DE LA PRUSSE
304. -* MetternicK au prince de Wittgenstein, ministre (l*Etat de Prusse (lettre confidentielle). Ais-la-Ghapclle, le 14 novembre 1818, avec deux annezei. — 305. Sur la situation des États prussiens. Etposéde Mettcrnich (Annexe n<* 1). — 306. Sur les questions d*éducation, de sociétés {^ymnastiques et de liberté de la presse. Exposé de MetternicK (Annexe n^* 2).
504. J'ai riionneur d'envoyer ci -joint à Votre Dilection mes deux exposés; je les recommande à la discrétion absolue que je suis habitué à trouver depuis longtemps eu vous et dans votre patriotisme.
Je ne crois pas agir en champion non autorisé d'une cause étrangère. J'ai consigné dans mes deux travaux ma profession de foi comme ministre président du Cabinet autrichien. Nos intentions sont pures comme nos idées sont nettes : nous ne séparons pas notre destinée de celle de TÉtat qui, à tous les égards, nous tient de plus près qu'aucun autre. Le moment est solennel. Ce qui est possible encore aujourd'hui pourrait ne plus l'être demain ; or, on ne saurait agir utilement qu'à une condition : c'est que le Roi soit à la fois libre et fort.
Je prie Votre Dilection d'examiner à fond mes deux travaux. Je les ai séparés parce que, sous le rapport du but à atteindre, ils sont de la compétence d'autorités différentes.
Le premier (n* 305), où j'expose ma manière d'envisager la prochaine organisation administrative de la Prusse, repose sur ce point unique :
Une représentation centrale formée de députés nommés par le peuple, c'est la dissolution de l'État prussien.
Elle l'est, parce qu'une semblable innovation ne peut être introduite dans un grand État sans révolution ou sans conduire à la révolution; parce que TÉtat prussien, vu sa situation géographique et les éléments qui le composent, ne comporte pas une représentation centrale dans la véritable acception du mot; parce qu'il lui faut avant tout une force