‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 4)Chapitre 97 sur 126 · L'INSURRECTION NAPOLITAINE, ETC. (I82I · texte numérisé non relu

L'INSURRECTION NAPOLITAINE, ETC. (I82I

Les deux Monarques font dëclarer simultanément à Gonstantinople que, fidèles aux principes qu'ils ont publiquement énoncés, ils ne soutiendront jamais et en aucun lieu les ennemis de Tordre public; que jamais ils ne prêteront aucun secours aux Grecs insurgés; que, d'un autre côté, ils abandonneront à la Porte elle-même le soin de veiller à sa propre sûreté. Gomme elle est restée étrang[ère jusqu'à ce jour à toutes les afl&ires de TEurope, nous ne nous sentons point appelés à nous mêler des siennes.

Ces déterminations des Souverains seront incessamment rendues publiques.

En attendant, je prie Votre Excellence de les porter, ainsi que tout le contenu de la présente dépêche, à la connaissance du Roi ; j'espère que Sa Majesté y puisera de justes motifs de tranquillité. C'est dans cet espoir que je tous expédie le courrier qui aura l'honneur de tous la remettre, et que je laisse à votre disposition.

Metternicli k Stadion. Laybach, le 5K6 mars iStl.

S49. L'afbire de Naples est finie. J*espère pouvoir expédier dans deux ou trois jours un courrier à Vienne, pour y faire chanter le Te Deum et tirer cent un coups de canon.

La réTolteen Piémont Ta mal comme révolution. J'enverrai demain à Vienne des preuves, qui ne sont pas équivoques, que son principal champion, le prince de Carignan, ne fait que pleurer. Le pays ne veut pas se révolutionner, et tout dépend aujourd'hui, pour réduire en poussière le petit nombre de canailles qui se prononcent, d*un coup de collier que pourra donner l'un ou l'autre des officiers généraux , entièrement dévoués au Roi, qui se sont mis en rapport avec le duc de Genevois.

Dans les crises révolutionnaires , on n'a toutefois jamais la possibilité de fonder un calcul sur des données trop souvent démenties le lendemain du jour où on s'y est livré. Je ne m'arrête donc qu'aux faits soumis à des calculs positifs.

ifn BECOEIL DE DOCCMEHTS (18IB-I83t1.

Si le Piémont rentre dans l'ordi-e, il le fera par ses propres moyens, et le fait sera immense. S'il ne rentre pas dans te devoir par ses propres moyens, il ne peut plus que tomber dans lanaicliie, et il est hors d'état de songer à une agression militaire contre «os provinces. Excepté l'armée qui est resléo tidèle au lloi, et qui est à Gènes et à Novare, le reste s' es! débandé, et les révolutionnaires ne pourraient pas rassembler huit mille hommes capables de marcher. On recrute des légions, el elles se composent d'étudiants et de bandits. Bubna est en pleine attitude. II pourrait, à l'heure qu'il est, disposer de thx mille hommes de l'arméç de Frimont; il ne les attirera à lui que quand nous serons solidement établis à Naples.

11 n'existe que deux chances : ou l'armée russe est inutile, ou elle est nécessaire. Dans le premier cas, elle rebroussera chemin sur-le-champ, et peut-être ne passe ra-t-el le pas même la frontière, si d'ici à peu de jours nous apprenons que le Piémont s'est guéri par lui-même. Si la révolution devait gagner toute l'Italie, les Russes n'y feront point de mal, et la seule' nouvelle de la possibilité de leur arrivée empêchera bien des amateurs de remuer.

Nous ne risquons pas de déclarer la guerre au Piémont, car c'estluiquinousTadéclaréeeniàisant une révolution. La Junte d'Alexandrie a déclaré la guerre à l'Autriche dans toutes le* formes, et la révolution à Turin n'a eu d'autre moyen de se faire qu'en annon<^ant qu'il ferait la conquête du Milanais.

Toute celte révolution n'est, au reste, qu'un coup de Jamac de quelques cerveaux brûlés, soutenus par le comité directeur de Paris dans le but de venir au secours de Naples. Maî$ l'inconcevable poltronnerie des bandes napolitaines et les belles el promptes manœuvres de noire armée ont déroulé ce plan. Le seul moyen qu'on avait naguère à Turin de soutenir la partie était de ^ire publier que tous nos bulletins étaient &ux, et que les Napolitains nous menaient tambour battant yen le Pù.

Quant à la révolution grecque, laissez-la aller. Je voua réponds que l'Empereur Alexandre y est aujourd'hui pour aussi peu que dans la révolution en Piémont. Vous aurez bien

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