SUR LES ASSOCIATIONS
' 1519. Opinion motivée du chancelier d*£tat, formulée en 18^5, h une séance de la conférence d*£tat.
iSi9. Parmi les problèmes les plus graves et dont la solution est en même temps le plus urgente, je compte celui qui consiste à se faire une idée exacte de l'esprit d'association qui se manifeste partout.
Considéré dans son essence, cet esprit a pour base l'idée de la force augmentée par l'union des moyens.
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Le moyen doit être bien choisi, cela est ëvident. Selon que tel est le cas^ il faut tenir compte du but en vue duquel les moyens sont employés.
Dans notre époque si agitée à tous les égards, se produit ce fait singulier que le but et les moyens se contredisent souvent. L'expérience de tous les jours le prouve en ce qui concerne les associations.
Les associations, et par suite Tinstinct d'association, sont une des conditions essentielles de Thumanité. Cet instinct sert de base à la société; il forme celle de la vie des États à ses degrés les plus divers; en effet, que sont les États, sinon des associations créées en vue d'un but commun à atteindre par l^ction de forces communes?
Mais ces dernières demandent à être soumises à des règles sans l'aide et la protection desquelles le but d'une association quelconque ne pourrait jamais être atteint. L'association a besoin d'être protégée non-seulement contre les difficultés extérieures, elle en a encore plus besoin pour assurer sa cohésion. Si donc la société civile s'est livrée depuis son origine à rinstinct d'association qui est naturel à l'homme ; si , dans l'intérêt de son existence et de sa prospérité, elle a tiré en quelque sorte d'elle-même le principe de l'association sous les formes les plus diverses, il était réservé à notre époque de transformer le principe créateur en principe désorganisa^ leur.
Qu'on observe les associations qui poussent partout comme la mauvaise herbe, qu'on les soumette à un examen calme et impartial , et l'on se convaincra sans peine quelles poursuivent la plupart du temps un but contraire à la vie de la société politique, et que de réunions utiles elles n'ont que la forme.
Peut-on, doit-on prêter la main au mal?
Quels sont les voies et moyens de le combattre?
A la première de ces questions on ne peut répondre que par la négative.
Quand on examine la seconde, là prudence la plus vulgaire indique le remède. Ce remède consiste dans le maintien et dans l'exercice du droit de haute tutelle qui appartient à l'au-
toritë. Je me sers de cette idée de droit, parce qu'elle comprend la protection au dedans et au dehors qui doit être assurée aux associations utiles, et qu'en même temps elle met une entrave salutaire à celles qui s'égarent et qui sont nuisibles à ellesmêmes et aux autres.
L'impulsion donnée aux associations offre aujourd'hui à la société un degré supérieur de bien-être et de jouissances feciles; il en résulte un développement de l'esprit d'association qui fait craindre des retours f&cheux à l'observateur de sangfroid. Je n'ai pas l'idée de vouloir évoquer l'action du Gouvernement contre des associations dont le but est utile; ce qu'il faut leur recommander, c'est l'esprit d'ordre et de mesure, et cela dans l'intérêt général aussi bien que dans celui des membres des associations eux-mêmes. Ce n'est que contre des associations fondées dans un but mauvais que j'élève la voix, et parmi celles-là je compte toutes celles qui agissent d'une manière dissolvante sur les bases de la société, ou qui, par suite de spéculations personnelles, compromettent les intérêts moraux ou matériels des associés.
Afin que le Gouvernement puisse exercer son droit de protection, il (but qu'il connaisse l'esprit des associations qui se forment. Il faut donc que l'autorité suprême ait connaissance de l'idée fondamentale qui préside à l'association, et des voies et moyens qu'elle compte employer pour son développement, même avant qu'elle se constitue; ce n'est qu'à la suite de l'autorisation gouvernementale que des associations doivent pouvoir entrer dans la vie réelle.
Je n'ai pas besoin de rappeler qu'en exposant ces considérations, je ne prétends pas dire quelque chose de nouveau. Du reste, la prudence politique la plus élémentaire, et même la simple expérience de tous les temps, ont placé les associalions sous l'autorité et sous la surveillance de la loi et de l'administration. Seulement, aujourd'hui, cette autorité et cette surveillance sont insuffisantes , si l'on considère la multiplicité, l'extension et les diverses tendances des associations.
Il faut remédier à ce mal, et, comme un Gouvernement ne saurait avoir l'idée de s*opposer à des progrès utiles , favorisés
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par les circonstances dans la vie de FÉtat , il lui incombe un devoir sérieux, celui de veiller à ce que les pouvoirs protecteurs marchent du même pas que les objets auxquels doit s'étendre son action.
