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de vie bien uniforme et bien simple, tellement uniforme que je ne puis rien vous écrire de nouveau. Je joins une invitation pour un dfner chez les Français. Vous y trouverez toutes les
anciennes formes ; Treilhard est en général très-poli, ce qui
fait le contraste le plus frappant avec son collègue, qui est ce que nous appelons «de la quintessence de rustre». Le Courrier du jour, feuille parisienne, censure même son air froid et grossier, dans son numéro d'hier, et il a parfaitement raison. On ignore encore le jour de l'arrivée de Bonaparte. Les Français, en attendant, font des progrès de tous les côtés; ils bloquent Mayence, viennent de prendre possession de l'évêché de Bâle, ce qui inquiète beaucoup les Suisses, qui les voient actuellement au milieu de leur pays, qui risquent d'être révolutionnés comme les peuples de l'Italie, et qui ne s'en soucient guère. Le ciel sait où ce feu s'arrêtera ; mais il est sûr qu’il n°y a aucune raison pour que le reste de l'Europe ne soit pas ébranlé jusque dans ses fondements par les quarante millions d'hommes qui tous visent actuellement au même but. On ne rêve en France, dans ce moment, qu'à la descente en Angleterre. Les projets les plus insensés se forment, et il me paraît que ceux qui le sont même le moins sont aussi inexécutables. Un certain Tillorier veut passer en ballon; un nommé Garnier, en patins élastiques; un troisième prétend avoir inventé une espèce de bateau pour passer sous l'eau et par conséquent ne point être vu ; et le quatrième, le plus fou de tous, voudrait qu’on tächàt de faire des canons qui, en tirant à cinquante lieues, foudroieraient l'Angleterre des batteries de la France. On croit avoir affaire à des fous, et point du tout : voilà les faiseurs de projets du moment. On dit que Bonaparte a reçu dans un jour plus de deux mille projets, plans et lettres, au moment de son arrivée à Paris. 22 décembre.
48. Nous sommes toujours dans l'attente de l’arrivée de Bonaparte. Les feuilles de Paris annoncent son départ dans quasi chacun de leurs numéros; on l’attendait avant-hier à Strasbourg, et il n’y est point arrivé. Mayence est en attendant au diable, et il faut faire la croix sur toute la rive gauche ; bien
des gens n'y croient pas encore; mais, moi, j'en ai fait depuis longtemps le sacrifice, et, arrive ce qu’il voudra, je ne serai étonné de rien. 24 décembre.
49. Je sors de table chez Treilhard, qui nous a donné son premier diner. Nous y avons fait très-bonne chère; je ne sais qui lui a fait [a cuisine, car il y a trois jours qu'il avait fait demander à Aimé s'il voulait lui faire son diner ; mais il s’est, dans tous les cas, très-bien adressé. Bon vin et bonne chère, voilà à quoi se réduit le culte de cette nation régénérée ; ils ne connaissent d'autre Dieu que leur estomac et d’autre jouissance que celle des sens. On ne se doute pas, chez eux, qu'il est aujourd'hui Noël; ils ne connaissent que le 5 nivôse. J’ai été à la messe de minuit chez les Piaristes avec mon père et le comte de Lehrbach”; je ne crois pas qu'un seul de toute l'ambassade française, ni maître ni valet, ait songé à entendre une messe. Nous étions à peu près vingt personnes à diner ; d’abord, et comme de raison, tout ce qui compose leur suite, puis nous autres, et encore quelques envoyés. Le diner s’est très-bien passé ; on a beaucoup causé et beaucoup mangé, et voilà tout ce que j'en puis dire de mieux. 25 décembre.
20. Ce que Merveldt vous dit de la durée du congrès est entièrement vague. Je défie que quelqu'un fixe sa durée; mais tant il y a qu'il n’a pas encore commencé : jugez si dans un mois il peut être fini. Les Français, qui se refusent à recevoir les pleins pouvoirs de la députation de l’Empire sous la forme présente, ont obligé cette dernière à s’en procurer de nouveaux. Il est absolument impossible que ceux-ci arrivent avant quatre ou six semaines ; ainsi, jugez du reste. Mon père est le seul qui traite avec eux, leurs pleins pouvoirs étant échangés avec les siens. Tout le monde est on ne peut plus content de lui et de sa manière de traiter, et je ne doute nullement que la Cour n’en soit tout aussi satisfaite. 27 décembre.
* Conrad-Louis de Lehrbach, baron de l’Empire, qui représenta au congrès de Rastadt le cercle d'Autriche, et plus tard encore la Hongrie et la Bohème. (Note de l'Éditeur.)
