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tion des masses, cette agitation provoquée par une légèreté injustifiable? N'y aura-t-il pas une nouvelle révolution dans le pays, et celte révolution n'entraînera-t-elle pas les bandes révolutionnaires, mises en état de combattre par suite des mesures d'armement, à se jeter sur les pays voisins? Ce sont là des questions qui doivent être résolues d'une manière satisfaisante avant que la Confédération germanique, c'est-à-dire l'Etat le plus puissant et le plus directement menacé de ceux qui touchent à la France , puisse se livrer à un repos complet sans manquer à ses devoirs.
Ici se présente la question suivante : Comment et par quels moyens la Confédération germanique doit-elle garantir sa sécurité, qui est incontestablement menacée?
Il est certainement conforme aux vues et aux désirs de tous les Etats allemands que les mesures prises gardent toujours le caractère qui convient à la nature de la Confédération germanique , c'est-à-dire un caractère purement pacifique et purement défensif, et que les précautions employées soient telles qu'on ne puisse jamais y trouver un prétexte à ce qu'on veut éviter aussi longtemps que possible, c'est-à-dire à la guerre.
L'examen attentif des circonstances et l'application énergique des moyens existants sont donc, à notre avis, des éléments également nécessaires de la marche à suivre par la Confédération.
Deux raisons l'ont déterminée jusqu'à ce jour à assister sans s'émouvoir, et sans prendre des mesures défensives, au spectacle des armements français : l'une, c'était le fait que la Confédération germanique était complètement étrangère au différend qui a surgi dans le Levant, et que par suite elle était bien fondée à supposer que personne n'aurait l'idée de la rendre responsable du conflit; l'autre, c'est parce que l'Allemagne, faisant fort bien la différence entre les cris de guerre des journaux et un véritable déploiement de forces militaires, était suffisamment en état de suivre pas à pas les opérations françaises et de surveiller le moment où ces mesures dépasseraient les limites strictement requises pour remettre au complet
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un effectif qui était tombé bien bas par suite de fautes administratives de tout {jenre.
La marcbe et le résultat de la discussion de l'Adresse par les Chambres montreront jusqu'à quel point le ministère sera en mesure d'abandonner la voie qu'il a suivie jusqu'à présent, ou si on le force de continuer à la suivre.
L'époque des résolutions à prendre par le ministère à la suite de ces débats est, à nos yeux, celle où la Confédération germanique aura à se prononcer sur un changement d'attitude possible.
Par contre, nous regarderions comme intempestive toute démonstration publique faite contre la France avant le moment dont nous parlons, parce que, dans la situation présente, elle serait nécessairement considérée comme prématurée ou comme tardive, et parce qu'étant donné la faiblesse du Gouvernement, elle pourrait facilement créer au ministère français des embarras nouveaux dont les suites seraient incalculables, et cela au moment même où ce Cabinet est notoirement occupé à donner aux choses une tournure plus favorable.
Le peu de temps qui s'écoulera jusqu'au moment qui vient d'être indiqué ne doit pas, d'après l'avis des Cours de Vienne et de Berlin, être perdu pour le maintien de la sécurité de la Confédération.
La force militaire de la Confédération germanique est assurément la plus grande et la plus réelle des puissances. La constitution militaire de la Confédération en règle la composition et l'organisation. Par contre, il faut encore prendre des mesures déterminées, afin que cette force puisse être employée activement, qu'elle devienne mobile et qu'elle soit mise sur pied pour un but donné, bien qu'éventuel. On a déjà beaucoup fait sous ce rapport; mais ce qui manque encore à l'œuvre, c'est la dernière main, c'est un travail qui embrasse tous les éléments et qui les relie les uns aux autres ; or cette lacune, il faut la combler au plus tôt dans la situation menaçante d'aujourd'hui.
