‹ Mémoires, documents et écrits divers laissés par le prince de Metternich. Publiés par son fils le prince Richard de Metternich, classés et réunis (volume 3)Chapitre 35 sur 121 · INTENTIONS 15ELLIQUEI SES DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

INTENTIONS 15ELLIQUEI SES DE NAPOLÉON

l'intérieur de la Monarchie. La France elle-même en accrédite le bruit ; elle nous force à des mesures de précaution qu'elle tolère parce qu'elle ne les craint pas, mais desquelles elle nous fera un grief le jour même où elle aura besoin d'un prétexte. Nous ne voulons rien de personne, nous ne voulons que la paix, mais nous ne la conserverons que réunis à vous; vous ne devez votre existence qu'à notre conservation. Ne vouloir que la paix n'est plus un moyen de sauver son existence. — voyez l'Espagne. Le jour qui vit descendre de ce trône la dynastie régnante est un appel à tous les Souverains; nous ne souffrirons jamais qu on vous propose de descendre du vôtre : que direz-vous le jour où on fera cette proposition à l'Empereur François? — Il n'est pas dans l'essence des choses que deux puissances s'entendent dans un moment de crise, et si elles s'entendent même alors, elles n exécutent que mal ce qu'elles ont conçu. Nous vous demandons donc une déclaration positive sur la conduite que vous tiendrez dans le moment où Napoléon, de retour d'Espagne, ou regardant cette conquête comme assurée, tournera ses regards vers l'Orient. Us n'y rencontreront que rVutriche, la Turquie, et en dernier résultat la Russie ! — Etes-vous d'accord avec lui sur le partage de la Turquie? Nous nous mettrons de la partie; mais ne pourrait-il pas nous amuser tous deux avec des projets qui ne tendraient qu'à éloigner du centre de nos Empires des forces nécessaires à notre propre défense? Veut-il nous attaquer, quel rôle jouerez-vous ? — Voulez-vous empêcher la guerre ? Prononcez-vous contre elle avec énergie à Paris même, et il y a à parier que Napoléon ne nous la fera pas réunis. Craignez-vous cette démarche, à laquelle des propos répandus dans l'Europe entière vOus autorisent, dont ils vous imposent même le devoir ? — Convenez avec nous au moins de mesures militaires ; que dans le moment des premières hostilités nous puissions regarder votre armée en Pologne comme l'aile droite de la nôtre, vos armées en Moldavie et en Valachie connne des réserves. — Combinons un plan militaire sur ce principe, le seul qui rende les forces françaises disponibles contre nous infiniment plus faibles que les nôtres. Mettez-nous à même de

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baser un plan d'opération sur lui. Dites-nous, dans le cas contraire, que vous nous livrez à nos propres moyens, que vous laisserez insurg^er les Galiciens sans craindre pour vos provinces polonaises, et que vous vous croyez assez puissants pour vous soutenir, tandis que vous craijjnez de nous appuyer. Il nous faut une réj)onse prompte et précise sur tous ces points, et c'est elle que nous attendons pour régler notre conduite politique et militaire. »

Nous ne remplirons, en admettant la première supposition, que notre devoir, un devoir dicté à Sa Majesté Impériale par tout ce qu'Elle doit à Sa Maison et à Ses sujets; nous n'aurions rien perdu en admettant la seconde, et nous aurons, de manière ou d'autre, fait cesser un état d'incertitude sur. notre existence et les movens de la défendre contre toute attaque, plus pénible souvent qvie l'anéantissement lui-même. Aucun des raisonnements que je mets ci-dessus dans la bouche de notre négociateur en Russie n'y est d'ailleurs nouveau. Le comte de Tolstoy ne fait que prêcher dans ce sens, et il est impossible que l'évidence des faits ne finisse par triompher de l'apathique sécurité de ce gouvernement.

Je soumets ce rapport à Sa Majesté Impériale comme une preuve de rattachement et du désintéressement de la part d'un de Ses serviteurs qui ne variera jamais siu- le premier, et qui prouve le second en osant Lui transmettre ses vues sur des questions militaires tellement hors de sa portée, qu'il réclame toute 1 indulgence des hommes éclairés auxquels elles peuvent être communiquées.

SUR I,A XÉCtSSITÉ D INFLL ENCEU LA PRESSE

(Note 22, p. 222, t. I.) 110. Mctteniich à Sladion (E. D.), Paris, le 23 juin 1808.

HO. — J'ai une idée confuse d'avoir un jour attiré l'attention de Votre Excellence sur les rédacteurs des gazettes de Francfort et d'Augsbourg.

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