24. Les Français sont entrés dans Bale, et sous le prétexte de n'occuper que les maisons qui appartiennent à l’évêque et qu'ils ont déclaré leur appartenir, et pour ne point violer la neutralité, ils y ont envoyé quelques milliers d'hommes sans armes. Voici le premier pas contre la liberté suisse, et vous verrez que dans peu de mois tout ce bon pays sera en proie à une révolution. De quel horrible augure cette démarche inouïe dans le droit des gens n’est-elle pas pour tous les peuples voisins du gouffre! La Révolution aura entrainé dans son torrent près de cinquante millions d'hommes dans moins de soixante-dix ans, et où s'arrétera-t-elle ? Je plains ces pauvres Suisses ; mais ils sont perdus, et nous aurons la révolution sur toutes les frontières du Tyrol. Les Français sont entrés hier dans Mayence. 31 décembre.
22. Bonaparte est attendu pour samedi ou dimanche. Je ne sais trop s'il faut se réjouir de cette arrivée : j'ai peur qu'il ne tranche un peu dans le vif; son expédition d'Angleterre le tourmente, sans que je croie que jamais elle puisse réussir, et il voudrait avoir les mains libres. On dit toujours que sa femme l’accompagnera. Rastadt, 1 janvier.
25. Nos affaires ici vont leur train; elles iront plus vite quand une fois Bonaparte sera arrivé. Il y aura un train du diable quand une fois toute la machine se mettra à craquer. La rive gauche du Rhin est irréparablement perdue ; mais j'ai les espérances les mieux fondées d’une réussite complète pour nos indemnités. J'ai brisé la glace ; j'ai eu une conversation d’une heure avec Treilhard, et le résultat en a été si curieux, que j'en envoie par le méme courrier un rapport à Thugut ”
* Jean-Amédée, baron de Thugut, ministre des affaires étrangères d'Autriche, (Note de l'Éditeur.\
qui me fera honneur, je l'espère. Ma qualité de député des Comtes m'est d’un avantage inappréciable; elle me met à même de travailler par et pour moi-même, et je vous jure que je ne perds ni une minute ni une occasion; mon projet d'indemnité sur la rive droite a été accepté d'autant plus facilement par les Français qu'ils avaient depuis longtemps conçu la même idée. Mon père se concilie tous les esprits; vous n'avez pas d'idée combien on est généralement content de lui et combien tout le monde lui rend justice. Nulle place n'eût été mieux faite pour lui, et jamais homme mieux pour cette place ; il se tirera de toute cette difficile besogne avec infiniment d'honneur et d'avantages. Je n'entre pas dans le détail des affaires : je vous expliquerai bien mieux de vive voix de quoi il s'agit quaud je serai à Vienne ; mais soyez gaie et contente. Il nous arrive actuellement des ministres de tous les coins de l'univers, nous avons des envoyés cisalpin, ligurien, hollandais, suisse, grison, etc.; bien des personnes, et surtout à Vienne où on ne sait que ce qui se passe dans une enceinte de trois lieues, croyaient que ce congrès de Rastadt ne serait qu'un jeu : « mais lout est arrangé », se disaient nos grands politiqueurs ; vous vous souviendrez que je prétendais éternellement le contraire. C'est ici que se décide maintenant le sort de l'univers entier, et c’est de la paix de Rastadt seule que datera celle de l'Europe, si ce siècle orageux lui permet d'en avoir une. Tout ce que je prévoyais arrive : chaque puissance cherche à regagner au moins quelque chose de ce qu'elle a perdu, en empéchant une troisième de s'agrandir ; tous les éléments politiques sont en combustion, et le dénoûment final n’est attendu par personne. 6 janvier.
24. Nous avons eu avant-hier un bal dans la salle de spectacle, nous en avons un autre aujourd'hui. C'est bien sous la calotte des cieux la chose la plus ennuyeuse qu'un bal à Rastadt ; il y avait à peu près cent hommes, quasi tous ministres et députés, et de huit à dix femmes, dont la moitié encore avaient Ja cinquantaine. Ce n'est vraiment que faute de mieux que l'on finit par y aller. 9 janvier.
26. Bonaparte n'est toujours pas encore arrivé : je ne sais trop à quoi attribuer les causes de ce retard : les uns disent que les affaires de la descente en Angleterre l’occupent beaucoup, d'autres supposent qu'il veut attendre l’arrivée des pleins pouvoirs des députés de l'Empire, et les troisièmes croient que sa toute-puissance a beaucoup baissé depuis qu'il n’est plus entouré de toute son armée et de cette foule d'aides de camp et d'admirateurs. Il est sûr toujours que Bonaparte est la créature de Barras, et que Rewbell *, qui n’est pas bien avec ce dernier, a un pouvoir infiniment supérieur dans ce moment. Le temps expliquera l'énigme, mais il n’y a encore aucun. doute sur son retour; le moment seul n’en est pas fixé, et je serais fâché de ne pas le voir avant mon départ. La comédie se joue, en attendant, comme s’il y était, et tout va son train. 13 janvier.