Pour la discussion préalable des questions à examiner de ce chef, Sa Majesté le Roi de Prusse a, sur le vœu du Cabinet
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impérial et royal, envoyé à Vienne M. le général d'infanterie de Grolmann et avec lui M. le colonel de Radowitz ; en ce moment, des conférences ont lieu entre eux et nos autorités militaires supérieures, particulièrement au sujet des movens de venir en aide à la Confédération de la manière la plus prompte et la plus efficace possible dans le cas où elle aurait besoin du secours de l'Antricbe et de la Prusse, et le résultat de ces conférences ne se fera pas attendre longtemps.
Dès que ce premier pas sera fait, les deux Cours s'empresseront de communiquer à leurs confédérés leurs idées sur le plan à adopter pour la défense la plus vigoureuse possible de toutes les parties du territoire de la Confédération germanique dans le cas où celle-ci serait attaquée parla France, afin qu'on puisse prendre toutes les mesures ultérieures que demanderait la situation, en suivant les voies indiquées par les lois qui régissent la Confédération.
Pendant que, d'une part, on fera ainsi tout ce qui est nécessaire pour mettre, comme il convient, la puissance militaire de l'Allemagne en évidence, et cela sans demander l'avis des autres Cours et avec la ferme résolution de repousser toute objection qui pourrait venir du deliors, les deux Cours allemandes de Vienne et de Berlin, agissant en qualité de protectrices de l'Allemagne , croient devoir faire encore une démarche officieuse à Paris, et rendre le Gouvernement français attentif à la situation équivoque et dangereuse dans laquelle la France s'est mise vis-à-vis de la Confédération germanique, par suite du système d'agitation adopté j)ar les anciens ministres, ainsi qu'au devoir qui s'impose à lui de couper court a ces errements, s'il veut éviter que l'Allemagne mette ses moyens de défense matérielle en équilil)re avec les armements de la France, et que, par ce seul fait, une nouvelle complication vienne s'ajouter à celles qui existent déjà.
Votre . trouvera ci-joint une copie des instructions adressées à cet effet par notre Cabinet au comte Apponyi (n" 1404). L'envoyé de Prusse à Paris reçoit de sa Cour des instructions conçues dans le même sens.
Si, contre toute attente, cet avertissement restait infructueux ;
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si, à la suite des discussions de la Chambre des députés française, les ministres étaient mis dans Tobligation de persévérer dans la voie suivie par ceux qui les ont précédés ou même d'aller plus loin qu'eux; si, par conséquent, les chances d'invasion que j'ai signalées au cours de cette dépêche devaient se multiplier, alors serait venu le moment où la Confédération nermaniaite, agissant comme telle, aurait à élever énergiquement la voix à Paris, à demander des explications catégoriques sur le but des armements qui se font actuellement en France, et à se mettre en même temps en mesure d'appuyer immédiatement ses paroles par des actes, si les circonstances l'exigeaient.
L'Autriche et la Prusse s'engagent soleimellement à transmettre en temps utile, à leurs honorables confédérés allemands, toutes les informations et toutes les demandes relatives au but à atteindre, et elles regarderont comme une précieuse marque de confiance de la part des Cours allemandes auxquelles est adressée la présente communication, leur empressement à donner d'avance à leurs représentants à la Diète l'ordre d'accéder sans plus amples instructions à la proposition, qui pourrait éventuellement émaner de l'Autriche et de laPrusse, déposer, au nom de la Confédération germanicjue, une question au Gouvernement français au sujet des armements qui se font en France.
Votre voudra bien communiquer contiden-
ticllement à la Cour de la présente dépêche, ainsi
que l'annexe qui l'accompagne. Nous croyons et nous espérons que, dévouée comme elle l'est à la cause de la patrie allemande, elle saura rendre justice aux sentiments qui ont inspiré la présente communication, et qu'elle ne cessera pas d'être convaincue que Sa Majesté l'Empereur n'a pas moins à cœur de veiller à Venlière sécurité de toute l'Allemagne qu'à celle des provinces de la Monarchie autrichienne elle-même.
