Moyens d'exécution
Sa Majesté nomme... individus, sous la présidence du..., à TefiFet d'élaborer les statuts et de préparer toutes les mesures nécessaires pour la création de l'Académie.
10. Le jour qu'il conviendrait de fixer pour la publication des statuts serait celui 'du prochain anniversaire de la naissance de l'Empereur.
Lettre de cabinet de l'Empereur Ferdinand au prince de Metternich. Vienne, le 30 mai 1846.
1535. Mon cher prince de Metternich, considérant les propositions que vous avez faites dans votre rapport du 13 janvier 1846 et que vous avez développées plus amplement dans la suite, je me sens disposé à créer dans ma capitale Vienne un Institut scientifique sous la dénomination d' « Académie Impériale et Royale des sciences », et à cette fin j'adresse à mon grand chancelier la lettre ci-annexée en copie*.
* Dans cette lettre, la destination de l'Académie des sciences est indiquée de la manière suivante : L'Académie aura pour mission de vérifier les progrès réalisés dans les branches qui rentrent dans son domaine, et de vulgariser, dans la limite du possible, les découvertes sérieuses et pratiques, mais en même temps d'aider le Gouvernement à atteindre le but qu'il poursuit en cherchant la solution d^ problèmes et de questions scientifiques qui sont du domaine de la science, ainsi qu'en publiant des mémoires instructifs et des recherches fécondes sur la situation de la Monarchie à cet égard. Le reste de
Mettemich à TEmperear Ferdinand (Rapport). Vienne, le 24 juin 1845.
1536. Par votre lettre du 30 mai dernier (n* 1535), Votre Majesté a daigné fixer les points principaux auxquels il fiaut s'attacher pour l'élaboration des statuts de TAcadémie des sciences nouvellement créée.
Une clause essentielle, c'est que Votre Majesté s'est réservé de nommer un curateur pour cette institution.
Or, comme il est à souhaiter que les travaux préparés ea vue de faire entrer cette nouvelle institution dans la vie publique soient arrêtés d'une manière définitive par le pouvoir central, de concert avec le curateur à nommer par Votre Majesté, le moment me paraît venu, Sire, de désigner le curateur que vous entendez choisir pour l'Académie des sciences.
Je me permets donc d'appeler respectueusement Fattention de Votre Majesté sur cette nomination, et de proposer à son choix Son Altesse Impériale l'Archiduc Jean*.
Mettemich à l'Arcbiduc Jean (Lettre). Vienne, le 20 juillet 1846.
1537. ...A propos de la création d'une Académie des sciences à Vienne, je me suis permis d'exposer librement ma manière de voir à Votre Altesse Impériale dans l'entretien qu'Elle m'a fait l'honneur de m'accorder. Je ne cherche pas dans des institutions de ce genre ce que d'autres croient y trouver. Toutefois, j'attribue à l'Académie une valeur bien positive et des avantages qu'on ne saurait méconnaître. J'entends par là l'existence d'un centre où le but vers lequel doit
tendre la science soit nettement indiqué, et qui offre le plus sûr moyen de réagir contre cette agitation sans but qui est malheureusement le caractère de l'époque actuelle. Voilà aussi pourla lettre de cabinet se rattache, dans ses parties essentielles, au projet que nous avons communiqué au lecteur sous le n® 1534.
{Note de tÈditeur.) * Cette proposition fut approuvée en vertu d*une résolution souveraine du 2 juillet 1846. (Note de l'Editeur.)
quoi, dans la proposition que j'ai soumise respectueusement à Sa Majesté relativement à la création d'une Académie des sciences à Vienne, j'ai conseillé de 1 imiter la sphère d'action de ce corps aux sciences qui se prêtent à la centralisation, c'est-àdire exclusivement aux sciences positives. Ce qui ne rentre pas dans ce domaine peut convenir à d'autres institutions, mais ne doit pas figurer dans une Académie des sciences. Il n'y a qu'une Académie limitée de cette manière qui puisse servir les intérêts des sciences, de ceux qui les cultivent, et l'intérêt bien entendu du Gouvernement qui travaille à fevoriser le progrès des lumières.
Sa Majesté l'Empereur a renfermé une fois pour toutes l'Académie impériale des sciences de Vienne dans des limites qu'elle ne doit pas dépasser; Elle avait de bonnes raisons pour cela, et Elle était guidée par des considérations politiques d'une grande importance. Par ce moyen, Elle prévient bien des inconvénients qu'il aurait été difficile d'éviter dans l'état d'agitation où sont actuellement les esprits, si l'on avait ouvert à l'Académie le champ de la théologie, de la philosophie et de la jurisprudence.
Il s'agissait toutefois de donner à la nouvelle création d'une Académie des sciences à Vienne, dès son entrée dans l'organisme de l'État impérial autrichien, le caractère fait pour indiquer nettement la pensée qui a présidé à la nouvelle institution, c'est-à-dire celui de la situation d'un corps indépendant qui, sans être enfermé dans les formes bureaucratiques d'une autorité de l'État, et sans dépendre d'une autorité de ce genre, peut se mouvoir librement dans les limites de ses statuts, ainsi que l'exige l'étude scientifique ; l'Empereur, en daignant nommer Votre Altesse Impériale curateur de cette institution, a fait ce qui était le plus utile pour introduire dignement dans la vie publique cette nouvelle création, qui exercera nécessairement une influence morale considérable.
Votre Altesse Impériale, qui est appréciée et considérée dans le monde savant, sera pour l'Académie un conseiller bienveillant et pour les intérêts de l'État un gardien consciencieux, dans le cas où ces intérêts viendraient à entrer en
conflit avec les théories de la science. Par votre influence, par vos paroles et par vos actions, vous donnerez la vie à cette création, et vous l'animerez de l'esprit qui seul semble pouvoir assurer à l'Académie une existence honorable.
Partant de ce point de vue, Sa Majesté, en fixant provisoirement les statuts de TAcadémie, a déterminé la sphère d'action du curateur.
Si Votre Altesse Impériale conçoit des scrupules & cet égard ou sous tout autre rapport, ou bien si Elle a des observations à foire, je la prie de profiter de l'occasion qui lui est offerte et de nous prêter le concours de ses lumières*.