VII. Al
yeux le yéritable devoir de l'homme d'Etat. En entrant au ministère et même longtemps auparavant, je regardais Napoléon comme le phénomène sur lequel mon attention tout entière devait se porter de préférence. C'est en lui que la Révolution s'était incarnée; c'est la puissance de Napoléon qui l'avait paralysée au point de vue social ; au point de vue politique, elle était une arme h deux tranchants, que Napoléon s'est entendu à manier d'un bras puissant et d'un esprit plus puissant encore.
Je n'ai pas ^oiivern^ l'Empire. Les pouvoirs à tous les degré* n'y étaient pas seulement rigoureusement définis et enfermé» dans des limites étroites, mais encore ils se distinguaient sous ce rapport par un esprit méticuleux qui amenait la lenteur dans la marche des affaires. Le principe gouvernemental de TEmpereur François était contenu dans la devise : « Justitia regnorum fundamentum » , qui répondait à son esprit et à son caractère ; elle lui a servi de règle invariable dans toutes les affaires du gouvernement. Quand je lui faisais observer qu'on pouvait, dans des cas donnés, enfreindre cette loi juste dans son point de départ, il me donnait raison, mais il avait Thabî-tude d'ajouter : a Je suis né pour faire respecter le droît^ et ma position m'y oblige ; mieux vaut la rigueur inévitable dans des cas particuliers que Taffeiblissement de la règle à force d*exceptions. » Ma devise à moi est : « La force dans le droit. « Sous le rapport du sens, les deux dictons se confondent; seulement la devise de l'Empereur est l'expression abstraite de l'idée de justice, tandis que la mienne est plutôt un principe de droit public. La devise que j'ai conseillé à l'Empereur Fer* dinand d'adopter lors de son avènement : « Recta tueri n , offire à ce point de vue une nuance de plus.
Les affaires sont Vexpression des hommes qui ont & en influencer la marche. Les idées contenues dans les mots facile et difficile ne se rapportent pas seulement à la nature des affaires ; il faut tenir grand compte des qualités et des apti-