions, et tout ce qui est relatif à la marche des troupes. L'effet que produit en France celte résolution nous est déjà connu, car nous recevons ici nos lettres de Paris en quarante heures ; tout va bien et continuera à aller de même.
Nos affaires ici seront terminées à la fin du mois. Je serai probablement à Vienne vers le 15 novembre, ou peu après.
Je vous ai informé dernièrement de notre plan de voyage pour l'Italie. L'Empereur compte quitter Vienne entre le 10 et le 15 février. 11 passera les derniers jours du carnaval à Venise ; les quatre premières semaines du Carême à Naples ; la dernière quinzaine et la semaine de Pâques à Rome ; trois semaines en Toscane ; trois dans la Lombardie ; ce qui le ramènera à Vienne vers la mi-juillet.
12K RFXUEIL DE DOCUMENTS (1818-1833).
Ce 18 octobre. ^
269. Nos affaires ici avancent bien vite; je ne leur donne point de marge au delà du 4 ou du 5 de novembre.
Quant aux plaisirs, ils n'existent pas. Nous sommes abfmés de jeunes talents; tous les jours, des concerts de virtuoses entre quatre et neuf ans. Le dernier arrivé est un petit garçon de quatre ans et demi, qui joue de la contre-basse. Vous pouvez facilement juger de la perfection de l'exécution.
II n'y a pas même de boutiques remarquables, et les drogues qu'on nous offre coûtent le double de tout ce que l'on trouve de parfait à Paris et à Londres. Si les marchands ont spéculé sur nos bourses, ils ont compté sans leurs hôtes. Je ne sache pas que personne achète au delà du strict nécessaire.
Nos dames ici sont : lady Gastlereagh, trois ou quatre Anglaises plus ou moins miires , c'est-à-dire qu'elles sont entre cinquante et soixante ans, — âge de jeunesse à Londres ; — la princesse de La Tour, madame de Nesseirode et trois dames russes. 11 en est pour les dames comme pour les marchands : il existe un manque total d'amateurs.
Ce 27 oclobre.
270. Le courrier porteur de la triste nouvelle du décès du pauvre Uudelist* est arrivé ici ce matin, et je n'ai pas besoin de vous dire combien je le regrette. Il avait des qualités on ne peut plus essentielles, et des mérites que je ne trouverai guère moyen de remplacer. Mon travail va se doubler et peut-élre même se tripler pour quelque temps; j'avais si fort pris l'habitude de me reposer sur lui pour les objets de l'intérieur et de détail, que je regretterai toujours ce que je ne pourrai plus faire faire par lui, et certes pas de sitôt, par un autre employé.
* Le conseiller d*£tat Hudelist était directeur de cbancellerie li la chancellerie d*Éut. (Noie et eÉdiieur.)