‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 80 sur 126 · SUITE DES CONFÉBENCES MINISTÉRIELLES DE VIENNE · texte numérisé non relu

SUITE DES CONFÉBENCES MINISTÉRIELLES DE VIENNE

468. Metternich à Neumsjnn (Lettre), Vienne, le 25 janvier 1820. — 469. M0Itemich à Rechberg (Lettre), Vienne, fin janvier 1820. — 470. BlettoniA à Neumann (Lettre), Vienne, le 2 février 1820.

468. Je ne doute pas que lord Castlereagh ne soit ftfifîAii^ ! la tournure que j'ai trouvé moyen de donner à la qvetâcjjfii

* Les documents suivants se rattacbent à ceux de Tannée 1819 (tt** T^ 380). (Note de VÉdUeur.)

SUITE DES CONFÉRENCES DE VIENNE (I8â0). 3Hr»

politique et militaire. C'est dans cette question, la plus importante sans nul doute pour rAutriehe et la Prusse, que de tout temps il a existé le plus d'idées et de vœux opposés dans les Cours allemandes. Les unes, telles que la Prusse, voulaient ce qu'il eût été dangereux pour la fédération et compromettant vis-à-vis de l'Europe de leur faire accorder. D'autres, telles que la Bavière et le Wurtemberg, ont constamment voulu nous isoler dans cette question de la fédération. En cas de guerre entre l'Autriche , la Prusse et la Russie , la Bavière se serait trouvée placée ainsi à la tête de la fédération purement allemande. Cette attitude aurait commencé par une déclaration de neutralité armée. La marche des événements aurait réglé le reste, sans qu'il* eût été possible d'en mesurer l'étendue.

Le fond de ces pensées se retrouve dans plusieurs des instructions apportées ici par les plénipotentiaires. C'est en partie au soin que j'ai eu d'ajourûer la discussion sur l'affaire , que je dois d'avoir gagné le procès. Il a fallu établir pour les fédérés une telle somme de sécurité et même d'avantages, que ce qu'ils regardent comme des sacrifices a dû disparaître à leurs yeux. Les, rédactions seront soumises à la ratification des Cours. II est possible et peut-être même probable qu'à cette occasion la Bavière et le Wurtemberg voudront encore regimber, mais il ne leur restera qu'à accéder. On ne renverse pas un édifice dans toutes ses parties, pour un coin incommode à habiter ; mon soin est de tellement lier les différentes parties de l'édifice fédéral, que vouloir en renverser une, c'est les attaquer toutes.

Je ne doute pas que le travail complet de la conférence ne puisse être envoyé aux Cours du 12 au 15 février. On aura fait un travail immense en bien peu de tejnps ! C'est l'expérience que j'ai acquise dans le cours des six dernières années de Congrès, qui seule a pu amener des résultats pareils à ceux que nous offrirons à l'Europe.

nr. s:,

Mettemicli à Rechberg, ministre des afFaires étrangères de Bavière.

Vienne, fin janvier 1820.

469. . . . L'Allemagne entière, — ses hommes bien pensants tout comme les autres, — s'est à peu près généralement trompée sur le but de notre réunion à Vienne.

Tout le monde a cru que nous allions renverser tout ce qui tient aux formes , qui malheureusement ont été transplantées sur le sol allemand (ce sol si historique, si classique et si profond), dans le cours des deux ou trois dernières années. Les uns ont pensé que nous avions raison de le faire , les autres ont jeté les hauts cris. Or nous ne faisons pas ce que Ton a prévu , et j'avoue franchement que , dans mon àme et conscience, je ne me permets pas de le regretter, parce que je ne regrette pas ce qui est impossible.

Il en va, au reste, de ce qui se passe aujourd'hui chez vous, et de ce qui probablement va se présenter sur une ligne plus tranchante encore en Wurtemberg , comme il en va toujours et partout où l'on ne suit que l'impulsion d'un parti

J'ai eu soin de hâter l'interprétation de l'article XIII *, car j'ai entrevu la nécessité d'écarter, et chez vous et en Wurtemberg, la seule opposition qui eût pu se fonder sur une base juste en apparence.

Votre constitution est, sans aucun doute, la moins mauvaise de celles données dans le midi de l'Allemagne; tandis que celle du Wurtemberg me semble ne pas pouvoir marcher. J'ai écrit dernièrement à Saint-Pétersbourg que je croyais que le résultat de nos conférences serait le plus désastreux possible pour le Roi de Wurtemberg et pour son peuple, — vu quils seraient condamnés ô garder leur constitution.