Metternich à Apponyi, à Paris (D.). Vienne, le 24 noveinlire 1840.
1404. Je vous adresse le présent courrier, afin de vous charger d'une commission pour le Cabinet français, dont celui-ci ne méconnaîtra ni l'intention ni limportance.
La voix publique vous aura iafoi'nié de la présence à Vienne de M. le général de Grolmann et de M. le colonel de Radowltz, deux militaires qui, à juste titre, jouissent de toute la confiance de Sa Majesté Prussienne. Le premier est placé dans les grades les plus élevés de Tarmée ; le second représente la Prusse dans la commission militaire permanente près de la Diète germanique à Francfort.
Le but de la mission de ces officiers à Vienne est de Faciiiler aux deux Cours l'échange de leurs pensées relativement aux mesures de précaution qui, sous l'empire de circonstances données, pourraient être réclamées par l intérêt de la commune patrie allemande, représentée par une Confédération dont TAutriche et la Prusse sont les premiers membres.
La Confédération germanique est un grand corps social pacifique et conservateur de sa nature, et cela en raison de sa position géographique, et par suite des lois politiques qui le régissent. Le mouvement extraordinaire qui s'est fait jour dans le Royaume limitrophe fixe à juste titre les regards du corps germanique. Entièrement étrangers aux graves questions qui occupent en ce moment le champ politique, les Gouvernements allemands s'étonnent de la direction que, d.ins ces derniers temps, ont semblé prendre les armements de la France; le public allemand, par contre, est remué par la perspective d'une guerre préconisée par la presse française ; il se sent blessé par le langage de cette même presse, et s'irrite du travail que la propagande radicale française se permet dans les Etats allemands les plus rapprochés du foyer du mouvement révolutionnaire. Tout en ceci est naturel ; ce qui pourrait le paraître moins, c'est le calme dans lequel les Gouvernements confédérés se sont maintenus jusqu'à cette heure. Ce calme a une cause : il faut l'attribuer, — c'est avec satisfaction que nous le reconnaissons, — d'une part, au sentiment de confiance que les Gouvernements de l'Allemagne vouent aux intentions des grandes Cours, et de l'autre, à la conviction dont ces Gouvernements sont pénétrés, qu'à moins de pouvoir s'appuyer sur des causes justifiables devant le tribunal d'une saine politique, les Empires ne sauraient passer de l'état de paix à celui de guerre.
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Ce que je viens de vous dire, Monsieur Tambassadeui , ne saurait être ignoré du Cabinet français, car nous n'admettons pas qu'il puisse être privé d'informations véridiques sur l'Allemagne. Si elles sont effectivement véridiques, elles doivent dès lors différer essentiellement des erreurs que les feuilles de l'opposition prennent à tache de répandre avec un zèle qui s'échauffe à mesure que les factions voient s'affaiblir l'espoir qu'elles avaient fondé sur la facilité de leurs entreprises. J'ai déjà touché avec vous cette corde dans mes dernières dépêches ; je vous ai dit que le sentiment national en Allemagne est monté comme il l'était en 1813 et 1814, et en cela je n'ai fait qu'avancer une vérité. A cette vérité je dois en ajouter une autre, c'est que l'élément révolutionnaire, qui a pu jouer un rôle à cette époque, non-seulement n'entre pour rien aujourd'hui dans les sentiments populaires, mais que l'opinion publique repousse avec indignation cet élément. Telle est la vérité, Monsieur l'ambassadeur, et le Gouvernement français courrait risque de se faire bien du mal à lui-même et au pays, s'il devait se livrer à l'erreur à cet égard.
