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des causes que vous trouverez développées ci-après, ne voulaient se battre qu'avec la plume et dans les conférences, et préféraient en secret les plus détestables arrangements à une nouvelle explosion qu'elles craignaient par-dessus tout.
L'Autriche se trouvait, entre ces quatre puissances, dans la position la plus embarrassante. Elle ne pouvait plus regarder 1 Empereur Alexandre, malgré toutes ses protestations d'amitié personnelle pour l'Empereur, que comme un ennemi déclaré, et la Prusse, emportée d'ailleurs par sa propre rapacité et sa propre ambition, comme l'alliée inséparable de cet ennemi. Elle redoutait un trop grand rapprochement avec la France, non par aucune raison de méfiance ou de répugnance directe, car elle était intimement convaincue de ses dispositions loyales et bienveillantes, mais par ce qu'on appelle respect humain, c'est-à-dire par la crainte de se perdre dans l'opinion publique, en se liguant ouvertement avec une puissance qui avait été naguère l'ennemi commun de l'Europe, et qui conservait encore sa mauvaise réputation dans l'esprit de la multitude, entraînée par les déclamations hypocrites du parti russe et prussien. Une autre considération arrêtait aussi l'Autriche. Parfaitement d'accord avec la France dans ses vues sur les affaires de Polojjne et d'Allemagne, elle ne l'était pas de même dans celles d'Italie. La France avait un intérêt naturel à reprendre son ancienne influence en Italie, par le rétablissement des brandies dépossédées delà Maison de Bourbon ri Parme, et principalement à Naples, tandis que l'Autriche devait consolider d'abord sa propre puissance, puis conserver Parme, qu'une convention récente et formelle avait assurée à l'Impératrice Marie-Louise, enfin soutenir le Roi de Naples, dont elle avait embrassé la cause par les molifa les plus sages et les plus puissants. Le Cal)inet de Vienne avait donc à craindre qu'en se livrant avec trop de chaleur à la France, dont l'appui lui était essentiellement utile pour ses démêlés avec la Prusse et la Russie, elle ne s'exposât de l'autre côté à sacrifier à cette puissance une partie de ses grands intérêts en Italie. Voilà pourquoi, pendant les trois premiers mois du Congrès, l'Autriche est toujours restée dans une espèce dé-
loignement de la France ; et ce n'est que depuis le commencement de cette année qu'une véritable intimité s'est établie enfin entre les ministres de ces deux puissances. Il ne restait donc pour tout appui à TAutricbe que l'An^jleterre ; mais rAnjj,leterre voulait la paix, la paix avant tout, la paix — je suis fâché de le dire — à tout prix et presque à toute condition. Aussi i'Autiùche était absolument dans le cas de tenir tête toute seule à la Russie et à la Prusse réunies; elle n'avait qu'un seul allié, qui marchait avec elle au premier signal : c'était la Bavière; si la guerre éclatait, elle pouvait compter sur des secours de la France ; mais ces secours eussent été tardifs et restreints, et révoltaient de plus contre elle l'opinion de tout le reste de l'Allemagne; quant îi l'Angleterre, décidée à ne rompre avec personne, elle n'aurait pas même donné des subsides à l'Autriche. En réfléchissant sur cet ensemble, vous comprendrez toute la marche des négociations, dont, après ce tableau préparatoire, je vais vous présenter un précis trèsrapide, mais très-exact.