Telle n'est pas la conclusion chez vous. Vous pouvez conr' server sans malheur positif, et vous pouvez môme gagner

* L*article XIII de l'acte fédéral se rapporte aux constitutions provinciales des États de la Confédération.

{Note de VÈdiieur.)

SriTE DES CONFÉRENCES DE VIENNE (1820). m

beaucoup encore en disant un règlement vigoureux. Pour que ce règlement le fût cependant véritablement, il me paraîtrait i]r{j[ent :

I* Qu'il fût adopté également par les États qui sont dans ie ra^ de s'en donner un;

2* Que pour le renforcer davantage , il y eilt daas nos travaux d'ici quelques principes eiprimés, qui pussent servir d'appui aux Gouvernements faibles ou timorés.

J'ai parlé du premier de ces points de vue à Zentncr*, <:t il est d'accord avec moi.

Ouant au second, je trouverai moyen de placer la chose dans Tune ou dans l'autre partie de notre travail, et je n'en ai parlé à personne.

Si vous entrez dans mon idée, tâchez de donner quelque instruction dans ce sens à vos plénîpritentiaires, car je n aumi^ aucune raison de ne pas m^adretâer droit à Zeutner, si r-fn'était celle que je désire ne rien Elire in bavariis, sans voij% ménager l'initiative.

J'étends cette question particulièrement k Tune de» ^y^mplications les plus graves que pré^^mtent les former des ik^'jvelles constitutions, savoir : la puhliciu^ d^i itanrjn ^t hj sténographie des protocoles. Je prétend* que nul ^It»t moti^r^ chique de moins de dix k douze miiii^in^ A\sn*:h u*: j/fru^ résister à cette forme. Les hommes às»u\ i^k fjUèU r^hUé^tnU sont trop rapprodiés; les injures vwt trop yÀçustui^k. M fi^-u ne compense leur infloence, car le^ oLjet^ d^œbitio.'j bofjf trop mesquins. J^arooe qu'en qualité d amhiûrvx , j ^;r5i^*<f .beaucoup mieux jouer le rôle d'uu f.^e}>»i4jt>-iu 'ju<^ K v* Berstett à Carlsmhe

Ce qui se passe à Berlio est d'une m^.^ftasj'^r juifij*le salut do monde. Tepl'Az n'a pa^ évf j^eyou . ^ C4xf tout sauvé. Laiséez crier qu^Jquet fvii> . ^ yjv^:>i>*-z *". :/« .- '. votre triomphe.

Vienne.

Mettemich à Neumann. Vienne, le 2 février 1820.

470. Je puis vous assurer que nos affaires sont finies ici. Le plus important travail, à la fois le plus 4ong et le plus directement lié à Tensemble du système fédéral , a déjà passé une fois au Plénum, et il a été admis, sauf quelques corrections grammaticales, qui seront terminées d'ici à deux jours. Je vous renverrai par le prochain courrier hebdomadaire. Ce n'est qu'après l'avoir lu que vous pourrez avoir une idée claire de ce que nous Saisons ici.

Il vous développera tout le jeu de cette grande Confédération. Vous y verrez précisés les droits et les devoirs des confédérés et la sphère d'activité de la Diète. J'espère que M. de Capo d'Istria finira même par comprendre l'un et l'autre. Il verra que la Confédération est unie, et que la Diète n*est pas sa Souveraine ; que quelques nuances séparent la Confédération monarchique allemande de la Confédération républicaine helvétique; que le canton de Bàle n'offre point de similitude avec la Bavière ou avec la Prusse, et que même le rôle du landamman directeur n'est pas celui de l'Empereur d'Autriche.

Les états de Bade vont se rassembler. Ce fait déroutera de nouveau le comte Capo d'Istria. Il va croire que pour le coup nous tombons en enfance. Rassembler les états , et faire des lois contre les assassinats libéraux ! faire les lois du 20 septembre , et ne plus en parler à Vienne ! Il y a dans tout cela de quoi confondre bien des systèmes. C'est que tout bonnement nous ne renouvelons pas ici, mais nous édifions ; nous ne revenons pas sur ce qui est fait, nous faisons de bonnes lois contre tous les genres d'excès, et nous abandonnerons à chaque État le soin de veiller à sa sûreté intérieure, en lui garantissant un appui fort et général pour le jour où il pourrait en avoir besoin. Nous faisons, en un mol, la paix et la tranquillité, en tant que des lois peuvent assurer Tune et Fautre.

OPPOSITION DU WURTEMBEBG (182t). 3^

l'opposition du WURTEMBERG A LA COMPÉTENCE UES CONFÊEEÏCES

Page 1