Il existe chez nous des dispositions légales et administratives relativement aux associations. Sont-elles à la hauteur des besoins du jour? Je suis persuadé du contraire ; je ne m'étonne même pas qu'il y ait des lacunes. Notre Monarchie a su se tenir plus longtemps que n'importe quel autre État européen en dehors du mouvement social qui constitue l'histoire du dernier demi-siècle. Le long règne de l'Empereur François, ce règne qui s'appuyait sur la justice et la sagesse, le dévouement et la loyauté du peuple, la base solide fournie par de sages lois et par une administration bien réglée, et même un état de guerre qui a duré plus de vingt ans, en ont offert les moyens; la guerre elle-même a contribué à ce résultat, parce que les peuples n'aiment pas à céder à la volonté de celui qui s'est déclaré l'ennemi de tous.
Combien est différente non -seulement la situation de l'Empire d'Autriche, mais encore celle de tous les États européens, à la suite de trente années de paix politique ! Pendant cette période, les bienfaits et les dangers du repos ont pris une extension unique dans l'histoire. L'esprit et les capitaux sont dans une agitation fiévreuse ; des forces nouvelles se sont développées et cherchent partout à se faire jour. Les associations, considérées comme un moyen vivant, fécond et commode pour atteindre un but louable ou mauvais , se sont ouvert des voies dans les directions les plus variées.
Nos lois, nos prescriptions et nos règles sont-elles à la hauteur des besoins du jour? Certainement non. Il faut donc qu'elles soient complétées, qu'elles soient accommodées à tous les besoins du moment, et, pour que cela soit possible, il faut que celles qui existent déjà soient examinées, remaniées et complétées. Cela ne saurait être la tâche du Gouvernement considéré dans son ensemble ni celle d'un seul homme ; pour arriver à un résultat aussi urgent, il faut une commission qui soit chargée de pourvoir à ce soin.
Je me permets de proposer la création d'une commission de ce genre.
J'ai constaté au début du présent exposé que l'idée créatrice qui devrait servir de base à Tassociation , est fréquemment remplacée , de nos jours, par l'idée dissolvante et destructrice. Pour s'en convaincre, il suffit de jeter un regard sur les associations, qui se sont tant développées sous tous les rapports. Sur le terrain moral comme sur le terrain matériel, il se forme des associations innombrables ; dans la forme qui correspond à ridée se fondent de prétendues églises , des associations scientifiques, techniques, sociales, utiles et dignes d'être protégées, ou bien des associations créées uniquement par des spéculateurs égoïstes, et qui sont, par cela même, des entreprises industrielles condamnables.
Le droit de surveiller et de réglementer de telles entreprises depuis leur point de départ, alors qu'elles n'existent encore qu'à l'état d'idée , jusqu'à ce qu'elles entrent dans le domaine des faits, n'est pas seulement un droit indiscutable pour les Gouvernements; il y a encore un devoir qui s'impose à ces derniers, c'est celui de veiller au développement de l'utile et de ce qui est vraiment bien, et d'empêcber, d'autre part, que la forme de l'association ne finisse par entraîner la ruine des États et des associés.
EXTRAITS DU JOURNAL DE LA PRINCESSE MÉLANIE. DETAILS BIOGRAPHIQUES
1520. Vienne (du i*'' janvier h. la fin du mois de juin). — 1521. Voyage en Bohême (du !«' juillet au 12 septembre). ^1522. Retour à Vienne (du 13 septembre au 26 octobre).
1520. Commencement de l'année. — 1/Empereur Nicolas. *- Détails sur la société. — Clément Hûgel est nommé directeur des archives. -» Mort du duc de Modène. — Nesseirode. — Projet de construction. — Mort du comte Sambuy. — Bals. — Soulèvement à Cracovie. — Rolowrat. — Benedek. — Portrait de l'Archiduc François. — Excès révolutionnaires. — Affaires de Hongrie. — Le marquis de Souza. — Jenny Lind, Fanny EUslcr et Liszt. — Fêtes. — L'Impératrice de Russie et l'Impératrice régnante. — Meyendorff. — Le général Hess. — Mort de Grégoire XVI. — Pie IX. — Le monument élevé à la mémoire do l'Empereur François-
Vienne, le !•' janvier 184^.
1520. Que Dieu, la Sainte Vierge et tous les saints daignent nous protéger et nous faire la grâce de nous accorder leur secours! Je suis habituée à commencer et à passer les années dans une grande agitation; mais aucune n^a encore débuté sous un aspect aussi menaçant. L^Empereur Nicolas ne se départ pas de sa rigidité. Clément est allé chez lui à dix heures; rentre tien a duré longtemps et a été très-utile au point de vue politique.
Le soir, l'Empereur de Russie a reçu tous les Archiducs et notre Empereur lui-même ; il a causé longuement et intimement avec les Archiducs Albert et Jean.
Du 2 janvier au 28 février.
L'Empereur Nicolas est parti le 2, à neuf heures du matin, après avoir distribué une foule de croix et de décorations de tout genre.