‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich, chancelier de cour et d'État; pub. par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 5)Chapitre 20 sur 96 · SUR LA SITUATION EN HONGUIE · texte numérisé non relu

SUR LA SITUATION EN HONGUIE

ment national non-seulement n'est pas entravé par le Roi, mais est favorisé par ce Prince, qui poursuit sa tâche par tous les moyens rationnels.

L'idée d^une opposition magyare ne peut donc avoir pour base que Tintention d'opprimer les autres nationalités, qui forment la population du Royaume. Mais cette tendance n'élève pas l'opposition magyare à la hauteur d'une opposition poli*tique, d'un parti en lutte avec le trône; car, pour atteindre son but, il lui faudrait avant tout le concours du Souverain.

e). Le parti séparatiste.

Il se pourrait bien que cette opposition comptât moins d'adeptes avoués que d'adeptes déguisés. Mais repose-t-elle sur une base qui ré^iiste à l'analyse?

Au point de vue législatif et administratif, la Hongrie est séparée des autres parties qui forment l'Empire. Politiquement, elle concourt avec ces parties à former l'unité du tout. L'Empereur est Roi de Hongrie parce que le Roi est Empereur d'Autriche. Y a-t-il là un inconvénient pour la Hongrie? Il ne peut en résulter aucun de la réunion des couronnes, car quelle serait la situation du pays, s'il était politiquement séparé de l'Autriche, par suite de sa position géographique, de son faible degré de culture, de l'infériorité de son industrie, enfin des efforts inévitables qui pourraient seuls amener la séparation complète; quelle serait, dis-je, sa situation visà-vis des grands États voisins? Ramené à son élément le plus simple, le séparatisme appelle l'insurrection à son secours; l'insurrection et la résistance ne vont pas l*une sans l'autre et aboutissent à la conquête et à la ruine. Les séparatistes se proposent-ils de traverser une pareille série d'aventures?

f). L'opposition extravagante.

Elle compte bien la majorité de ceuxijui font de l'opposition en Hongrie. Elle comprend les esprits qui, sans connaissances sérieuses, sans développement pratique, aiment à répéter les

6f RECUEIL DE DOCUMENTS (1885 ISiH).

phrases à la mode, veulent jouer des rôles faciles, et deylennent ainsi la proie d*agitateurs aussi insensés qu'égoïstes.

D'après cette énumération des oppositions qui tiennent la campagne en Hongrie, la véritable force, la force ennemie du progrès qui subsiste en Hongrie, c'est le désordre sans nom dans lequel ce pays se trouve aujourd'hui par suite de l'agitation des partis^ auxquels il est livré. Dans un pareil état de choses, qui dénote une faiblesse absolue, l'esprit de l'opposition ne peut pas se mouvoir dans les voies où il pourrait avancer dans d'autres circonstances.

Il est de la nature des oppositions de renfermer, dans leur existence éphémère, un élément de faiblesse inévitable. L'idée d'une opposition permanente est une idée absurde, qui se perd dans celle de la contradiction avec la vérité comme avec le mensonge, avec le bien comme avec le mal, avec ce qui est manifestement utile comme avec ce qui est manifestement nuisible. Comme les idées de force et de durée sont inséparables l'une de l'autre, il y a dans l'existence passagère des oppositions une faiblesse réelle, qui se révèle dans la manière d'agir des partis sous la forme de la précipitation et de la violence. Pour eux, le moment perdu équivaut presque toujours à la cause perdue.

Ce n'est que lorsque les Gouvernements sont faibles que leurs adversaires sont forts; le Gouvernement est-il faible en Hongrie ?

Il l'est, s'il ne veut pas être fort ou s'il ne sait pas l'être. Les éléments de force les plus réels seront à la disposition du Roi le jour où il saura les voir, et parmi ces éléments il faut compter le sentiînent qui s'affirme aujourd'hui dans tout le pays, savoir, que les choses ne peuventpas durer ainsi. A ce sentiment s'ajoute celui que le secours ne peut venir que du Trône ; car de l'examen des fâcheuses tendances de toutes ces oppositions qui empêchent d'améliorer la situation de la Hongrie, il résulte précisément que parmi elles il ne s'en trouve pas une qui soit capable de devenir une puissance régénératrice.

JOURNAL DE LA PRINCESSE MÉLANIE (l845). 65

EXTRAITS DU JOURNAL DE LA PRINCESSE MÉLANIE. DÉTAILS BIOGRAPHIQUES

1493. Vienne (du 31 janvier au 20 juillet). — 1404. Au Johannisberg^du 21 juillet au 8 septembre). — 1405, Retour à Vienne par la Bohême (du 0 septembre au 31 décembre).

▼iBiriiE.

1403* Gyulai. — Les Leiningen. — Concert chez T Archiduchesse Sophie. — • Troubles en Suisse. — Fermentation en Allemagne. — Ismaïl-Bey. — Défaite des corps francs. — Etienne Széchényi. — Le prince héritier da V^urtemberg. — Le Père Jean-Baptiste du Mont-Garmel. — Le cardinal Altieri. — Députa tion de Bohême. -^ L* Archiduc François. — Représentation théâtrale chez T Archiduchesse Sophie. — M. de Bacourt. — Hurter. — Projet de mariage espagnol. — La Reine de Saie. — L'Archiduc Fré<* ' déric. — Fanny Elssler et Gentz. — La Reine de Saxe au Pavillon. — Projet de voyage. — La duchesse de Kent. — Dîner à Schœnbrunn. — - Concert.

Vienne, le 31 janvier 1845.

1483. A Tun des derniers bals de la Cour, TEmpereur s'est approché du comte Gyulai. et lui a dit qu'il lui donnait un régiment d'infanterie qui venait de devenir vacant. Sa Majesté a ajouté qu^elIe était heureuse de voir que Tannée comptait de nouveau dans ses rangs un régiment portant un nom qui avait toujours occupé une place distinguée dans les annales militaires. Gyulai a été très-flatté, mais aussi très-surpris de sa nomination, car il ne s'y attendait nullement.

8 février.

Aujourd'hui j'ai eu à diner toute la femille Leiningen. Le vieux général est venu avec deux neveux, dont l'un est colonel en Gralicie, tandis que l'autre a passé plusieurs années dans le Texas, où il prend part à des entreprises de colonisation. Ces deux jeunes gens sont très-agréables.

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