26. Les pleins pouvoirs nouveaux pour la députation de l'Empire sont arrivés; la négociation, qui n'avait été menée jusqu'à présent que par mon père seul, commencera dons aussi avec la députation, et les affaires acquerront un degré d'intérêt bien plus prononcé. Je serai chargé de dépéches bien intéressantes pour Vienne, et je pourrai vous dire à mon retour bien plus qu’à présent. La bombe est en l'air, elle éclatera ; heureux ceux qui n’en seront point atteints! Vous ne vous faites point d'idée du désespoir qui règne sur la rive gauche du Rhin ; les habitants avaient espéré jusqu'à présent redevenir Allemands, mais leur espoir baisse chaque jour et fait place au plus profond chagrin; il est sûr que le sort des propriétaires est triste, et si jamais la qualité d'État de l'Empire est précieuse, c'est bien dans le moment actuel. J'ai rassemblé une foule de données sur l’état intérieur de ce malheureux pays, et je crois en avoir assez entendu par des personnes de tous les partis pour croire être parfaitement au courant de ce qui s'y passe. Je n'entre dans aucun détail ; je me
#Barras et Rewbell, conventionnels connus, plus tard membres du Directoire exécutif. (Note de F Éditeur.)
fais une fête de vous les donner moi-même, et ne veux pas confier à du papier ce que je vous dirai bien mieux de vive voix. |
Nous avons eu hier un concert où j'ai beaucoup joué. Un des envoyés de l’Empire a un jeune homme ici avec lui qui a un talent bien distingué pour le violon, et qui sera un sujet parfait s'il s'applique beaucoup ; nous lui avons arrangé un concert entre amateurs, et le public payait un petit écu d'entrée. La musique a été bien choisie et le concert parfait, au point que tout le monde en a été étonné. J'ai mené l'orchestre dans les symphonies et dans les concerts, et j'ai joué avec le héros de la fête et deux amateurs un quatuor qui a été si bien, que tout le monde en parle encore aujourd'hui. Voilà à peu près-la meilleure soirée que j'aie encore passée à Rastadt, car Jaime à la folie à faire de la musique. 16 janvier.
27. Le congrès a été ouvert aussi splendidement que possible, ce matin. Mon père a été à la députation et lui a communiqué la première proposition des Français, qui ne tend à autre chose qu'à garder la rive gauche, ce que nous savons depuis longtemps, et vous direz que telle est la proposition si vous voyez qu'on n'en fait pas mystère à Vienne. Vous savez quil ne fait pas bon étre le premier à dire quelque chose. J'attends l'expédition des dépêches que je prendrai avec moi, ce qui m’empéche de fixer le jour du départ ; mais croyez-moi, et soyez convaincue que je serai à Vienne avant la fin du mois. 19 janvier.
28. Voici la dernière lettre que vous recevrez de moi, ma bonne amie ; peut-être même arriverai-je en même temps qu'elle. Je partirai définitivement mardi 23 ; il me faudra à peu près six jours pour faire la route, et je vous embrasserai le 29 ou le 30 de ce mois.
La nouvelle que je vous avais mandée il y a quelques jours, que les Français avaient occupé Bäle, est fausse ; ce qui est d'autant plus étonnant que les Français eux-mêmes avaient
répandu cette nouvelle ici. L'un d'eux me l'avait dit lui-même.
Ainsi, voilà le premier mensonge que je vous écris de Rastadi. 21 janvier.
09. Me voici donc encore une fois dans ce malheureux Rastadt, à deux cents lieues de vous et de nos bons petits enfants! Je suis arrivé hier soir; personne ne m attendait, et je suis tombé comme une bombe dans la chambre de ma mère, qui sortait du spectacle. Mon voyage a été très-heureux.. Rastadt est toujours le même. 19 mars.
50. J'ai soupé hier chez les Français. Il n'y avait que trèspeu de monde, et je me suis couché de bonne heure pour me reposer. Nous avons encore l'opéra pour quelques jours, et la comédie viendra le remplacer. Je n'y ai trouvé aucun changement : mêmes personnages et mêmes pièces, excepté quelques nouveautés que le directeur fera donner pour moi encore avant leur départ. Je ferai aujourd'hui mes visites, pour étre parfaitement en règle. 20 mars.
51. Nous avons eu hier soir chez M. de Cobenzl un souper avec tous les acteurs de l'Opéra. Il n'y avait en femmes que mademoiselle Hyacinthe. Ils sont tous partis aujourd'hui pour ne plus revenir; la comédie les remplace, et après Pâques reviendra un opéra tout à fait nouveau et composé de sujets que nous ne connaissons pas du tout. Vous n'avez pas d'idée du désespoir de tous ces gens, de devoir rentrer en France; ils voudraient toujours rester à Rastadt ou trouver à se placer en Allemagne ; ils trouvent qu'on y est si libre et qu’on y fait tout ce que l'on veut, surtout que tout le monde y est si poli ; quelle régénération que celle-là!
