COLP D'OEIL SCR LA SITUATION DE L'ITALIE
en réalité qu'une arme entre leurs mains, qu'une association d'ouvriers chargés de frayer, — à leurs risques et périls, — la Toie du bouleversement général de ce qui existe, y compris ce qu'un inepte libéralisme tient de bonne foi à conserver. Des hommes de la trempe de Bicciardi et de Leopardi traitent de a fous et d'imbéciles » les Baibo et les Àzeglio; et Mazzini, à la tète de la jeune Italie, repousse toute protestation autre que celle à coups de fusil et de poignard.
Aussi ce chef de sectaires se propose-t-il de transporter son quartier général à Lausanne, pour être plus près du théâtre des événements.
Mais cette émigration, qui, sous l'égide de la France, $oit volontaire, soit imposée par la situation même à son Gouvernement, ne cesse de travailler pour hâter le moment où il lui sera donné de couvrir l'Italie de sang et de ruines, se compose tout au plus de sept cents individus, dispersés sur la surface du globe.
Cette poignée d'hommes pourrait-elle tenir en haleine vingt-deux millions d'âmes, si elle n'avait des complices dans l'intérieur de la Péninsule? Est-il au pouvoir des Gouvernements italiens d'empêcher qu'il existe dans leurs États des esprits faux et des esprits perdus? Ce fait est placé en dehors (le leurs facultés ; ce qui ne l'est pas, c'est le soin de ne point prêter eux-mêmes des armes à leurs ennemis, soit par une protection active, soit par une tolérance qui tourne encore plus à l'avantage des factieux, qu'une protection qui fausserait leur position*.
* Ce mémoire, écrit probablement pour le Cabinet sarde, a été aussi envoyé plus tard, avec une lettre datée du !*■' mars 1847, au comte de BuoI, pour qu'il le communiquât au comte délia Margherita. Voir n» 1573.
(iVo/e de t Éditeur.)
EXTRAITS DU JOURNAL DE LA PRINCESSE MÉLANIE. DÉTAILS BIOGRAPHIQUES
1569. Tienne (de janvier à décembre).
1560. Mort du Palatin. — La situation en Prusse. — Le palais Liechtenstein.
— Lola Montes. — La maison du Rennwe^ — La situation en France. — Triste fête de Pâques. — Agitation en Italie. — L*abbesse de Minsk. — Mort de TÂrcliiduc Charles. — Procession de la Fête-Dieu. — Le prince Frédéric de Wurtembei^g. — La famille de Scbleswig-Holstein-Âugustenburg. — Rome en état de révolution. — Sombre horizon. — Dégoût de la vie. — Mission de Ficquelmont en Italie. -» L'Archiduc Ferdinand. — Complications à Rome. — Protestations du Pape. — Projet de voyage en Italie. — Le nonce. — La famille ducale de Fitz-James. — Rlindworth.
— La France en état de décomposition. — La duchesse Louis de Wurtembei^. — L*Archiduc Etienne. — Madame de Bacharacht. — La duchesse de Prasiin. — Voyage de l'Empereur et de Tlmpératrice en Styrie. — Les nonnes d'Assise. — Désordres à Milan, etc. — Le prince de Canino. — M. d'Usedom. — L'affaire de Ferrare. — Députation du comilat de Raab. — Projet d'assassinat. — >' Le mariage de l'Archiduchesse Elisabeth.
— Mort de l'Ârcliiduc Frédéric. — Catastrophe à Komorn. — L'Archiduc François. — Leçons de diplomatie. — Agitation croissante en Italie. — Mission de Neumann. — Fritz Schwarzenberg veut prendre part à la guerre dn Sonderbund. — La Sardaigne. — Affaires de Hongrie. — Modène et la Toscane. — Fin de la guerre du Sonderbund. — « Das Verspreschen hinterm Herd, • — Chez les Impératrices. — La veuve de Gervay. — - MensdorlT. — Mort de Marie-Louise.
Vienne, janvier 1847.
1869. Le Palatin a été repris de son mal d'intestins; mais il s'est remis au bout de quelques jours, et on le croyait déjà sauvé, lorsqu'il mourut le 1«3, à neuf heures du matin. Il était entouré de tous ses enfants, car TÂrchiduc Etienne était encore arrivé assez tôt pour assister à ses derniers moments. Il a eu une belle fin : après avoir accompli tous ses devoirs, il a encore adressé de touchantes paroles d'adieu à chacun de ses enfiants.
L'Impératrice régnante est venue me foire une visite de condoléance à l'occasion de la mort de mon pauvre frère Victor*.
Ârnim est au désespoir de tout ce qui se passe en Prusse. Le Roi a promulgué cette Constitution, sans force et sans vertu, qui n'est rien aujourd'hui, mais qui demain peut se changer en foudre et détruire le Royaume.
Mars.
L^ambassadeur d'Angleterre ayant eu ses soirées de réception, l'ambassadrice a aussi donné les siennes, le 22, le 23 et le 24. Il m'a fallu me charger des présentations, ce qui m'a été très-pénible dans la triste disposition où je suis. Quoi qu'il en soit, je suis déjà tellement habituée à ce genre de contrariétés que j'y suis devenue insensible.
Louis de Liechtenstein s'est installé dans sa nouvelle maison. On dit qu'elle est magnifique , et tout le monde en parle avec le même enthousiasme et la même admiration.
Notre bon vieux Senfft est arrivé; il ne peut assez parler de Lola Montés. Le pauvre pays de Bavière est dans un triste état, qui ne fait qu'empirer chaque jour.
Nous avons eu pendant quelques jours une température trèsdouce; nous sommes allés tous les jours au Rennweg, où l'on travaille activement à la construction d'une grande maison qui doit devenir la demeure de la fiaimille. Clément s'en occupe beaucoup, mais moi je n'y pense qu'en tremblant. Cette maison est destinée à nous recevoir quand il nous sera enlevé, celui qui fait toute notre vie. L'avenir est si sombre et le présent si triste pour moi, que je ne laisse guère mes pensées s'égarer au delà du lendemain; je prie Dieu qu'il me fasse la grâce de bien remplir les jours qui m'attendent encore, et que, pour le rest^, il me donne la force de me soumettre à sa sainte volonté.
Hùbner est arrivé de Paris; on a du plaisir à l'entendre parler d'une foule de choses. Guizot paraît être dans une situa-
* Il était mort peu de temps auparavant, des saites d'une chute de voiture.
(Note de l'Éditeur,)