Dans cette situation des choses, nous croirions commettre une grave faute si nous ne nous expliquions pas avec une entière franchise vis-à-vis du Cabinet français. 11 s'agit aujourd'hui d'assurer l'avenir le plus rapproché, vu qu'il exercera une influence décisive sur tout le coi'ps social dans un avenir plus éloigné. L'Europe est non-seulement fatiguée du mouvement révolutionnaire, mais elle a appris à connaître et à apprécier le bienfait d'une longue paix politique. L'Allemagne, sur laquelle a pesé si longtemps le fléau de la guerre, — fléau dont les causes étaient le plus souvent étrangères à ses intérêts directs, — rAllemagne bien particulièrement ne veut pas de la guerre, car elle ne demande rien à personne ; elle entend vivre en repos et jouir du développement considérable qu'ont pris dans son sein les bienfaits d'un long état de repos. L'Allemagne n'entend empiéter sur aucune autre puissance, et c'est pour cela qu'elle est parfaitement décidée à se défendre contre toute attaque qui, ne pouvant qu'être injuste, porterait par cela même le caractère d'un méfait politique Si tel est le
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sentiment unanime de la Confédération, sentiment uniformément partagé par les gouvernants comme par les gouvernés, Votre Excellence trouvera naturel que les Gouvernements allemands aient éprouvé un mouvement de surprise eu voyant la France prendre une attitude qui portait un caractère marqué d'hostilité contre rAllemagne, et elle trouvera tout aussi naturel que ces Oouvernements aient senti le devoir que leur imposaient les plus simples règles de la prudence — celui de veiller à temps à la sûreté de leurs Etats.
Nous sommes arrivés à une époque, Monsieur l'ambassadeur, où les Cours allemandes ne peuvent |)lus se contenter des seuls calculs de probabilité morale ; elles doivent fonder les leurs sur des foits positifs, et c'est pourquoi je vous écris.
Jusqu'ici, le corps fédéral a gardé l'attitude passive d'un simple spectateur. Il manquerait toutefois à ce qu'il doit au grand peuple qu'il i^eprésente, il manfjuerait à sa propre dignité, s'il persistait plus longtemps dans l'attitude qu'il s'est prescrite jusqu'ici, pour le cas où la France continuerait ses armements et même si cette puissance ne replaçait pas son état militaire sur un pied de paix véritable, car, dans ce cas, il serait du devoir des Etats fédérés d'armer de leur côté. Gomment maintenir alors la paix de l'Europe, lorsque le poids des charges qui, de part et d'autre, frapperont les contribuables par suite de ces armements, s'aggravera encore par la stagnation de 1 industrie et du commerce? Et comment arrêter la guerre, en présence de l'effroyable excitation que la presse française s'empressera de jeter dans les esprits? Si jusqu'à cette heure la Confédération germanique u'a point encore fait vis-à-vis du Cabinet français une démarche tendant à éclaircir les attitudes réciproques, c'est aux conseils des deux premières Cours allemandes que le fait est dû; mais il leur paraît essentiel de ne point cacher au Gouvernement français • pie si, dans un très-bref délai, les choses devaient ne point changer de manière à offrir des gages indispensables de sécurité morale et matérielle, ces deux Cours ne croiraient plus alors pouvoir arrêter les mesures (jue la Confédération jugerait devoir prendre pour sa sûreté.
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Veuillez, Monsieur le Comte, porter la présente dépêche à la connaissance de M. le ministre des affaires étrangères.
Metteini';li à Miincli, à Fianclort (D,). Vienne, le 28 novembre 18V0.
1405. La mission du général de Grolmann a abouti à un résultat aussi prompt que satisfaisant.
Votre Excellence pourra s'en assurer par la lecture de la copie ci-annexée de la convention qui a été signée aujourd'hui enlre ce général et M. le ministre d'Etat comte de Eicquelmont, copie que j'ai l'honneur d'envoyer à Votre Excellence, et qui est destinée à vous seul *.
Cette convention détermine sous une forme générale la manière dont l'armée de la Confédération, appuyée par les autres forces de l'Autriche et de la Prusse, devra être, le cas échéant, employée contre la France, Elle assigne à chacun sa place dans le cas où cette grave éventualité se produirait; elle lui désigne le cercle dans lequel son action devra s'exercer, et elle prévient pour le premier moment la fluctuation des opérations, qui est une chose si fâcheuse.
