VII
886 RECUEIL DK DOCUMENTS (1885-1848).
discussion dans une dépêche à Votre Excellence, il faut que je vous rende compte de la raison qui m'a engaçé à m'y abandonner.
Le Roi TOUS a dit qu'il ne tenait pas à la succession de la descendance de son fils au trône de TEspagne . Je comprends non-seulement ce sentiment de Sa Majesté, mais je serais étonné si, en jetant un regard sur les éléments dont se compose la situation, ses dispositions étaient autres.
En me plaçant ainsi sur le terrain de la vérité, et en admettant que les vues du Roi soient telles que je le crois, je ne puis me dissimuler que les choses n'en sont pas plus avancées.
La Jin des démêlés sans nombre qui tirent leur origine des affaires espagnoles ne peut, d'après mon intime conviction, se trouver qu'en Espagne et n'être amenée que par l'Espagne. Ni l'entente cordiale ni la brouille entourée de ménagements, non plus que la rupture ouverte entre l'Angleterre et ia France, ne mettent fin au mal; c'est l'Espagne seule qui en a la faculté.
Le Roi des Français, quelque disposé qu'il puisse être à ne point tenir à la succession de la descendance de son fils au trône d'Espagne, et le Gouvernement anglais pleinement décidé à ne pas reconnaître à l'Infiante la faculté de monter sur le trône espagnol, peuvent contribuer à amener par l'Espagne la fin d'un dangereux conflit ; mais ce n'est ni dans une décision de l'une ou de l'autre de ces puissances, ni dans une décision commune de leur part, que se trouverait la^n.
La question ainsi posée, ce serait seulement dans une entente entre les deux Cours aujourd'hui en opposition que pourrait, à notre avis, se trouver non la fin, mais la préparation d'une solution.
13 ne entente entre les deux Cours est-elle possible aujourd'hui? Ce n'est pas moi qui le sais ni même qui pourrais le prévoir. Ce que je sais, c'est que l'Espagne seule peut mettre un terme à la cause de la tension qui existe entre les deux puissances voisines, ou du moins de celle qui, parmi beaucoup d'autres causes, est la plus en évidence.
Nous, Monsieur l'ambassadeur, nous demeurerons ferme»