La perruque blonde est toujours à la mode; vous n'avez pas d'idée de la quantité qu'on en vend à Rastadt. Les cheveux sont tellement rares en France, qu'on commence déjà à les faire venir de la Russie et de la Suède. Madame de Palffy aurait une rente viagère avec sa tête si elle avait envie de se faire toujours raser et si la rage des cheveux blonds se soutient. Les Français continuent à exercer les plus affreuses persécu-
tions sur les émigrés belges ; l'ambassadeur de votre ami Vanderlist et de tant d'autres Brabançons est en prison à Bruxelles; il en sera au désespoir, et avec raison. L'événement est d’autant plus fâcheux que tous les papiers qu'il avait avec lui ont été saisis et envoyés à Paris. Il paraît décidé que Bonaparte ne reviendra pas à Rastadt, malgré tout ce qu'en disent ses gens. 24 mars.
32. Nos affaires vont ici le train qu'elles devaient prendre, vu la faiblesse et l'inaction des princes. et États de l'Empire ; les Français dictent la loi, et cela avec une arrogance et une certitude de réussite incroyables pour tous ceux qui ne connaissent pas les fauteurs et auteurs secrets de tous nos maux. Jls se prononcent très-fortement pour la sécularisation ; la Cour de Vienne, qui en connaît tous les inconvénients, est d'un avis très-opposé, et je me confirme journellement plus dans mon opinion que l’on finira par adopter la voie du milieu, qui sera la plus heureuse pour les individus. L'arrivée du prochain courrier de Vienne décidera en partie cette question et avancera de beaucoup la négociation, qui languit depuis quelque temps.
La non-arrivée de Bonaparte est maintenant certaine : tous ses gens sont allés le rejoindre à Paris, et Perret et Lavalette partiront encore aujourd'hui. Ils croient que l'expédition contre l'Angleterre est très-prochaine, et qu'ils se trouveront incessamment embarqués dans cette galère, la plus triste et la plus dangereuse entreprise de toutes ; aussi sont-ils tous au désespoir ; et Pitt serait bien tranquille sur les suites, sil pouvait ne calculer le danger que sur le zèle des troupes destinées à agir contre l'Angleterre; tous font plus ou moins leur testament. 27 mars.
33. Que je bénirai le ciel quand, une fois réuni avec vous, Je ne vous quitterai plus! Je vous vouerai tous mes soins, tous mes loisirs, à vous et à mes bons petits enfants. Ce moment ne sera pas bien éloigné, j'espère; je reviens toujours à mon ancienne idée du mois de mai : le retour au mois d'avril est
impossible ; il faudrait que le congrès se séparât, ce qui n'est pas à prévoir; mais comptez sur moi; au mois de mai, je serai avec vous, que les affaires aillent comme elles veulent; d’ailleurs, la conclusion sera faite à cette époque ou sera si près de son dénoûment, que ma présence ici ne sera plus de la moindre utilité, et je suppose que vous ne doutez pas qu'une fois sans besogne urgente, je n'en connafîtrai point d'autre que celle de venir vous rejoindre.
Je dinerai mardi chez Treilhard, et, puisque vous aimez les chiffons, je vous envoie son billet d'invitation. Il m'y donne un titre que je n'ai point : les comtes de Franconie ne me regardent encore en rien: je n'en ai point entendu parler depuis Vienne. 31 mars.
34. Nos affaires ici vont leur petit train; je voudrais qu'elles n'en allassent plus aucun, et que nous soyons tous chez nous. Je ne vous exprimerai pas le plaisir que j'aurai de me trouver de retour à Vienne, dans la plus belle saison, dans notre petit jardin que j'aime à la folie, avec vous et tout ce que j'aime; vous serez bien allante, nous ne nous quitterons pas, nous ferons des parties qui vous amuseront, et passerons quelques mois à la campagne, tout à fait seuls, entre nous.
La semaine sainte nous occupe ici comme elle peut le faire à Vienne. J'irai faire mes pâques après-demain ; je prierai bien pour ma bonne petite femme et mes enfants ; faites-en autant pour moi. Il y a encore spectacle demain; mais les légations catholiques et protestantes de tous les pays se sont donné le mot de n’y pas aller pendant la semaine sainte, et il n’y avait par conséquent que les Français et quelques étrangers à la représentation d'hier. Les premiers voulaient que l'on ne cessât pas du tout, mais tout le monde s’y est opposé. On ne peut pas ascez précher d'exemple dans un moment où le monde entier n’en fournit pour ainsi dire que de mauvais et de destructeurs de tout ordre social et de tout bonheur individuel. 2 avril.