Pour faire ce travail, on a gardé comme hase la convention militaire de Beilin de l'année 1832, en ce qui touche à la grande division de toutes les forces militaires de la Confédération en trois armées principales, aux différents degrés de la mise sur le pied de {juerre et aux principaux centres de formation. jNIais comme depuis 1832 l'esprit des pays rhénans a tant changé et s'est tant amélioré que nous pouvons faire marcher notre armée vers le Rhin avec bien plus de confiance qu'alors; comme, d'autre part, ce changement nous impose le devoir de répondre de notre mieux à d'aussi bons sentiments, nous nous sommes, d'après la présente convention, engagés vis-à-vis
* Cette convenlion, dont les principaux points sont indifjuts dans la dépêche ci-dessus, règle en détail le cliilfre des troupes à mobiliser, leur répartition, les époques où elles devront marcher en avant, avec les principales directions qu'elles devront suivre et leur mise en ligne, ainsi <|ue la question du commandement; elle prend en considération l'attitude des pays limitro|)hes et CNpose les mesures à prendre pour les diverses vicissitudes de la guerre, etc.
{Note (le V Éditeur.)
503 liECLElL DE DOCUMENTS (1835-1848).
delà Prusse à faire avancer plus vite les troupes autrichiennes et à les porter à de plus grandes distances que ne le stipulait la convention de Berlin. Il résulte de ces modifications, au point de vue de Tavantage général aussi bien qu'à celui de l'avantage particulier de chaque Etat confédéré, une amélioration dans la situation dont certainement tous nous sauront gré.
Ce qui a pesé d'un grand poids dans cette négociation, c'est l'idée, exprimée au nom du Roi de Prusse, de vouloir considérer toute attaque de la Fiance contre les possessions autrichiennes en Italie comme dirigée contre lui-même, et l'obligation acceptée d'après cela par ce Prince de proposer en temps et lieu à la Confédération la solidarité la plus complète à cet égard. C'est de la part de la Prusse une concession tellement importante dans l'intérêt de 1 État autrichien, concession que naguère rien encore ne pouvait faire prévoir, qu'à elle seule elle nous fait envisager comme un événement capital le résultat obtenu par le vovage du général de Grolmann.
La convention, rédigée dans ces termes, sera portée par ce général à Berlin, pour y être soumise à la sanction du Roi.
Dès qu'elle aura été approuvée par ce Souverain, les deux Cours s'entendront au sujet des communications à faire à leurs confédérés par suite de cette convention, ainsi qu'au sujet de la manière d exécuter ce qui a été arrêté entre elles.
En attendant, ainsi que Votre Excellence pourra s'en assurer en prenant connaissance de rannexe, il a été décidé par la Cour de Prusse aussi bien que par la Cour d'Autriche qu'on enverrait aux États formant le septième et le sixième corps d armée de la Confédération des missions particulières pour les instruire d'une manière générale de ce qui a été résolu en commun, et s'assurer que, de leur coté, tout sera prêt en temps utile, et que toutes les mesures prises sont conformes à ce qui a été convenu ici.
Du côté de la Prusse, le colonel de Radowitz a été désigné à cet effet ; il est parti d'ici avant-hier pour commencer son voyage circulaire.
Il sera suivi sous peu de jours par le général de Hess, délégué par l'Autriche; le général s'arrêtera successivement
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à Munich, à Stutfgard, à Carisrulie et à Darmstadt, et, en revenant à Vienne par Francfort, aura l'honneur de vous voir dans cette ville, et de vous informer de vive voix du résultat de sa mission.
Metternich au baron d'Erberg, chargé d'alTaires à Berlin (E. D.). Vienne, le 19 décembre 1840.
1406. Nous sommes depuis quelques jours en possession des rapports par lesquels M. le comte Apponyi nous a rendu compte de la manière dont il s'est acquitté auprès du ministère français de nos ordres du 24 novembre (n" 1404), relatifs aux armements de la France.
La teneur des réponses de Paris est, à vrai dire, absolument conforme à ce que j'en attendais. Il était impossible, selon moi, vu la situation des esprits en France, et surtout d'après la tournure qu'avaient prise les débats sur l'Adresse, que M. Guizot contractât dès à présent un engag^ement positif de désarmer à une époque donnée, plus ou moins rapprochée ; et il élait à prévoir, d'un autre côté, qu'animé de dispositions sages et conciliantes, il nous donnerait des explications propres à nous rassurer sur toute intention hostile du Gouvernement actuel en France contre l'Allemagne, et à nous faire entrevoir le terme, assez rapproché en apparence, auquel la France serait prête à faire rentrer soti état niililaire dans des bornes mieux adaptées à la véritable situation politique de l'Europe.
Si donc dans les paroles de M. Guizot rien n'a pu nous surprendre, il n'en a pas été de même de la candeur, je dirai presque de la naïveté des aveux du Roi. Ils portent, à ce qu'il me semble, le cachet d'une entière vérité, et ils sont de nature à jeter bien du jour sur ce qui, sans ces données, serait incompréhensible. Il en résulte que, dans l'esprit de Louis-Philippe, il en est des armements comme des fortifications de Paris, et que ce que M. Thiers a imaginé pour narguer et pour attaquer l'étranger, le Roi désire le mettre à profit pour renforcer son autorité à l'intérieur. Certes, aucune des puissances, voulant le maintien de la paix et de l'ordre en Europe, ne trouvera
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mauvais l'usage auquel le Koi des Français destine l'augmenta lion de forces que les circonstances ont mise entre ses mains; mais comme rien ne nous garantit que ce seront toujours exclusivement celles du Roi qui auront à manier cet instrument à la fois utile et dangereux, nous n'en restons pas moins assujettis au devoir de veiller à ce que la direction donnée aux forces militaires françaises ne puisse pas, du jour au lendemain, être changée à notre détriment.
Nous attendons, avant de prendre un parti sur la suite à donner aux réponses de Paris, de connaître l'impression qu'elles auront produite à Berlin ; et nous prions en conséquence le ministre prussien de s'en expliquer envers nous au plus tôt.
Voici, en termes généraux, les idées auxquelles nous nous sommes provisoirement arrêtés.
Les Cours allemandes auxquelles nous avons fait part de la démarche faite par nous à Paris s'attendent à être instruites du résultat. Il nous semhle donc qu'il est indispensable, avant tout, de leur faire connaître loyalement la teneur de la réponse que le ministre français a faite à nos deux représentants. On joindrait à cette communication cette remarque, que si d'un côté les assurances paciliques et tranquillisantes de M. Guizot nous permettent d'espérer que la nécessité puisse encore être épargnée à la Confédération de prendre vis-à-vis de la France une attitude prononcée de méfiance ou d'hostilité, la prudence, d'un autre côté, exige que l'on ne s'abandonne point en Allemagne, en face des armemenis que la France veut maintenir, à une sécurité trop entièie, et qu'en appliquant ce double principe à la position pratique des choses, nous sommes d'avis que la Confédération ait encore ^ 'abstenir pour le moment de l'interpellation formelle qu'elle pourrait adresser à la Fiance sur ses armements, mais qu'en même temps les Etats allemands doivent continuer à se placer sur un pied de paix respectable el complet, dans le sens des exhortations que MM. de Hess et de Radowilz sont allés porter à quelques-unes des Cours allemandes, et qui devraient maintenant être adressées, de par la Diète, à tous les Etats, sans exception, formant la Confédération germnin'que.
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Dés que nous connaîtrons l'opinion de la Cour de Prusse à ce sujet, nous nous livrerons à la rédaction des expéditions qui, en conséquence, doivent être adressées de notre part à celles des Cours qui ont reçu nos communications du 24 novembre.